A un mois du deuxième Grand Chelem de l’année, faisons un point sur l’état de forme de Novak Djokovic et sur le travail qu’il lui reste à fournir pour faire partie des « grands » favoris à Roland-Garros.

11 octobre 2020. C’était la date du dernier 6-0 encaissé par Novak Djokovic. C’était en finale de Roland-Garros face à Rafael Nadal. Hier, à Belgrade, 18 mois plus tard, rebelote. Non pas en finale de Roland-Garros, mais toujours en finale. Seulement cette fois, le « drame » a eu lieu chez lui à Belgrade, dans son tournoi.

Toute la semaine, le numéro 1 mondial n’a cessé de montrer de l’amélioration dans son jeu et une capacité physique à rivaliser avec les meilleurs. Tous les matches disputés par Djokovic avant la finale durant cette semaine serbe ont suivi un schéma identique. Que ce soit face à Laslo Djere, Miomir Kecmanovic ou Karen Khachanov, l’homme aux 20 Grands Chelems a toujours concédé le premier set pour ensuite s’imposer au troisième. 

Plus d’essence dans le moteur.

Face à Andrey Rublev, en finale, l’histoire était repartie pour se répéter. Le chouchou du public a concédé la première manche rapidement (6-2 en 35 mins), pour ensuite égaliser à un set partout à l’issue d’une deuxième manche où il a su se remobiliser, ainsi que le public. Comme en témoigne cet incroyable point dans le jeu interminable de 5-4

Puis, comme à Monte-Carlo face à Davidovich Fokina dans l’ultime set, ça a été la panne sèche pour Novak Djokovic. Plus d’essence dans le moteur. Pas la moindre goutte. On peut reprocher des choses au Serbe, mais certainement pas de ne pas tout donner et encore moins d'abandonner. C’était donc plus fort que lui. Il n’en pouvait plus. Pour la petite histoire, en remportant son troisième titre de la saison (Marseille, Dubaï et Belgrade), Andrey Rublev en a profité pour battre Novak Djokovic pour la première fois de sa carrière.

« Je ne me sentais pas trop fatigué jusqu’à la fin du 2e set, a ensuite expliqué Djokovic. Le jeu à 5-4 dans le 2e a été très long et c’est là que j’ai commencé à me sentir moins bien. J’ai bien joué dans le tie-break, puis j’étais prêt pour le dernier set, mais ça n’a finalement pas été très plaisant à voir. Je suis désolé pour ça, je sais que les gens voulaient me voir me battre pour essayer de gagner, mais ce n’était pas pour cette fois. » Le Serbe a ensuite relativisé en prononçant la phrase suivante : « Au moins, ce mauvais ressenti physique n’est apparu ici qu’après mon quatrième match et non pas dès le premier comme ce fut le cas à Monte-Carlo. Les choses progressent doucement mais sûrement.».

Il y a de fortes chances de croiser Nadal à la « Caja Magica ».

Novak Djokovic est donc en train de monter en puissance. Cette semaine, il est « off ». Il doit se remettre d’une semaine serbe qui a donc été intense tennistiquement (4 matches et 10h05 passés sur le court soit 2h30 en moyenne par match). Mais aussi émotionnellement, car lorsque Novak Djokovic est en Serbie il est ultra-méga-supra sollicité. Tout le monde veut son moment avec « Nole », et ce dernier essaie de rendre tout le monde heureux. 

Il va donc falloir recharger les batteries, car dès la semaine prochaine les affaires reprennent et de quelle manière ! Direction Madrid, un Masters 1000 que Novak Djokovic a déjà remporté à 3 reprises. L’avantage est qu’il y va sans pression, vu qu’il n’aura aucun point à y défendre. Il sera d’autant moins sous pression que son concurrent direct, Daniil Medvedev, n’y sera pas (tout comme à Rome). Du coup, la pression supplémentaire d’y perdre sa première place mondiale est inexistante. 

En revanche, son autre rival, celui de toujours, Rafael Nadal, a toujours le statut de joueur en lice, à la fois à Madrid et à Rome. La rivalité entre les deux est, comme tout le monde le sait, immense et si Rafa est dans le tableau, alors c’est une pression supplémentaire pour Novak. C’est certain qu’il aurait préféré que l’Espagnol n’effectue son retour qu’à l’occasion du Masters 1000 de Rome. Mais à en croire la rumeur, il y a de fortes chances de croiser Nadal à la « Caja Magica ».

Il va donc falloir, et ce malgré les signes positifs qu’a affichés Novak Djokovic à Belgrade, attendre la semaine madrilène pour juger si oui ou non, il pourra/sera prêt pour être à 100% à Roland-Garros. Pour l’instant, c’est très clair que non, mais Roland-Garros ne démarre que dans un mois. La vérité d’aujourd’hui n’est donc pas déterminante, même si elle n’en demeure pas moins intéressante. 

N’oublions pas que Novak Djokovic possède une longueur de retard sur Nadal en termes de titres en Grand Chelem. Il sait très bien qu’à partir du moment où l’Espagnol sera présent à Paris, cela voudra dire qu’il est le favori pour s’y imposer, ce qui pourrait alors vouloir dire non plus une mais bel et bien deux longueurs d’avance. Un déficit qui ne serait pas irrattrapable, mais quand même très compliqué à égaler...