Sur la trace des Jeunes Talents français - Episode 3

27 juil. 2022 à 18:42:00 | par Mathieu Canac

Tous les deux mois, pour faire connaissance avec une relève du tennis français rêvant de marcher dans les pas des plus grands, nous vous proposons un retour sur les meilleures performances récentes des membres de la Team BNP Paribas Jeunes Talents.

 

Dans le sillage de Diane Parry, les “petits poucets” de la Team Jeunes Talents tracent leur propre chemin vers le circuit professionnel. Alors que l’espoir au revers à une main a récemment franchi plusieurs paliers pour grimper chez les grandes - troisième tour de Grand Chelem à Roland-Garros et Wimbledon, premier quart de finale WTA (à Palerme), meilleur classement cette semaine (76e) - ses jeunes compères de la TJT passent des caps qu’elle a connus quelques années plus tôt. Dimanche, Jenny Lim, 17 ans et tombeuse au passage d’Astrid Lew Yan Foon - elle aussi membre de la Team - en quart de finale, a vécu les joies d’un premier titre professionnel en remportant le tournoi ITF W15 des Contamines. Des émotions partagées avec nous lors d’une interview. Au cours des semaines précédentes, depuis l’épisode 2, Gabriel Debru, Luca Van Assche et Arthur Géa se sont eux aussi illustrés. En balisant leur route de nouveaux accomplissements à marquer d’une pierre blanche.

 

Gabriel Debru

Âge : 16 ans
Classement : numéro 1 mondial junior, 680e au classement ATP au 25/07/2022 (meilleur classement)
Performances : vainqueur de Roland-Garros junior en simple, finaliste de Wimbledon junior en double


Après son sacre à Roland-Garros juniors, Gabriel Debru a disputé Wimbledon dans cette catégorie d’âge. Bilan : un deuxième tour en simple, mais, surtout, une finale en double et une place de numéro 1 mondial à l’issue du tournoi. Son dernier chez les juniors. Gabriel va désormais se consacrer pleinement au circuit professionnel.

Un mois et demi après (au moment de la question), avec plus de recul, que représente ce titre à Roland-Garros junior en simple pour toi ?
Je suis très heureux d’avoir gagné Roland-Garros junior, c’était un objectif dans ma carrière chez les juniors. Pour y arriver, il a fallu beaucoup de travail, pendant plusieurs années. Je suis donc fier du travail accompli, et je vais poursuivre mes efforts pour me donner les moyens de gagner des tournois plus importants encore.

Tu y étais attendu, as-tu ressenti la pression du favori pendant le tournoi ? Si oui, comment l’as-tu gérée ?
Favori, je ne sais pas. Il y avait beaucoup de bons joueurs dans le tableau. Je ne me suis pas mis de pression inutile, je suis resté concentré sur mes objectifs. C’est ce qui m’a permis de jouer relâché tout au long du tournoi.

Quel a été le moment clef de ton parcours à Roland-Garros junior ?
La demi-finale (gagnée 6/1 0/6 6/3 contre Dino Prizmic) a été , je pense, le match le plus dur, que ce soit physiquement ou mentalement. C’était le “cap” à passer pour pouvoir gagner le tournoi. Le match était très intense et je suis heureux de l’avoir gagné.

Quel cap penses-tu avoir franchi ces derniers temps, ce sur quoi tu penses avoir le plus progressé ces dernières semaines ?
J’ai beaucoup travaillé sur mon attitude : rester très positif tout le long du match, s’encourager et montrer de la détermination. Je pense que c’est ce qui fait ma force.

Tu as découvert le gazon cette année (avec le tournoi J1 de Nottingham puis Wimbledon junior) : quelles sont tes sensations sur cette surface ?
Jamais très simple de commencer à jouer sur une nouvelle surface. Mais c’était un plaisir d’avoir pu essayer l’herbe. Je n’ai pas fait les meilleurs résultats (en simple), mais j’en tire une immense expérience qui va me servir pour l’avenir.

