Un coup du sort, pour mettre fin à la « malédiction ».
Mystificateur des courts capable de rendre fou n’importe quel adversaire (et parfois lui-même également), Daniil Medvedev semblait être lui aussi victime de sorcellerie. Comme si une âme damnée des procès de Salem s’était penchée sur son berceau en proférant ces mots : « Jamais, ô grand jamais, deux tournois dans la même cité tu ne gagneras ».
Avant de débarquer à Dubaï cette semaine, Medvedev comptait 22 titres ATP en simple tous glanés dans des villes différentes. Un record. Avant lui, Michael Stich s’était arrêté à 18 trophées — le total de sa carrière, pour la petite histoire — en autant de lieux distincts (stat via @jeusetmaths).
Comme un signe : Dubaï, le seul trophée que Medvedev n'avait plus chez lui
« Je trouve ça un peu surprenant de n’avoir jamais gagné deux fois un même tournoi, parce que j’ai tendance à jouer les mêmes d’une année sur l’autre, a déclaré le vainqueur de l'US Open 2021, après son succès contre Félix Auger-Aliassime en demi-finale aux Émirats arabes unis. Je ne serais pas déçu si ma série prenait fin (sourire). Je ne ressentirais pas quelque chose de spécial. Ce serait juste un peu marrant de finalement réussir à gagner quelque part pour la deuxième fois. »
Samedi, son souhait a été exaucé. Grâce à un coup de pouce du destin : le trentenaire a remporté l’ATP 500 de Dubaï, où il avait déjà triomphé en 2023, suite au forfait de Tallon Griekspoor. Adversaire face auquel il s’était d'ailleurs incliné l’an passé dans la capitale émiratie, lors du seul duel de leur historique. Blessé à la cuisse gauche vendredi, le Néerlandais avait presque miraculeusement empoché la deuxième manche contre Andrey Rublev — victoire 7-5, 7-6⁶ — en lâchant son bras.
« C’est ce qui est fou : je n’avais jamais gagné deux fois dans une même ville, et la première fois que je le fais, c’est en raison d’un forfait, s’est exprimé le 11e joueur mondial lors de la remise des prix. Et c'était probablement le seul trophée que je n'avais plus chez moi, il s’est cassé. Qu’il soit de retour à la maison (en le gagnant à nouveau), c’est peut-être aussi un bon signe (sourire). » Et la fin du signe indien.