L’édition 2022 de Roland-Garros s’est terminée sur une 14e victoire de Rafael Nadal. Mais le titre de l’Espagnol n’est pas tout ce que l’on va retenir de ce tournoi, loin de là. Voici les 5 points sur lesquels j’ai souhaité m’attarder, car ils m’ont le plus marqué durant cette quinzaine, une nouvelle fois pleine de magie.

Rafael Nadal
Comment ne peut-on pas être juste admiratif de ce qu’a réussi, une nouvelle fois, à accomplir Rafael Nadal ? Il était mené 3-1 dans le 2e set de la finale face à Casper Ruud et n’a plus perdu un jeu. 11 jeux plus tard, il soulevait, pour la 14e fois, sa Coupe des Mousquetaires. Alors que Roland-Garros n’avait pas encore débuté, il y avait pourtant des points d’interrogations géants autour de la forme de Rafael Nadal. On l’avait quitté à Rome, où après avoir remporté la première manche face à Denis Shapovalov, il s’était totalement écroulé pour n’être même plus l’ombre de lui-même sur le central de l'Internazionali BNL d’Italia. Sera-t-il prêt pour Roland-Garros ? Si oui, aura-t-il les ressources nécessaires pour y défendre correctement ses chances ? Franchement, personne, et lui le premier, n’en avait aucune idée. Puis l’annonce de sa participation est tombée. Et là, on s'est dit que s’il venait, c’est qu’il pouvait jouer, car il n’est pas vraiment du genre à se tester à Roland-Garros pour ensuite essayer de faire mieux ailleurs… C’est à Paris que ça se passe pour Rafa, pas à Halle ou à Londres. Le tirage au sort l’a ensuite placé dans la moitié de tableau de Novak Djokovic et de Carlos Alcaraz, ce qui lui promettait un quart contre Nole et une demie face à Carlitos. Mais pour en arriver là, il a fallu qu’il se sorte du piège Félix Auger-Aliassime qui l’a poussé au 5e set. Puis il a eu droit à son match face à Djokovic. Il ne jouait pas très bien, mais a su faire ce qu’il fallait, quand il fallait, pour battre son meilleur rival une 29e fois. Ensuite, ce n’est pas le jeune Alcaraz qui s’est présenté devant lui, mais le numéro 3 mondial, Alexander Zverev. L’Allemand semblait même prendre le dessus sur Rafa, avant que sa cheville ne lâche. La finale ne fut ensuite qu’une formalité. Il n'a concédé que 6 jeux, comme en 2017 face à Stan Wawrinka et seulement deux jeux de plus que son record de 2008 face à Roger Federer, où il n’en avait lâché que 4 ! Rafa a donc 22 Grands Chelems à son actif et en prime, il a annoncé qu’il allait continuer à se battre ! Vamos !

Mais cette année, c’est bingo !

Coco Gauff
Je sais qu’elle n’a pas gagné, elle a d’ailleurs tout perdu avec la défaite en finale du double dames face à la paire française Garcia/Mladenovic (cocorico !!!), mais je tenais à rendre hommage à Coco Gauff. Evidemment que la performance XXL d’Iga Swiatek est extraordinaire et mérite d’être soulignée, mais dire qu’elle m’a fait vibrer serait mentir. En revanche, au moment des discours, l’Américaine m’a ému aux larmes. Elle est touchante, Coco. Peut-être est-ce dû à son jeune âge. Je vous rappelle qu’elle venait d’avoir 18 ans (le 13 mars 2004), qu’elle est belle comme une enfant et forte comme une femme (j'espère que vous avez la ref  !) ! Mais au-delà de son jeu, de son jeune âge, de ses longues nattes et de sa jupe en tulle, Coco Gauff m’impressionne par sa maturité. A l’issue de sa demi-finale remportée face à l’Italienne Martina Trevisan, la, donc, jeune Américaine a signé la caméra avec le message suivant : « La Paix. Fin aux violences par les armes à feu ». Elle faisait référence évidemment à l’énième fusillade qui a eu lieu au Texas. En conférence de presse, la future championne en Grand Chelem (ce n’est qu’une question de temps) a précisé que lorsqu’elle était petite, son père lui avait dit qu’elle pouvait changer le monde avec sa raquette. « Il ne disait pas ça en ne pensant qu’au tennis. Il pensait à parler de ces sujets-là. La première chose qu’il m’a dite en sortant du court, c’est qu’il était fier de moi et qu’il adorait ce que j’avais écrit sur la caméra ». Bravo pour ta maturité et ton tournoi, Coco. A bientôt pour, cette fois, des larmes de bonheur.