Avec ton partenaire, Paul Inchauspé, que vous a-t-il manqué en finale pour aller chercher le titre en double à Wimbledon ?
Il nous a manqué un peu de justesse. Trop d’erreurs, notamment en retour. On a donné un peu plus de points que les autres matchs, et c’est ce qui nous a coûté la victoire. On a joué contre une équipe (Olaf Pieczkowski et Jakub Menšík) qui ratait moins que nous, et j’ai juste envie de leur dire bravo. Ils ont été meilleurs que nous ce jour-là !

Qu’as tu ressenti en voyant ton nom tout en haut du classement mondial junior au lendemain de Wimbledon ?
J’étais très heureux d’être n° 1 mondial, c’était aussi un de mes objectifs avec Roland-Garros. C’est beaucoup de travail, alors quand on atteint ses objectifs on est souvent content, satisfait.

Avais-tu prévu depuis un moment que Wimbledon serait ton dernier tournoi junior, où avais-tu prévu d'arrêter les juniors une fois la 1re place mondiale atteinte ?
Oui, c’était prévu que Wimbledon soit mon dernier tournoi junior. Je vais maintenant passer chez les professionnels, je pense que c’est une bonne transition.

 

Luca Van Assche

Âge : 18 ans
Classement : 282e mondial au 11/07/2022 (meilleur classement)
Performances : demi-finaliste du Challenger de Blois (première demi-finale en Challenger), puis quart de finale à Amersfoort

En janvier, Luca Van Assche a remporté le tournoi ITF M15+H de Bagnoles-de-l’Orne, son premier titre chez les professionnels. Depuis, poursuivant sa progression, il a notamment confirmé en atteignant sa première demi-finale en Challenger. Au classement ATP, aucun joueur ne peut se targuer d’être plus jeune et mieux classé que lui.

Tu étais au-delà du Top 1000 fin août 2021, et moins d’un an après avoir décidé de te lancer pleinement sur le circuit pro, tu es maintenant dans le Top 300. T’attendais-tu à monter si vite ou te surprends-tu toi-même ?
C’est vrai que j’ai franchi les étapes assez rapidement. En commençant à jouer mes premiers Futures, je ne pensais pas pouvoir être à ce classement-là aujourd’hui. J’ai eu l’occasion de jouer en Challenger dès le début de ma carrière pro grâce à des  wild cards. J’ai gagné des matchs, et je me suis rendu compte que mon niveau n’était pas super loin des joueurs classés entre 200e et 300e. Ça m’a donné confiance. Je me sentais à l’aise dans les tournois de ce niveau et ça m’a donné envie de  vite franchir l’étape des Futures pour pouvoir jouer en Challenger le plus rapidement possible.

As-tu un objectif de classement d’ici la fin de saison ?
Pas forcément un objectif de classement fixe. Je ne me mets pas de barrières, et j’ai envie de voir où ma fin de saison va me mener. Bien sûr, j’espère fortement aller en Australie (début 2023).

Quel cap penses-tu avoir franchi ces derniers temps, ce sur quoi tu penses avoir le plus progressé ces dernières semaines ?
Je pense que j’ai beaucoup progressé sur le fait d’être constant tout au long d’un match, de ne pas avoir des sautes de concentration et de garder la même intensité du premier au dernier point.

Après avoir battu plusieurs Top 200, tu t’es offert ton premier Top 150 à Amersfoort (Zizou Bergs), avant de t’incliner en quart contre Roberto Carballes Baéna, 85e. C’était ta 4e défaite en 4 rencontres contre un Top 100, mais les scores ont souvent été serrés. Selon toi, qu’est-ce qui fait la différence, pour le moment, entre les joueurs de ce niveau et toi ?
Je pense que la différence se fait au niveau mental. Mon niveau de jeu n’est pas différent du leur, mais ils sont stables émotionnellement tout au long du match, et j’ai encore quelques fluctuations sur ça.

