Tous les deux mois, pour faire connaissance avec une relève du tennis français rêvant de marcher dans les pas des plus grands, nous vous proposons un retour sur les meilleures performances récentes des membres de la Team BNP Paribas Jeunes Talents.

 

Ce qui permet de faire la différence pour cuisiner un bon plat de pâtes, c’est que vous y ajoutez. La sauce, l’assaisonnement. Pour atteindre le haut niveau, devenir joueur professionnel, c’est un peu la même chose. Les pâtes, c’est le niveau de tennis. Il est évidemment la base, l’ingrédient indispensable pour y arriver. Puis, pour devenir vraiment très bon, il faut savoir le mélanger avec le mental, la nutrition, la communication ou encore la gestion de son projet. Sur tous ces points, BNP Paribas apporte une aide précieuse à sa Team Jeunes Talents. Le week-end des 12 et 13 février, pendant que Félix Auger-Aliassime remportait son premier titre sur le circuit principal, le premier séminaire de l’année 2022 s’est déroulé à Marseille. En amont de l’Open 13, les membres de la “TJT” ont notamment retrouvé, comme à Roland-Garros en fin d’année dernière, leur parrain : Jo-Wilfried Tsonga. Pier Gauthier, ancien 202e mondial devenu préparateur mental renommé, le monument olympique Laura Flessel, Cécile Capdveille, nutritionniste à l'Olympique de Marseille, et Brieux Férot, directeur du développement de SO Press (So Foot, Society, 40-A…), étaient également présents pour apporter leur expérience et guider les jeunes dans leur quête de haut niveau. Un haut niveau dont certains se rapprochent de plus en plus.

Luca Van Assche


Âge : 17 ans
Classement : 384e mondial au 28/002/2002
Performance : vainqueur de l’ITF M15+H de Bagnoles-de-l’Orne

Vainqueur de Roland-Garros juniors l’an passé, le jeune homme a remporté le tournoi ITF M15+H de Bagnoles-de-l’Orne mi-janvier. Son premier titre chez les professionnels. 384e mondial, le Français, né en Belgique, est le seul prodige de moins de 18 ans au sein du Top 500.

L’importance de ce premier titre pro, par rapport à Roland-Garros juniors et ses premiers matchs gagnés en Challenger :
Ce premier titre pro a été très important pour moi. Je savais que j’avais le niveau pour gagner des Futures, mais je ne l’avais pas encore fait. C’était un vrai soulagement de gagner ce tournoi. Je n’étais pas loin de remporter mon premier titre pro en 2021 (finaliste de l’ITF M25 de Toulouse en octobre), donc ça me fait plaisir d’y arriver dès le début de l’année. C’était différent de Roland et des matchs gagnés en Challenger (quarts de finale à Brest et Cassis fin 2021, puis à Cherbourg début février). Roland, ça restait un tournoi junior et je suis content de commencer à confirmer chez les pros. Les victoires en Challenger, c’était très bien (notamment des quarts de finale à Cassis et Brest fin 2021), mais ça restait quelques matchs dans la saison, donc je suis content d’avoir su gérer toute une semaine entière.

Son meilleur coup du tournoi :
J’ai été très solide du début à la fin du tournoi (victoire 6/3 7/5 en en finale contre Corentin Denolly, avec qui il a également remporté le double cette semaine-là). Je ne sais pas si on peut en sortir un davantage que les autres, tout était stable et d’un bon niveau. J’ai pu me reposer sur chacun de mes coups et pas seulement un en particulier.

Moment-clef du tournoi :
Mon quart de finale (6/1 4/6 7/6 contre Jurgen Briand), je pense. C’était un match difficile. J’avais très bien commencé, je menais facilement puis je me suis un peu tendu, mon adversaire est revenu. C’était un gros combat, je ne suis pas passé loin de perdre. J’ai eu une longue conversation avec mon entraîneur sur quelque chose qui n’allait pas durant ce match, et je m’en suis servi lors des deux rencontres suivantes. J’ai beaucoup appris de ce quart de finale.

Cap franchi, ce sur quoi il estime avoir le plus progressé, appris lors de son parcours jusqu’au titre en Normandie :
J’ai progressé un peu dans tout. Sur mon niveau de jeu, bien sûr, car, chaque jour, je travaille dur, mais surtout par rapport à ma vision des choses sur le terrain. Ça m’a permis de de beaucoup progresser dans le domaine mental sur le court.

