Le numéro 1 mondial, Novak Djokovic, ne cesse de monter en puissance. A une semaine du 2e Grand Chelem de l’année (il n’a pu disputer le 1er en raison de sa non-vaccination), le Serbe affiche sa plus grande forme cette saison. Idéale pour aborder un Grand Chelem avec, pourquoi pas au bout, un 21e titre. Mais gare à ne pas laisser l’enjeu dépasser le jeu.

Après avoir empoché son 38e titre en Masters 1000, à Rome, Novak Djokovic a prononcé les mots suivants : « Je me sens bien sur le court. Mentalement aussi. Je suis frais. Je suis vif... Il était important pour moi de gagner un gros titre. Tout ce que je cherchais vraiment ici à Rome, je l'ai eu. C'est le type parfait de préparation et d'approche avant Roland Garros. Oui, vraiment, je ne pouvais rêver mieux... »

Tu m’étonnes ! Novak Djokovic va arriver à Roland-Garros au sommet de sa forme. Le Serbe vient de remporter le premier titre de sa saison, en battant Stefanos Tsitsipas en finale à Rome. Djoko s’est imposé 6-0 7-6, mais il a quand même sauvé une balle de 5-1 pour Tsitsipas au second set. Après ça, le trou d’air s’est dégonflé : Novak a d’abord débreaké à 3-5, puis a égalisé 5-5, 6-6 avant de s’imposer au tie break. 

C'est à la fin du bal, qu'on déterminera qui est le GOAT.

Le Masters 1000 de Rome réussit traditionnellement bien à Novak Djokovic. En 16 participations, il a soulevé le trophée du champion 6 fois, celui du finaliste 6 fois également.  Il n’a jamais quitté le tournoi avant les quarts de finale et n’a perdu que 10 matches sur 74 disputés. Bref, Rome lui va si bien.

Mais le titre romain est presque anecdotique, autant pour les fans de tennis que pour Novak Djokovic, même si bien sûr, ce dernier ne l’admettra jamais. Car nul doute que le réel objectif n’est pas Rome, ni Madrid, ni Belgrade mais bel et bien Roland-Garros. Au point où en est Novak Djokovic, seuls les Grands Chelems comptent. Le record dans la catégorie reine est bien celui qui va, à la fin du bal, déterminer qui est le GOAT.

Pour le moment, Rafael Nadal est seul avec 21, grâce au titre un peu inattendu décroché à Melbourne. Mais au jour d’aujourd’hui (Jean-Pierre Bacri, de là-haut, si tu me lis …), il faut bien se rendre à l’évidence que Novak Djokovic est, comme on dit, chaud patate ! La même chose ne peut pas vraiment être dite sur son meilleur ennemi, Rafael Nadal, sur qui plane un ENORME point d’interrogation quant à son état de santé et plus précisément son pied, qui l’a empêché de défendre correctement ses chances face à Denis Shapovalov à Rome.

Mais revenons à Novak. Il va arriver à Roland-Garros dans une situation totalement inédite. En effet, le Serbe n’aura disputé que 16 matches en 2022. Pour vous donner une idée, en 2021, il en était à 23, et 28 en 2019. Il sera donc muni d’une fraîcheur inconnue à Roland-Garros. Ajoutez à cela le fait qu’il est en phase ascendante et d’un coup d’un seul, le numéro 1 mondial devient un des grands prétendants au titre parisien.

Il subit/domine la pression depuis qu’il a mis les pieds sur un terrain de tennis.

Mais. Et oui, il y en a toujours un. Quelque chose pourrait-il venir enrayer la destinée pré-écrite de Nole à Roland-Garros 2022 ? Bien évidemment. Rien n’est jamais acquis. Surtout lorsque plane la menace Rafael Nadal. Si l’Espagnol est en capacité de jouer, alors ce sera un problème pour Djoko, et pour tout le monde d’ailleurs. Mais je pense que celui qui sera le plus dangereux pour empêcher Novak d’égaliser les 21 titres de Rafa en Grand Chelem est... Djokovic. 

Bien sûr qu’il est habitué à jouer avec la pression. Il la subit/domine depuis qu’il a mis les pieds sur un terrain de tennis. Au début, c’était pour épater ses parents, puis pour battre les autres petits Serbes, puis pour les compétitions internationales de jeunes, puis lors de ses premiers pas sur le circuit pros où il était « attendu », et enfin aujourd’hui avec ce record honorifique mais tellement important. On l’a vu céder sous la pression en finale de l’US Open. C’est vrai que ce jour-là, c’était encore plus grand, car il avait l’occasion de réaliser le Grand Chelem calendaire, tout en dépassant Nadal et Federer. Certes, les enjeux ne seront pas aussi herculéens la semaine prochaine, mais cette occasion d'égaliser avec Rafa et de décrocher « Rodge » est trop belle pour ne pas la saisir à fond.

Encore faut-il être en pleine possession de ses moyens et ne surtout pas se laisser dépasser par l’enjeu.