2020 s'achève (ce n'est pas trop tôt !) et, comme à chaque fin d'année, l'ATP distribue ses « awards » pour mettre à l'honneur les uns et les autres. Les nommés sont désormais connus et voici mes votes

Ouf ! 2020 se termine.

Il va falloir vite oublier cette année de -----. Mais avant de l'enterrer et de la mettre au placard pour de bon, je vais vous dire, catégorie par catégorie, pour qui je voterais dans les différents « awards » distribués par l'ATP. C'est aussi l'occasion pour vous de voir si vous êtes d'accord avec moi ou pas. Petite précision : j'ai toujours raison ! On y va.

La première catégorie est celle du « Comeback Player of the Year » : le joueur qui revient d'une grosse blessure et qui se refait une place tout là-haut parmi les meilleurs sur le circuit.

Les nommés sont : Kevin Anderson, Andrey Kuznetsov, Vasek Pospisil et Milos Raonic.

Blessé au genou droit, Kevin Anderson a déclaré en septembre 2019 qu'il mettait un terme à sa saison. Sportivement, il s'était arrêté à Wimbledon et totalisait 5 tournois. Il a repris début 2020 pour une année pourrie avec 10 victoires pour autant de défaites. Son meilleur résultat : demi-finale à Vienne. La belle affaire. Va falloir mettre plus de paillettes dans ma vie, Kevin, si tu veux que je vote pour toi. 
Eloigné des courts depuis 3 ans pour une blessure à la hanche, Kuznetsov a enfin repris à l'occasion de l'US Open. On est content pour l'ancien 39e mondial, de là à être « Comeback player of the year », faut pas pousser non plus…
Euh ??? Il fait quoi, lui, dans cette catégorie ? Certes, Pospisil a longtemps été blessé, mais son retour à la compétition, il l'a effectué en juillet 2019… Alors sinon, en 2020, il a atteint 2 finales en 250 et a co-animé une émission pendant le confinement 1. Sinon rien. Ah si, il a aidé Novak Djokovic à fonder le PTPA, syndicat dissident qui sert à … rien. Désolé Vasek, mais tu n'auras pas mon vote.
Pour Milos, la notion de comeback est également ambiguë. Mais si elle est identifiée, alors ses résultats tout au long de la saison prouvent qu'il mérite cette distinction. Il termine avec une demi-finale à Paris. Et avant cela, il y a eu une finale à Cincinnati, deux autres demies et un quart de finale à Melbourne. Ça me fait mal, mais je vote pour Milos !

Ne figure pas sur cette liste

La deuxième catégorie est celle du « Most Improved Player of the Year » : le joueur qui a atteint un classement élevé et qui a démontré une réelle évolution durant l'année dans son niveau de jeu et dans les résultats obtenus.

Les nommés sont : Ugo Humbert, Andrey Rublev, Diego Schwartzman et Jannik Sinner.
Il nous a bien fait plaisir cette année, Ugo. Comme ça, on pense à ce point de mutant remporté sur Medvedev à Hambourg et à sa victoire au courage sur Tsitsipas à Bercy. Ugo sera bientôt le porte-fanion du tennis masculin français. Il a tout, tennis, mental, attitude, pour remporter des grands titres. J'aurais voté pour lui s'il n'y avait pas eu Rublev. Mais j'y crois de ouf !
Avec plus de titres remportés cette année que Novak Djokovic, Andrey Rublev est obligatoirement le joueur avec la plus grosse progression en 2020. Grâce à ses cinq titres, il s'est qualifié pour le Masters, où il aurait sans doute pu mieux faire, mais il est arrivé un peu carbo à Londres. Il reste néanmoins comme le joueur de 2020. Mon vote est pour lui sans conteste. 
Diego, alias El Peque (le petit), a également fait briller son 1m66 (au mieux) en se qualifiant pour les « ATP Finals » de Londres. Sa victoire sur Rafael Nadal à Rome, suivie de celle sur Dominic Thiem à Roland-Garros, ont scellé son statut de cador sur terre battue. Mais pas que. Diego (bien évidemment baptisé ainsi en l'honneur d'El Diez) a atteint la finale à Cologne et n'a perdu qu'en quart à Bercy.
L'Italien sera numéro 1 mondial, c'est certain. Sinner est doté d'un talent hors norme. Sa main si exceptionnelle lui permet des demi-volées de sa ligne de fond. Il sert très bien et envoie du lourd des deux côtés. Mentalement, c'est un roc alors qu'il n'a que 19 ans. A Roland-Garros, c'est le seul qui a inquiété Rafa dans ce quart de finale historique qui a démarré à 23 heures. Même s'il s'est incliné en 3 sets, il avait le break dans les deux premiers. Son année s'est achevée par un titre à Sofia. Comme pour Ugo, il y a Rublev, mais quel joueur ! Habituez-vous à lui, celui-là est là pour un bout de temps.

