BNP Paribas Open : séance de rattrapage

11 mars 2024 à 15:50:23 | par Eli Weinstein

BNP Paribas Open : séance de rattrapage
Le BNP Paribas Open, à Indian Wells, a débuté depuis maintenant cinq jours. En effet, comme c'est le cas pour quelques rares tournois, le « cinquième chelem » démarre un mercredi en raison de tableaux de quatre-vingt-seize joueurs et joueuses. Du coup, décalage avec le papier du lundi. Et de fait, séance de rattrapage, au cas où vous auriez loupé des infos.

La première info qui est tombée à l’occasion du premier Masters 1000 de 2024 était bien évidemment le forfait de Rafael Nadal. L’Espagnol, qu’on n’avait plus revu depuis sa bataille (perdue) de 3h26, en quart de finale du tournoi de Brisbane face au régional de l’étape Jordan Thompson, était arrivé tôt en Californie (tout comme Novak Djokovic, ils ont même voyagé ensemble),

de manière à pouvoir s’adapter tranquillement aux conditions et au décalage horaire. Il avait aussi une petite obligation du côté de Las Vegas, où il affrontait Carlos Alcaraz à l’occasion du match d'exhibition, le Netflix Slam. En l’observant durant cette défaite, on pouvait constater qu’il ne se déplaçait pas de manière très fluide. Puis le 7 mars, la nouvelle est tombée : Nadal forfait ! Dans la foulée, les connaisseurs du tennis (Vincent Moscato, Denis Charvet et beaucoup d’autres de la même trempe...) ont annoncé que ça y est, il est « rôti ». Nadal n’était tout simplement pas prêt pour disputer Indian Wells. Abandonner en étant mené 5-2 sur Raonic ? Plutôt crever ! Que tous les grands spécialistes se rassurent, « Monsieur 14 Roland-Garros » s’entraîne sur terre et a bel et bien l’intention d’être à Roland !

Après son bye du premier tour, comme c’est le cas des 32 têtes de série (des fois, on se demande pourquoi ne pas faire un tableau complet de 128 plutôt que de donner trente-deux byes, mais bon), Coco Gauff affrontait notre Clara Burel au deuxième. Sur le papier, on se dit : « Fin d’aventure californienne pour Clara ». Et c’est en effet ce qu’il s’est passé. Mais dans l’extrême douleur pour l’Américaine. Elle était d’abord menée 6-2 2-0, puis 4-0 dans la dernière manche avant de réussir à « remontader » et à s’imposer 7-6. Certes, cela reste une défaite pour Clara Burel, mais que c’est encourageant pour la 47e joueuse au monde, qui compte déjà cette saison 7 victoires sur le circuit principal, soit 3 fois plus que l’an dernier au même moment ! A un mois de la rencontre de Billie Jean King Cup, c’est de très bon augure.

La vraie/fausse petite soeur de Stefanos Tsitsipas

En parlant de bon augure, on peut aussi déjà saluer la performance de Diane Parry qui est toujours en lice dans ce WTA 1000 et qui, après avoir disposé de Martina Trevisan au premier tour, puis de Leylah Fernandez au 2e, voit se dresser face à elle, non pas Jessica Pegula comme on pouvait l’imaginer, mais bel et bien Anna Blinkova. Il ne s’agit pas de dire que ça va être « finger in the noise » (ref Koh-Lanta pour ceux qui l’ont), mais juste qu’a priori, il vaut mieux jouer la 45e mondiale plutôt que la 5e. Atteindre ce stade de la compétition est un record pour Diane. et si jamais elle était amenée à poursuivre l’aventure, elle serait opposée à la gagnante du match entre Maria Sakkari et Caroline Garcia.

