Le roi s’appelle Carlos Alcaraz

12 sept. 2022 à 16:32:03 | par eli weinstein

A 19 ans et 4 mois, Carlos Alcaraz, en remportant l’US Open, est devenu le plus jeune numéro 1 mondial de l’histoire du tennis. L’Espagnol a dominé le Norvégien Casper Ruud en quatre sets pour faire d’une pierre deux (énormes) coups !

Le tennis a un nouveau roi et il s’appelle Carlos. Pas Juan Carlos l’ancien roi d'Espagne (ni d'ailleurs Ferrero), mais bien Carlos Alcaraz. L’Espagnol a écrit une nouvelle page de l’histoire du tennis en dominant Casper Ruud en finale de l’US Open. Non seulement il a remporté son premier tournoi du Grand Chelem, mais en plus, il est devenu par la même occasion le nouveau numéro 1 mondial. Il est le 28e depuis le début de l'ère Open. Il est aussi le plus jeune de tous. Pourtant, parmi les 27 autres, il y en avait des précoces, comme McEnroe, Borg, Federer, Nadal, Hewitt, Djokovic, Agassi, Becker, Ferrero, Wilander, mais aucun d’eux n’avait 19 ans et 4 mois lorsqu'ils sont devenus n°1.

Je me souviens encore de l’après-enchaînement BNP Paribas Open à Indian Wells/Miami où « Carlitos » avait fait demi-finale « a la muerte » (défaite face à son dieu Rafa), puis victoire à Miami (contre Ruud). Je m’étais emballé une fois de plus. Et une fois de plus, on m’avait dit qu’il fallait se calmer, qu’il n’avait encore rien fait. Donc là, cette fois, j’estime que c’est bon, on peut considérer qu’il a « fait » quelque chose. Et surtout, ça me conforte dans l’idée de m’emballer.

Alcaraz est entré en mode auto-motivation absolue.

Mais revenons à Carlos. Pour ceux qui ont eu le courage de rester éveillés pour regarder le match, déjà bravo, mais surtout, vous avez bien vu qu’au 2e set et dans une bonne moitié du 3e, Alcaraz était cuit ! Pas étonnant, vu que les trois matches précédents qu’il avait disputés face à Cilic, Sinner et Tiafoe s'étaient tous joués en 5 sets pour un total de 13h28 passées sur le court durant ces trois tours. Paradoxalement, c’est cette partie du match qui me semble avoir été la plus intéressante, car clairement, il n’avait plus les jambes pour concurrencer Ruud. Et pourtant, c’est bien à ce moment-là qu'il a montré tout ce dont il est capable mentalement. Je vous rappelle qu’il a eu 19 ans le 5 mai dernier.

Durant cette période où il était (très) malmené par Ruud, on a vu Juan Carlos Ferrero faire ce geste du doigt qui pointe vers le cerveau comme pour dire : « C’est dans la tête ». Pour l’anecdote, celui qui est aussi devenu numéro 1 mondial au lendemain de l’US Open (en 2003, mais lui avait perdu en finale face à Roddick) faisait ce geste discrètement, en mode « je ne dois pas me faire choper par l’arbitre ». Relax Juan Carlos, tu as désormais, je te le rappelle, le droit de communiquer avec ton joueur. Pas la peine de se la jouer discret pour faire un signe qui, au passage, a été vu par tout le monde. En revanche, le message est parfaitement passé. Alcaraz est entré en mode auto-motivation absolue. Il serrait le poing de manière presque convulsive, s’encourageait, s’invectivait. Malgré la grosse fatigue qu’il ressentait, il est parvenu à passer outre, en s’accrochant comme une moule au rocher pour finalement dégoûter Rudd et remporter le tie-break du 3e de manière étonnamment facile.

Il pourrait terminer sa carrière avec 26 ou 27 tournois du Grand Chelem.

Ce qui est effrayant, c'est que notre nouveau numéro 1 mondial est perfectible. Il peut encore beaucoup progresser, c’est qui est tout sauf une bonne nouvelle pour ses adversaires. Quand on voit ce qu’il est déjà capable de faire sur un court de tennis, on est en droit de se demander ce que ça pourrait être s’il continue cette ligne de progression. 

Allez, juste pour s’amuser - et parce que, vous l’avez bien compris, j’aime m’emballer -, imaginons que Carlos Alcaraz joue de manière ultra compétitive jusqu’à l’âge de 36 ans. Ça voudrait dire qu’il lui reste 17 ans de carrière. Maintenant, imaginons que sur ces 17 prochaines années, il remporte en moyenne un Grand Chelem et demi par an. Cela voudrait dire qu’il pourrait terminer sa carrière avec 26 ou 27 tournois du Grand Chelem en poche (en comptant sa victoire d’hier).

A mon avis, on ne serait pas bien loin du record. Et si le débat du GOAT venait d’être résolu une bonne fois pour toutes ? Je vous l’accorde, là, je m’emballe vraiment. En attendant, le tennis a son nouveau roi et il s’appelle Carlos Alcaraz !

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