Que vient faire John Millman dans cette liste ?

La troisième catégorie est celle de « Newcomer of the Year » : il s'agit du joueur NextGen qui a intégré le Top 150 pour la première fois en 2020 et qui a eu le plus grand impact sur le circuit.

Les nommés sont : Carlos Alcaraz, Sebastian Korda, Lorenzo Musetti, Jurij Rodionov, Emil Ruusuvuori, Thiago Seyboth Wild.
Ces six joueurs sont tous très talentueux. Si je ne devais en retenir qu'un, ce serait l'Italien Lorenzo Musetti qui, à l'occasion du Masters 1000 de Rome, a montré qu'il était bien plus qu'un espoir, en battant coup sur coup Stan Wawrinka et Kei Nishikori. Le garçon ne s'appuyait pas sur une wild card. Il est passé par les qualifs à la régulière et ne s'est incliné qu'à son sixième match. Mais pourtant, mon vote n'ira pas vers lui. Celui pour lequel je vote ne figure pas sur cette liste et je me permets donc de le rajouter : il s'agit de Hugo Gaston. Le Français a fait tourner les yeux de la terre entière vers Roland-Garros, lorsqu'avec son statut de wild card, il a failli sortir Dominic Thiem après être revenu de deux sets à rien pour tenter de se qualifier pour les quarts de finale. Rappelons que deux jours avant, il avait battu Stan Wawrinka en cinq sets, en s'offrant le luxe de coller une bulle dans la 5e manche au vainqueur 2015 et finaliste 2017 de Roland-Garros. « Stanimal » a littéralement explosé physiquement face aux amorties redoutables de Gaston. Alors même s'il est encore seulement aux portes du Top 150, c'est Hugo mon « Newcomer of the year ». Pas vous ?

La quatrième catégorie est le « Stefan Edberg Sportsmanship Award » : le joueur qui, durant toute l'année, s'est conduit avec le plus haut niveau de professionnalisme et d'intégrité physique et qui a montré du fairplay de bout en bout sur et en dehors du court.

Les nommés sont : Rafael Nadal, John Millman, Diego Schwartzman et Dominic Thiem.
Alors là, je ne vais pas m'étendre. Comme Rafa est dans la liste, ça sera lui pour la bonne et simple raison que c'est Rafa. J'essaie juste de comprendre ce que vient faire John Millman dans cette liste, mais j'ai du mal à trouver. Donc si vous avez la réponse, n'hésitez pas à me la communiquer.

La dernière distinction est celle de « Coach of the Year » : ce titre revient à l'entraîneur qui a emmené son joueur au plus haut niveau de performance durant l'année.

Les nommés sont : Gilles Cervara (Daniil Medvedev), Juan Ignacio Chela (Diego Schwartzman), Nicolas Massu (Dominic Thiem), Riccardo Piatti (Jannik Sinner), Fernando Vicente (Andrey Rublev).

Pas facile de les départager. Mais si je m'en tiens aux critères, alors je suis obligé de voter pour Fernando Vicente qui a quasiment tiré le maximum d'Andrey Rublev. Ceci dit, Gilles Cervara arrive en très proche deuxième. Le doublé Paris/Londres réalisé par Daniil Medvedev est un exploit en soi. Mais au vu des résultats du Russe auparavant, ses deux victoires sont clairement dues aussi à l'intervention de son coach, qui lui a fait prendre conscience de ses capacités et l'a empêché de s'égarer dans ses pensées parasites. Mais bon, ce qu'a produit Rublev, et par extension Vicente, est bien trop dur à égaler.

Voilà, vous savez tout. A vous de jouer.