Le moment insolite de la semaine :
En finale du double, Corentin Denolly, mon partenaire, a dû faire appel au kiné avant même le début du match. Il a reçu une aide médicale de 4 minutes entre la fin de l’échauffement et le début de la rencontre.

Elsa Jacquemot

 

Âge : 18 ans
Classement : 239e mondiale au 28/02/2022
Performance : finaliste de l’ITF W25 de Manacor

Championne du monde juniors 2020, Elsa Jacquemot a atteint sa deuxième finale professionnelle début février. A Manacor, sur les courts de la Rafa Nadal Academy, la Française a notamment dû lâcher ses frappes sèches pendant plus de 3 heures lors des deux premiers tours, avant de s’incliner 2/6 7/6 6/1 face l’Espagnole Andrea Lázaro García. Une défaite, difficile à encaisser, après avoir servi deux fois pour le match et avoir mené 6/2 6/5 30-0.

La gestion de la déception le soir-même, après être passée si proche d’un premier titre professionnel :
Honnêtement, ça n’a pas été facile. J’étais à deux doigts de gagner le match. Après, pour positiver, je me dis que j’ai fait un très beau parcours (en battant notamment Kurumi Nara et Mandy Minella, respectivement ancienne 32e mondiale et ancienne 66e mondiale).

La gestion de la fatigue physique après les deux premiers tours marathons, et son impact sur la finale :
Ça n’a pas été simple , j’ai fait le maximum en dehors du court pour que mon corps puisse récupérer le mieux possible. J'ai fait des soins, je me suis bien hydratée, j’ai beaucoup “stretché”, j’ai mis de l’eau froide sur mes jambes. Vraiment pas agréable comme sensation, d’ailleurs. Mais, oui, forcément, la fatigue a pesé dans le dernier set de la finale. J’avais quelques douleurs aux abdos et à un talon. Parfois, il faut savoir écouter son corps

Le domaine dans lequel elle a le plus progressé récemment :
Je pense que la période foncière que j’ai pu faire en début d’année m’a beaucoup aidée à tenir physiquement jusqu’au bout du tournoi. J’ai beaucoup progressé physiquement ces derniers temps.

Son meilleur coup du tournoi :
Mon service, j’ai fait pas mal d’aces.

Moment-clef du tournoi :
Je pense que c’était au deuxième tour, gagné 7/5 au dernier set (contre Kurumi Nara). A 6/5 40-0 (sur balle de match), je fais un coup que j’estime gagnant, sur la ligne, mais que l’arbitre juge dehors. C’était un moment difficile, mais ça m’a appris à rester tranquille.


Ophélie Boullay

 

Âge : 13 ans
Classement français : 0
Classement mondial junior : 987e (17e des joueuses nées à partir de 2008)
Performance : huitième de finaliste des Petits As, meilleure française

Reine de France en titre chez les 13-14 ans, Ophélie Boullay est arrivée aux Petits As avec le statut de meilleure chance tricolore chez les filles. Seule Française à passer deux tours pour atteindre les huitièmes de finale, où elle s'est inclinée face à la Russe Alisa Oktiabreva, elle a tenu son rang. Joueuse offensive, Ophélie a notamment pu s'appuyer sur sa qualité de "volée, [s]on meilleur coup du tournoi."  Néanmoins, au moment de faire le bilan de son parcours, elle a joué carte sur table. "Je suis loin d'être satisfaite de mon résultat à Tarbes, j'attendais beaucoup mieux de moi-même, nous a-t-elle confié. Malgré la déception par rapport à son ambition, une qualité essentielle pour atteindre les sommets, Ophélie a affiché une belle progression. Quatre mois et demi plutôt - l'édition 2021 avait été décalée à septembre en raison de la pandémie - elle s'était inclinée au premier tour de cette compétition considérée comme le championnat du monde officieux des 14 ans et moins. "J'ai surtout amélioré mon coup droit, nous a-t-elle expliqué. J'ai fait évoluer ma technique. Grâce à ça, j'ai gagné en fiabilité et puissance avec ce coup. Et, par rapport à l'année dernière, je fais beaucoup plus de services-volées." Avec un jeu enrichi de ces atouts supplémentaires, Ophélie Boullay devrait pouvoir laisser quelqules adversaires coriaces sur le carreau dans les prochains mois.