A priori, nul n’est capable de prédire l’avenir. À moins de s’appeler Doc ou Marty et d’avoir une DeLorean. Mais si vous pensez être l’un de ces personnages, votre machine à voyager dans le temps est un asile et vous êtes entouré de Napoléon, Jules César et Bernard Tomic.
Alors, à défaut de pouvoir connaître le futur, Jannik Sinner — en pleine construction de son monstre à l'instar de Roger Federer — le prépare. En se renseignant sur ses rivaux potentiels des années à venir, comme Rafael Jódar, son adversaire en quart de finale du Masters 1000 de Madrid ce mercredi.
J’ai le sentiment que ce ne sera pas le seul affrontement entre Jódar et moi.
« J’ai regardé tout son match contre (João) Fonseca (dans le choc des cadors de la génération 2006, au 3e tour à Madrid), c’était d’un très, très haut niveau, a déclaré l’Italien en conf’. J’ai le sentiment que ce ne sera pas notre seul affrontement. » Quelques jours plus tôt, son coach, en personne, était allé “espionner” l’Espagnol.
« Samedi (25 avril), (Simone) Vagnozzi est parti observer Jódar qui s’entraînait en même temps que Sinner, a relaté Guido Monaco, ancien joueur transalpin devenu consultant, pour Tenismania diffusé sur la chaîne YouTube d'OA Sport. Ils ont compris qu’il pouvait être une menace sérieuse. »
Prise de conscience pendant son rôle de sparring-partner lors du Masters Next Gen 2024
Inconnu du grand public en début de saison, le Madrilène de 19 ans est désormais assuré d’entrer dans le Top 40. Sorti des qualifications à Miami pour atteindre ensuite le 3e tour, puis titré à Marrakech et demi-finaliste à Barcelone, il affiche un bilan de 16 victoires sur ses 18 derniers matchs. Parmi ses victimes, un Alex de Minaur réduit au rang de simple punching-ball la semaine dernière : 6-3, 6-1.
Outre son ascension fulgurante, le gaillard de 1,91 m laisse les observateurs yeux écarquillés par son jeu, sa volonté constante d’éparpiller son opposant. Un style dont il a mesuré toute l’importance pendant son rôle de sparring-partner — pour, entre autres, Fils, Mensik, Tien et Fonseca — lors du Masters Next Gen 2024.
Quand il est revenu (du Masters Next Gen), il frappait tellement fort.
« Quand il est revenu, il frappait tellement fort, a raconté, pour l’ATP, Andres Pedroso, coach de l’université de Virginie où évoluait alors Jódar. Je me demandais même si c’était raisonnable. J’en ai parlé avec son père (qui est son entraîneur) et il m’a dit : “S’il y a une chose que nous avons apprise, c’est que ces gars mettent beaucoup de puissance, prennent la balle tôt, et jouent de façon très offensive.” »
Un retour, d'expérience à Jeddah, pour s’orienter vers le futur du tennis.