Gagner en allant contre sa nature, ou perdre en restant fidèle à soi-même ? Presque une question qui pourrait mener des élèves à faire chauffer leurs méninges en pleine canicule dans une salle pleine pendant le bac de philo. Karolína Muchová, elle, a fait son choix.
En demi-finale de Wimbledon, elle est passée à un point de la défaite – Coco Gauff ayant alors opté pour une amortie, manquée, sur une balle courte à 9-8 – lors d’une super tie-break où la tension a été palpable. Les deux femmes ont alterné l’excellent, et le médiocre. Compréhensible étant donné l’enjeu : une possible première finale sur le gazon du All England Club.
Si je devais perdre, ce serait en suivant mes principes : être agressive, venir au filet
« Émotionnellement, c’étaient les montagnes russes pour moi, a déclaré la Tchèque en conf’. Pendant un point je me sentais bien, je réussissais un coup gagnant, et le suivant je faisais une faute terrible. Dans ma tête, je me disais juste de continuer à frapper, que si je devais perdre, ce serait en suivant mes principes : être agressive, venir au filet. »
Malgré une première balle de match perdue, à 10-9, suite à une volée pas assez claquée ni croisée, elle a continué à attaquer. Elle a fait le jeu avec son coup droit pour empocher les deux points suivants, et sa seconde qualification pour une finale de Grand Chelem après celle de Roland-Garros 2023, lorsqu’elle s’était inclinée 6-2, 5-7, 6-4 devant Iga Świątek.
Deux blessures aux poignets depuis sa première finale de Grand Chelem
Entre-temps, elle a été plus que freinée par deux blessures aux poignets. Une au droit ayant nécessité opération et neuf mois d’arrêt entre l’US Open 2023 et juin 2024 ; une au gauche l’ayant contrainte à jouer à une main en revers pendant une partie de la saison dernière.
Bien que privée de son revers frappé, elle n’est jamais descendue plus bas que 25e mondiale, et la voilà assurée d’être 6e ou 4e – soit son meilleur classement – lundi selon son résultat en finale face à sa compatriote Linda Nosková.
J’aime toutes les surfaces. Chacune d’elles permet d’utiliser des styles, armes et effets différents.
Un niveau maintenu grâce à un slice sabré à merveille, comptant parmi les meilleurs du circuit avec ceux de Barbora Krejčíková et Maja Chwalińska, et une faculté d'adaptation hors du commun due à son tennis complet. Raquette en main, il n’existe rien qu’elle ne sache faire.
« J’aime toutes les surfaces, a-t-elle expliqué jeudi. Chacune d’elles permet d’utiliser des styles, armes et effets différents. » Et ce toujours au service d’une philosophie d’attaquante, prête à passer son examen final à Wimbledon.
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