“Être capable de produire ce niveau, j’y ai toujours cru” : Félix Auger-Aliassime débarque à Rotterdam en confiance

9 févr. 2022 à 09:43:38 | par Mathieu Canac

Après son quart de finale épique perdu 6/7 3/6 7/6 7/5 6/4 face à Daniil Medvedev à Melbourne, Félix Auger-Aliassime reprend la compétition cette semaine à Rotterdam. Avec des certitudes renforcées quant à sa capacité à rivaliser avec les meilleurs de la planète.

 

À Rotterdam, Jeff Bezos voudrait, momentanément, démanteler un monument : le pont “De Hef”. Culminant à 46 mètres de hauteur, l’édifice a un inconvénient de taille, il est trop bas. Trop bas pour que les trois mâts du voilier-yacht éléphantesque de 127 mètres de long que le fondateur d’Amazon fait construire tout proche, à Alblasserdam, puissent passer dessous et rejoindre la mer. Dans la ville portuaire néerlandaise, Félix Auger-Aliassime a, lui, débarqué avec l’envie de continuer à bâtir cette semaine. Pour ériger, le plus haut possible, une carrière posée sur des bases de plus en plus solides. Vainqueur de l’ATP Cup avec le Canada début janvier, le Québécois a enchaîné avec un quart de finale à l’Open d’Australie.

À 21 ans et 5 mois, déjà demi-finaliste de l’US Open et quart-de-finaliste de Wimbledon l’an passé, il est devenu le plus jeune joueur à atteindre ce stade de la compétition trois fois de suite en Grand Chelem depuis Juan Martín del Potro en 2009. Surtout, bien que battu par Daniil Medvedev après avoir mené deux sets à zéro et s’être procuré une balle de match dans le quatrième round, sauvée d’un service gagnant par le Russe, le Canadien a produit un tennis agressif de très haute qualité. “Je n’avais plus aucune confiance après les deux premiers sets, a expliqué Medvedev après le marathon de 4h42. Il jouait à un niveau fou ! Je ne l’avais jamais vu aussi bien jouer, même si je n’ai évidemment pas vu chacun de ses matchs. C’était irréel.

“Félix jouait à un niveau fou ! C’était irréel.” - Daniil Medvedev

Pieds vissés sur sa ligne de fond, prise de balle précoce, précis, judicieux dans ses choix, tournant régulièrement autour de son revers pour dicter le jeu et n’hésitant pas à venir finir au filet, “FAA” a bastonné le numéro 2 mondial pendant une bonne partie du match. Parmi les regrets, peut-être, les erreurs commises à 7/6 6/3 4/4 et 0-30 sur le service de son adversaire. Conscient d’avoir manqué une occasion d’assomer la rencontre, il avait d’ailleurs laissé échapper de légers signes de frustration à ce moment-là. “Oui, je peux regretter certains certains choix, ou le fait que Daniil ait aussi bien joué à certains moments importants, mais j’aime voir les choses de façon positive, a-t-il confié devant les journalistes. Il a su être décisif sur des points-clefs, et ça fait mal de perdre, mais je dois l’accepter.” Tout en pouvant être fier de sa performance.

Être capable de produire ce niveau, j’y ai toujours cru, a-t-il ajouté. Mais encore fallait-il le prouver. C’est (le tennis de haut niveau) un monde de compétition. Donc, au final, c’est un bon message que j’envoie aux concurrents. Je suis prêt à rivaliser avec les meilleurs. Malheureusement, je n’ai pas gagné, mais j’ai montré de bonnes choses. Je quitte l’Australie la tête haute, en confiance pour le reste de la saison.” Au passage, lors de sa tournée aux antipodes, le jeune homme de 21 ans a empoché de nombreux points supplémentaires pour le projet #FAAPointsForChange. À chaque échange glané, il a donné 5 $ de plus, complétés de 15 $ venant de BNP Paribas, au programme EduChange mis en place par l’ONG CARE en faveur de l’éducation et de la protection des enfants de la Kara, région du Togo natal de son paternel.

“C'est un bon message que j'envoie aux concurrents” - Félix Auger-Aliassime

À Rotterdam, pour son premier tournoi depuis ses prouesses en Océanie, le natif de Montréal a hérité du dossard numéro 3. Derrière les deux têtes de série principales, Stéfanos Tsitsipás et Andrey Rublev, le tenant du titre. Avec un but toujours dans un coin de sa tête, soulever son premier trophée en simple sur le circuit principal. “Même s’il a gagné le match décisif en finale de l’ATP Cup, un titre qui compte bien (sourire), remporter son premier tournoi individuel est l’un des objectifs de la saison, a expliqué Frédéric Fontang, son entraîneur, à Tennis Actu. Et maintenant, avec son classement, quand Félix se présente sur un tournoi, c’est pour aller au bout.”

9e mondial, Félix Auger-Aliassime débute son aventure rotterdamoise face au qualifié Biélorusse Egor Gerasimov, 126e du classement ATP, ce mercredi. Si l’an passé, blessé en fin de premier set, il s’était incliné d’entrée face à Kei Nishikori, il avait atteint la finale de l’ATP 500 des Pays-Bas en 2020. Pour une défaite 6/2 6/4 face à Gaël Monfils. “J’ai un peu de regrets, avait-il alors confié, le lendemain, en conférence de presse à Marseille. Notamment sur le fait d’avoir hésité par rapport à ma manière de jouer alors que je faisais les bonnes choses en début de match. J’apprends là-dessus. Je dois continuer à m’améliorer sur pas mal d’aspects : en revers, la transition au filet…” Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et “FAA” s’est construit l’un des jeux les plus solides du monde, semblant capable de faire trembler les monuments actuels du tennis.

 

 

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