« Le beau est ce qu'on ne peut pas vouloir changer » — Simone Weil.
Lorsqu’on regarde un coucher de soleil, un paysage mirifique, un revers à une main croisé signé Richard Gasquet ou un long de ligne frappé par Stan Wawrinka, on ne se demande pas ce qu’on pourrait y changer pour « l’améliorer ». On ne se pose même pas cette question. On l’admire tel qu’il est ; c’est le propre du beau, selon Simone Weil.
Le Stadio Nicola Pietrangeli entre dans cette catégorie. Bijou semi-enterré du Foro Italico, où se jouent les Masters 1000 et WTA 1000 de Rome, il fait partie des courts les plus somptueux au monde.
Surplombé par ses 18 statues — imposantes, magistrales, en marbre de Carrare — aux allures de gardiennes d’un temple d’esthétisme, il se contemple. Si vous avez la chance de prendre place dans les tribunes, vous pouvez profiter de deux spectacles : le match, et la splendeur de l’arène.
La beauté avant l'argent
Une magnificence qui fait même passer l’argent au second plan. Plutôt que d’augmenter ses profits, le tournoi a préféré conserver son joyau tel quel. En 2025, des tribunes provisoires supplémentaires avaient été montées sur le Pietrangeli. Seul hic, et pas des moindres, elles en cassaient tout le charme.
« Sur le plan purement esthétique, ce n’est pas bon, avait notamment déclaré Daniil Medvedev après son entrée en lice réussie contre Cameron Norrie au sein de cette enceinte l’an passé. C’était mieux avec les statues, qui ne sont quasiment plus visibles (depuis les gradins, en étant cachées par les nouvelles tribunes). C’est un débat compliqué. Je préfère l'esthétique sans les tribunes (supplémentaires), mais l’ambiance était géniale (avec plus de fans). »
Résultat, cette saison, pour la première édition depuis la disparition de Nicola Pietrangeli — qui reste immortel dans l’histoire du tennis grâce à son doublé 1959, 1960 à Roland-Garros — les organisateurs ont choisi de rendre la vue aux statues. Arrivederci, les installations dressées devant leurs yeux.
Pour conserver ce qui est très souvent décrit comme « le plus beau court du monde », ils ont bien compris qu’il ne fallait rien vouloir y changer.