C̸’̸e̸s̸t̸ ̸c̸o̸m̸m̸e̸ ̸s̸i̸… Non, tuons dans l'œuf cette ébauche d’accroche. Rien ne peut être comparé au retour de Serena Williams en simple. Parce qu’aucune autre grande dame du tennis n’a une armoire à trophées aussi rutilante que la sienne dans l’ère Open.
23 titres du Grand Chelem en solo¹, 5 Masters, l’or aux Jeux… S. Williams a le plus beau palmarès de l’histoire, avec Steffi Graf. Seul l’exploit ultime, le Grand Chelem – accompli par Maureen Connolly en 1953, Margaret Court en 1970 et une Graf également dorée en 1988 – lui fait « défaut »².
À 44 ans, la petite sœur de Venus pourrait tranquillement passer sa vie sur des transats de plages idylliques réservés au nom de « GOAT ». Mais non. La revoilà, affûtée, à s’imposer l’intensité des entraînements que le haut niveau exige. Pourquoi ? Pour combien de temps ? Avec quelles ambitions ? Elle-même n’a sans doute pas toutes les réponses à ces questions.
Ce dont elle est sûr, c’est de vouloir retrouver le plaisir de la compétition ; l’ambiance des grands stades ; les émotions inconnues de la plupart des êtres humains, celles qui laissent un vide à bon nombre de sportifs professionnels une fois tout cela derrière eux. Un passage à la retraite qu’ils appellent « la petite mort ».
Elle m’a demandé si ça me manquait. Je lui ai répondu : “Pas du tout”. Elle m’a alors dit : “Moi, si. Chaque jour qui passe”.
« Elle m’a demandé si ça me manquait, a raconté Andy Murray pour la BBC, au sujet d’une conversation avec S. Williams à Miami l’an passé. Je lui ai répondu : “Pas du tout”. Elle m’a alors dit : “Moi, si. Chaque jour qui passe”. » Finalement, l’appel des courts a été trop fort. Mais elle refuse de céder à quelconque forme de pression.
« Je n’ai pas besoin de gagner, s’est-elle exprimée au Queen’s, où elle a disputé le double avec Victoria Mboko. J’ai déjà plus gagné que la plupart des gens dans toutes leurs vies. Je dois continuer à me le rappeler. Je n’ai rien à prouver, ni à perdre. Ce n’est que du bonus. »
En 2004, à 47 printemps, Martina Navrátilová, elle aussi invitée à Wimbledon, avait passé un tour³ avant de s’incliner ensuite en trois sets pour ajouter un dernier chapitre à sa légende. Celle d’une autre des « GOATs ».
Sans vouloir faire de comparaison, évidemment.
1.Margaret Court gagné 24 titres du Grand Chelem, mais 13 d’entre eux sont antérieurs à l’ère Open
2. Serena Williams a toutefois réalisé deux fois le Grand Chelem à cheval sur deux saisons : de Roland-Garros 2002 à l’Open d’Australie 2003, puis de l’US Open 2014 à Wimbledon 2015.
3. Martina Navrátilová est la plus âgée à avoir gagné un match en simple dans l’ère Open