Quel a été le moment clef de ton parcours à Blois ?
Je pense que c’était mon premier tour de qualifications. J’avais enchainé plusieurs défaites avant ce tournoi, j’avais moins confiance en moi. J’ai gagné 6/4 au 3ème après un long combat contre un bon joueur (Alexis Galarneau), ça m’a redonné de la confiance et ça m’a lancé sur la suite du tournoi.

As-tu vécu un moment insolite sur le court récemment ?
Je ne sais pas si c’est un moment insolite mais j’ai joué un double avec Arthur Fils et notre coach nous a demandé, à un moment du match, de retourner en lob. Arthur fait donc un retour lob boisé qui est parti dans l’arbre en dehors du court à notre droite, on est tous les deux partis dans un fou rire qui a duré un moment !

As-tu eu le temps de visiter Amersfoort ?
Non je n’ai pas vraiment eu le temps de visiter Amersfoort, c’est une petite ville mais je peux dire qu’il y a un très bon restaurant italien où on allait tous les jours !

 

Arthur Gea

Âge : 17 ans
Classement : 34e mondial junior depuis le 11/07/2022 (meilleur classement)
Performances : vainqueur de l'Astrid Bowl de Charleroi-Marcinelle (premier titre en J1), et finaliste en double

Mi-juillet, Arthur Géa a été sélectionné pour les championnats d’Europe individuel U18, en Suisse, où il a atteint le troisième tour. Quelques semaines plutôt, Arthur avait notamment brillé en remportant son premier titre en Grade 1 chez les juniors.

Après avoir joué deux quarts et une demie en Grade 1, tu as gagné ton premier titre dans cette catégorie de tournoi : quelle est l’importance de cette étape pour ton parcours ?
L’importance d’avoir gagné ce Grade 1, c’est que ça m’a permis de grimper au classement pour être 34e mondial junior. Grâce à ce tournoi, j’ai pu accéder au tableau final de Wimbledon, et je serai aussi dans celui de l’US Open. Et ce classement me permet également de pouvoir jouer des Futures, qui sont très importants pour commencer le plus rapidement possible sur le circuit professionnel.

Depuis le 11, tu es 34e mondial juniors, ton meilleur classement. T’es-tu fixé un objectif de classement à atteindre d’ici la fin de l’année ?
C’est vrai qu’être 34e mondial était satisfaisant pour moi, mais j’aimerais bien entrer dans le Top 20 le plus rapidement possible. Même si mes objectifs sont centrés sur le circuit professionnel, avec les Futures.

Quel cap penses-tu avoir franchi ces derniers temps, ce sur quoi tu penses avoir le plus progressé ces dernières semaines ?
Ces dernières semaines, je pense avoir vraiment réussi à progresser mentalement, par rapport à mon état d’esprit en général sur le court. J’ai aussi fait des progrès dans le jeu, en étant plus agressif, en allant plus vers l’avant.

Quel a été le moment clef de ton parcours lors de l'Astrid Bowl ?
Le moment qui m’a le plus marqué durant ce tournoi, c’est ma victoire en demi-finale contre un adversaire (Rei Sakamoto) qui venait de me battre deux fois lors des tournois précédents. Ça m’a permis de me libérer pour la finale.

Quel a été ton plus beau coup du tournoi ?
Franchement, j’ai joué très simplement le tournoi, sans trop de coups fous. Mais je dirais :  mon retour gagnant en finale sur la balle de match à 6/5 au troisième set (contre Mihai Alexandru Coman). C’était incroyable pour moi.

As-tu vécu un moment insolite sur le court pendant ce tournoi ?
Le seul moment insolite de mon tournoi, c’était lors de la remise des prix. Je devais faire mon discours juste après le match et je n’arrivais pas à parler. La pression venait de retomber, et je ne faisais que pleurer (rires) !

As-tu eu le temps de visiter Charleroi ? Si oui, qu’est-ce qui t’a plu, ou déplu ?
Non, je n’ai malheureusement pas pu visiter la ville. J’ai dû courir juste après mon match en finale pour aller prendre le bus en direction de Roland-Garros, c’était le dernier je ne pouvais pas le rater (rires) !

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