Le retour du public
En 2020, la Fédération Française de Tennis avait eu le nez creux en décalant très tôt la date du tournoi pour l’automne, Covid oblige. Du coup, fin septembre/début octobre 2020, Roland-Garros avait pu se disputer (Wimbledon n’avait pas pu en faire autant). Néanmoins, l’édition pandémie ne restera pas gravée dans les mémoires, notamment en raison du fait que le tournoi s’était joué avec une jauge de 1000 spectateurs, soit quasiment à huis clos. L’année dernière, l’affluence était déjà en nets progrès, mais pas encore au complet. En totalité, il y a eu 98 880 spectateurs en 2021, contre seulement 15 000 en 2020 (1000 par jour oblige). Mais cette année, c’est bingo ! Le tournoi a retrouvé sa jauge complète, avec en plus un public qui était clairement en manque. Résultat : non seulement la barre symbolique des 500 000 spectateurs a enfin été dépassée, mais le record d’affluence absolu à Roland-Garros a été établi, avec 613 586 spectateurs sur la quinzaine. Cerise sur le gâteau : le Grand Chelem parisien revient dans la course avec les trois autres Majeurs. Auparavant bon dernier, Roland-Garros dépasse désormais allègrement « Wimb » qui culmine à 500 397 spectateurs, mais reste derrière les records américain (737 919) et australien (812 174). Au-delà des chiffres, c’est l’ambiance qui était fantastique. Tous les courts étaient pleins à craquer. Il y régnait une ambiance de malade, même sur un Kerber-Frech du 1er tour sur le court 6. Vive le public.

« Gabi », tu as été magnifique.

Les sessions de soirée
Du premier lundi au deuxième mercredi de Roland-Garros ont eu lieu les sessions de soirée. Un match à partir de 21 heures, avec en lever de rideau un DJ Set de 10 minutes pour chauffer le stade (même si ce n’était pas nécessaire), suivi d’un petit son et lumière avec les nouvelles « bâches » de fond de court, transformées cette année en panneaux led. A chacune des 10 entrées sur le court, il y régnait une certaine électricité, assurément moins présente la journée. Il y a aussi eu des matches incroyables, qu’il s’agisse du premier tour entre Lorenzo Musetti qui n’a pas su capitaliser une avance de deux sets à rien sur Stefanos Tsitsipas, ou le 59e Nadal- Djokovic suivi par la planète entière. Et comme si ça ne suffisait pas, la We Are Tennis Fan Academy était, comme à son habitude, au cœur de l’action, s’assurant que l’ambiance ne faiblisse jamais. Ils ont lancé des chants sans discontinuer, des « holas » à chaque changement de côté, ou encore des bals de lumières de téléphone portable en mode danse de lucioles, qui apportaient encore plus de magie à ce court Philippe-Chatrier qui brillait tous les soirs comme s’il ne devait pas y avoir de lendemain. Bref, les sessions de soirée : VALIDÉ !

Gabriel Debru
Une fois de plus, ça devient une habitude - j’adore écrire ça ! -, un Français a remporté Roland-Garros Juniors. Après Elsa Jacquemot chez les filles en 2020, puis Luca Van Assche l’an dernier, cela a été au tour de Gabriel Debru de soulever le trophée du champion junior. Alors forcément, vous me voyez venir… Non seulement il s’agit là de trois victoires françaises consécutives à Roland-Garros, mais on parle en plus de trois titres consécutifs pour des membres de la Team BNP Paribas Jeunes Talents. Bien évidemment que tout le mérite revient à ces trois jeunes, mais on ne va tout de même pas snober notre bonheur de savoir que ces trois-là, au même titre que tous les autres membres de « la team » y sont et pour toujours, car on ne quitte jamais la Team BNP Paribas Jeunes Talents. Alors, à double titre, bravo « Gabi », tu as été magnifique.