La 26e joueuse mondiale, qui galère en 2024 - ce n’est un secret pour personne -, a remporté son entrée en lice face à la Bulgare Viktoriya Tomova et s’apprête donc à affronter la joueuse grecque pour la septième fois. Garcia reste sur trois défaites consécutives face à « Sakk attaque », alors qu’elle avait gagné leurs trois premières confrontations. Battre à nouveau la vraie/fausse petite soeur de Stefanos Tsitsipas serait exactement le boost de confiance dont « Caro » a besoin. Et puis, si Garcia et Parry s’affrontaient en huitième, cela serait synonyme d'une présence française en quart de finale à Indian Wells, ce qui n’est plus arrivé depuis 2017 et la demi-finale de Kristina Mladenovic. Un autre temps …

Il n’y a pas que chez les femmes que ça rigole. Les hommes français sont également en forme. Ils sont quatre au troisième tour : Ugo Humbert, Arthur Fils, Gaël Monfils et Adrian Mannarino. Tous jouent cette nuit et tous ont un challenge colossal à relever. Humbert est peut-être le mieux loti face à Tommy Paul, mais l’Américain aura le soutien du public et on sait que les « Ricains » jouent très bien quand ils sont à la maison. Arthur sera confronté à Casper Ruud. Il faudra, en plus d’être entreprenant, faire preuve de réussite face au mur norvégien. Adrian Mannarino affronte Grigor Dimitrov, l’un des hommes en forme de ce début de saison (avec Ugo Humbert). Il s’agira de leur cinquième confrontation et, pour le moment, Adrian a toujours terminé second face au Bulgare. Le dernier Français (but not least) est super Gaël Monfils. 

Le match des mamans

Pour atteindre le troisième tour, Gaël a d’abord dû se défaire de l’Australien Max Purcell (6-1 6-2 en 1h10), avant d’affronter et de dominer le redoutable Polonais Hubert Hurkacz. Face au 1,96 m de Wroclaw, le 1,93 m parisien a livré un premier set parfait. 6-0 ! La dernière bulle collée au huitième joueur mondial remontait à sa défaite face à Novak Djokovic en demi-finale du Masters 1000 parisien en 2021. Monfils va maintenant affronter un autre joueur « pénible » en la personne du gaucher britannique Cameron Norrie. Jusqu’à ce jour, « La Monf » a toujours trouvé la solution face au vainqueur 2021 d’Indian Wells : trois victoires et zéro défaite. Pourvu qu’ça dure !

Dans le tableau féminin, il y a un match qui me dérange, c’est celui qui doit se disputer entre Angelique Kerber et Caroline Wozniacki. De base, je ne suis pas fan de la Danoise et encore moins de ses comebacks en mode « J’ai encore le niveau pour dominer toutes ces joueuses ». Je trouve que cela relève d’une arrogance qui ne m’étonne pas du tout venant d’elle. Mais force est de constater qu’elle m'a donné tort jusqu’à maintenant. Pour Kerber, même histoire. Elle aussi a pris du temps off pour devenir maman et souhaite maintenant retrouver le circuit, son niveau de jeu et, accessoirement, un peu d’oseille. C’est un budget les couches ! Je félicite ces deux jeunes mères, mais je trouve que c’est tout sauf un compliment pour le circuit féminin. Pouvoir arrêter trois ans, revenir, disputer quasi instantanément l’US Open et atteindre les huitièmes de finale comme l'a fait Wozniacki est un aveu de faiblesse du niveau général. Mais cela n’enlève rien à leur mérite. Il s’agira de la seizième rencontre entre les deux joueuses. La première remonte à... 2008 et Kerber mène huit à sept.

Un dernier mot sur le circuit féminin et plus précisément sur Ons Jabeur. Depuis le début de l’année, la Tunisienne n’y arrive pas. Il y a bien évidemment une raison derrière cela et, en l’occurrence, il s’agit de son genou droit qui lui pose problème. C’est un souci « tendocartilageux ». Une gêne/blessure qui n’est en rien aidée par la violence des démarrages et changements de direction sur les surfaces dures de début de saison. La situation a tendance à s’améliorer sur terre et gazon. C’est tout le mal qu’on lui souhaite.

Pour finir cette séance de rattrapage, petit cocorico pour la potentielle future paire olympique Mahut/Roger-Vasselin. Les Français connaissent un début de saison compliqué, avec seulement trois matches gagnés à leur actif à leur arrivée en Californie. Au premier tour se présentaient face à eux Davidovich-Fokina/Mies, et victoire 11-9 au super tie-break. Ouf ! Au deuxième tour, ils pensaient s’attaquer à la paire tête de série n°1 du tournoi, composée des numéros un mondiaux Bopanna/Ebden, mais ces derniers ont été surpris par les Belges Gille/Vliegen. C’est donc un deuxième tour légèrement plus « jouable » pour les Français à qui on pense fort ! Let’s gooooo !!

Bonne nuit blanche à tous.

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