Novak Djokovic et Nick Kyrgios nous ont privés d’une finale de rêve

11 juil. 2022 à 12:13:02

Novak Djokovic a remporté son 7e Wimbledon en dominant Nick Kyrgios en quatre sets. Le Serbe a profité de son expérience dans ce type de rendez-vous pour mieux gérer les moments-clés. Cependant, on n’a pas eu droit à un match électrique en raison d’une « bromance » toute fraîche.

Jusqu’à l’Open d’Australie 2022, il existait une certitude dans le monde du tennis : Nick Kyrgios et Novak Djokovic ne passeraient jamais leurs vacances ensemble. La relation entre les deux était publiquement mauvaise, essentiellement en raison d’un Nick Kyrgios assez agressif sur les réseaux sociaux ou dans les médias, avec des déclarations de ce type : « Peu importe combien de Majeurs Novak gagnera, il ne sera jamais le plus grand pour moi. J’ai joué deux fois contre lui, j’ai gagné à chaque fois. S’il ne peut pas me battre, il ne peut pas être le plus grand de tous les temps. » 

Ou encore au moment de « l’explosion » du Covid qui coïncidait avec l’Adria Tour organisé par Novak Djokovic. Durant ces matches d’exhibitions, de nombreux joueurs invités avaient été testés positifs au Covid, suite à un non-respect hallucinant des règles de distanciation sociale.

 

Il y a aussi eu cette sortie de l'Australien qui avait fait couler beaucoup d’encre : « Djokovic ? Il a une obsession maladive avec le besoin d'être aimé. Il veut être Roger. Il veut tellement être aimé que je n'arrive pas à le supporter. Ça en devient embarrassant. Il dit toujours ce qu'il pense devoir dire, il ne donne jamais son opinion. Sa célébration me tue. Si je l'affronte et que je le bats, alors je ferai sa célébration devant lui. Ça serait hilarant, non ? »

Le Serbe n’avait jamais remporté le moindre set.

En retour le Serbe, bien plus habile en communication, n’a jamais vraiment ouvertement attaqué Kyrgios, tout en lâchant tout de même des phrases du genre : « Je l’ai déjà dit, je pense qu’il fait du bien au sport. Il est différent. Il gère son tennis, sur le court et en dehors, à sa manière, authentique. Chacun a la liberté et le droit de s’exprimer comme il l’entend. Je le respecte pour son tennis. Je pense qu’il est très talentueux, il a un jeu très costaud et il a prouvé par le passé qu’il avait les armes pour battre les meilleurs joueurs du monde. Mais en dehors du court, pour être honnête, je n’ai pas beaucoup de respect pour lui. Je n’en dirai pas plus. Je n’ai pas d’autres commentaires à faire sur lui, sur ce qu’il dit ou sur ce qu’il essaie de faire. »

Bref, pas « les meilleurs amis du monde ». En plus de cela, jusqu’à la finale de l’édition 2022 de Wimbledon - celle à laquelle les Russes n’étaient pas autorisés à participer, mais remportée par une Moscovite chez les dames (hmm hmm) -, le face-à-face entre les deux penchait étonnamment en faveur de l’Australien. Avec deux victoires et aucune défaite face à l’un des trois meilleurs joueurs de tous les temps. Pire encore. Le Serbe n’avait jamais remporté le moindre set. 

Alors l’idée de les voir s’affronter dans une finale de Grand Chelem, qui plus est à Wimbledon, « terre de Djokovic », faisait saliver. Surtout qu’en termes de déclarations en mode « provoc », Kyrgios, avant Wimbledon, avait aussi lâché : 

Voir les deux en finale de « Wimb », dans un match qui pouvait ressembler au Kyrgios-Tsitsipas, aurait été phénoménal. Mais Nick Kyrgios avait déjà tout gâché en envoyant un message de soutien à Djokovic, lors du Djokogate avant l’Open d’Australie.

« Je suis du genre à agir. Je me suis fait vacciner pour les autres et par rapport à la santé de ma mère, avait estimé Nick Kyrgios via cette publication sur Twitter. Mais je pense que la façon dont est gérée la situation de Djokovic est mauvaise, très mauvaise. Malgré tous les gros titres, il reste un de nos plus grands champions et, à la fin, il est humain. Il faut faire mieux. »

Un happy end à l’eau de rose.

Du coup, la relation entre les deux s'est apaisée. Malin comme un singe, Novak Djokovic a sauté sur l’occasion, à quelques heures de la finale londonienne, pour réengager publiquement leur relation, adoucissant encore un peu plus les choses. Kyrgios a plongé. Voici l’échange :

« Il t'aura fallu cinq ans pour arriver à dire quelque chose de sympa sur moi », a plaisanté Djokovic sur le réseau social.

« C'est vrai, mais je t'ai défendu quand cela comptait », a répondu Kyrgios,

« Tu l'as fait et j'ai apprécié cela », a répliqué Djokovic. 

« Alors on est copains maintenant ? », a rétorqué l'Australien. 

« Si tu m'invites à boire un coup ou à dîner, j'accepte. Et le vainqueur de demain (la finale de dimanche) paiera », a conclu le Serbe. 

« Vendu. Allons dans une boîte de nuit et faisons les fous ! »

Et voilà comment un match qui aurait pu se disputer dans des conditions génialissimes, avec de la haine entre deux joueurs surdoués, a tourné à un happy end à l’eau de rose.

Bravo tout de même aux deux pour leur tournoi et surtout à Novak qui s'est rapproché des 22 titres en Grand Chelem de Rafael Nadal, avec ce 7e Wimbledon, son 21e Grand Chelem.

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