On peut dire que Novak Djokovic a réussi son retour à la compétition. Avec 2 titres en deux semaines, le Serbe devient le recordman du pourcentage de matches gagnés en carrière. Cette nouvelle pole position le rapproche du titre honorifique de GOAT, alors que Roger Federer s’en éloigne inexorablement.

Pour ne rien vous cacher, je comptais écrire mon article d’aujourd’hui sur la naissance de l'enfant du couple Nadal. Puis je me suis posé la question : que vais-je écrire ? Je suis tout de suite tombé sur un article où le journaliste souhaitait bonne chance à ce nouveau-né et remettait en question publiquement le choix du prénom - Rafael donc - donné à ce bébé. J'ai trouvé cela tellement intrusif et malpoli que j’ai décidé de changer totalement mon sujet du jour pour évoquer le pourcentage de matches gagnés de Novak Djokovic et celui de Rafael Nadal (je parle bien du père en l’occurrence). J’en profite quand même pour glisser un bon vieux « mazel tov » des familles à Rafa et Xisca et surtout longue et saine vie au petit Rafaelito.

Mais revenons donc à nos (deux) moutons qui sont Novak Djokovic et Rafael Nadal. Le premier nommé enchaîne les victoires en tournoi. Il y a huit jours, pour son retour sur le circuit, il s’était imposé à Tel-Aviv. Il a enchaîné la semaine dernière avec l’ATP 500 d'Astana au Kazakhstan, au cours duquel il a successivement battu Cristian Garin, Botic Van de Zandschulp, Karen Khachanov, Daniil Medvedev (il a abandonné à 1 set partout) et Stefanos Tsitsipas. 

Il faudra prendre une bonne pincée de celui-ci.

Cette deuxième victoire consécutive en tournoi en 15 jours est un fait assez rare dans une carrière de joueur de tennis, même lorsqu’il s’agit de Novak Djokovic. La dernière fois qu’il a réellement réalisé un exploit du genre remonte à l’automne 2015, avec ses victoires consécutives à Pékin et Shanghai. En 2016, il était parvenu à remporter le BNP Paribas Open à Indian Wells et Miami dans la foulée. Cependant, l’enchaînement n’est pas aussi direct car les têtes de série rentrent tardivement dans le tableau de Miami, ce qui leur laisse presque une semaine entre les deux tournois.

Bref, Novak a créé l’exploit. En premier lieu, cela lui permet de sceller sa qualification pour le Masters de Turin. Il s’agira de sa 15e participation à cet événement tellement prestigieux dont il s’est déjà emparé du titre à cinq reprises. Mais la victoire en finale à Astana face à Tsitsipas a aussi permis au Serbe de s’emparer, sans doute temporairement, d’un record qui est tout sauf anodin. Car lorsqu’on mettra tous les records nécessaires dans la marmite pour déterminer qui est le GOAT, il faudra prendre une bonne pincée de celui-ci qui a une vraie valeur. Il s’agit tout simplement du record de pourcentage de victoires sur tous les matches disputés en carrière.

Actuellement, Novak Djokovic possède un ratio de victoires/défaites de 1022/205 ce qui donne un pourcentage de 83,292 %. Lorsqu’on regarde de plus près le classement de ce record, on s’aperçoit que le deuxième est Rafael Nadal avec une quarantaine de victoires en plus (44 pour être précis), mais aussi neuf défaites supplémentaires, soit un ratio de 1066/214 et donc un pourcentage de 83,281 % ! Leur pourcentage de matches gagnés après avoir été pro pendant 19 ans pour Novak et 21 pour Rafa est ainsi quasi égal, à 0,011 % près !

Plus ça va et plus ses records tombent.

C’est un truc de malade. Tu m’étonnes qu’avec des chiffres comme ça, il soit impossible de déterminer qui est le GOAT. A moins qu’on se dise tout simplement que 83,292 % est juste supérieur à 83,281 %. A titre indicatif, le reste du classement des meilleurs ratios victoires/défaites se lit ainsi : 

-1 Novak Djokovic - 1022/205 83,292 % 

-2 Rafael Nadal - 1066/214 83,281 %

-3 Bjorn Borg - 654/140 82,367 %

-4 Roger Federer - 1251/275 81,979 %

-5 Jimmy Connors - 1274/283 81,824 %

Dans cette quête incessante de l’identité du GOAT, la seule chose qu'on est capable de faire de plus en plus est d’éliminer Roger Federer de la course. Plus ça va et plus ses records tombent. Alors bien évidemment, tout n’est pas histoire de record. Il y a aussi un impact inchiffrable qui peut entrer en jeu et très certainement qu’à ce niveau-là, Roger devient quasiment intouchable. Mais si on reste dans le concret, alors force est de constater qu’ils ne sont plus que deux à prétendre au titre honorifique de meilleur joueur de tous les temps.

Et comme on est dans le concret, j’en remets une petite couche (sans vouloir faire de jeu de mots) pour à nouveau souhaiter la bienvenue à Rafael Jr., ainsi que tous mes vœux à celles et ceux qui ont fêté leur anniversaire le 8 octobre dernier.