Monte-Carlo : le charme de l'ancien

4 avr. 2026, 20:50:00 | par Mathieu Canac

Ce dimanche 5 avril marque le début du tableau principal du tournoi de Monte-Carlo. Disputé dans un cadre à en prendre plein les mirettes, sur les courts du Monte-Carlo Country Club depuis 1928, il est le dernier des Masters 1000 en extérieur à se jouer encore sous l'ancien format : une semaine, et 56 joueurs.

« Tu n’as pas changé ». Une de ces formules aux sens totalement opposés selon le ton sur lequel elle est prononcée.

Si, en tombant sur une vieille connaissance pour la première fois depuis belle lurette, elle vous est envoyée avec une pointe d’ironie ; pas bon signe. « Tu es toujours le même gros lourdaud… », voilà, par exemple, le message envoyé en sous-texte. Dite avec bienveillance, elle peut a contrario être prise comme un compliment tels que « Tu n’as pas pris une ride ! » ou « Tu es toujours aussi sympa ! ».

Monte-Carlo n’a pas changé. Alors que sept des neuf Masters 1000 se jouent pendant douze jours avec tableau de 96 entrées, il est resté — comme celui de Paris, qui a la particularité d’être le seul en indoor — sur une semaine et 56 concurrents. Ce qui lui confère désavantages et avantages.

Cadors rapidement en lice, entre mer et montagne

Libre à chacun de préférer telle ou telle formule. L’un des points forts de la nouvelle est, notamment, de permettre à davantage de joueurs de mieux gagner leurs vies en profitant du prize money doré des tournois de cette caste. D’un autre côté, pour le spectateur, l’ancien format offre un spectacle presque immédiat. Quasiment sans première partie.

Sur le Rocher, on compte 16 têtes de série au lieu de 32, de quoi tapisser les murs de belles affiches dès le deuxième tour. Et 8 seulement sont exemptées de premier round avant de monter sur le ring, contre la totalité des 32 à Indian Wells, Miami, Madrid, Rome, Toronto/Montréal, Cincinnati et Shanghai. Aspect positif supplémentaire pour les fans : les cadors sont de sortie tous les jours. Pas de journée de repos entre deux matchs.

Autre charme « ancien » de l’évènement monégasque, son cadre. Lancé en 1897 et organisé depuis 1928 au Monte-Carlo Country Club, il est niché entre l’azur de la Méditerranée d’un côté, et la roche du Mont Agel de l’autre. Les courts annexes se sillonnent aux pieds de remparts de pierre sur lesquels viennent résonner les frappes pour régaler les tympans, et le central — le Court Rainier III — offre au plus chanceux un véritable chef d'œuvre : une fenêtre sur court, mer, soleil et horizon. Un écrin qui, souhaitons-le, ne changera jamais.