Davidovich Fokina : libéré d'un poids pour viser encore plus haut

4 juil. 2026, 20:45:00 | par Mathieu Canac

Alejandro Davidovich Fokina est arrivé à Londres fatigué, mais libéré d'un poids. Fini le palmarès vierge de titre ; après plusieurs échecs douloureux en finale, il a soulevé son premier trophée. De quoi le libérer d'un poids et atteindre, dans la foulée, la deuxième semaine de Wimbledon pour la première fois de sa carrière. En cherchant à viser de plus en plus de maîtrise de la tension lors des instants décisifs de ses matchs.

Lorsqu’un pilote de montgolfière souhaite prendre rapidement de l’altitude, il lâche du lest. Non pas en bazardant un sac par-dessus la nacelle, mais en le vidant de son sable, rassurez-vous. Sinon, le pauvre passant poissard se trouvant en dessous risquerait une mort à terminer dans les Darwin Awards.

D’un naturel semblant humble, Alejandro Davidovich Fokina n’est pas homme à prendre la grosse tête au point de s’envoler. Mais il a un point commun avec l’aérostat : il s’est libéré d’un poids, ce qui pourrait lui permettre d’aller encore plus haut. Et il a déjà commencé à faire en atteignant son premier huitième de finale à Wimbledon.

Premier titre sur le circuit principal

Qualifié sans perdre un set, il est arrivé à Londres fort d’un titre, à Majorque. Une joie qu’il n’avait jamais connue auparavant sur le circuit principal ; une véritable délivrance après cinq finales perdues. La première avait eu lieu à Monte-Carlo en 2022 ― où il avait éliminé le n° 1 mondial, un certain Novak Djokovic — face à Stéfanos Tsitsipás, les quatre autres l’an passé. En étant parfois passé à deux doigts du Graal.

À Delray Beach et Washington, contre Miomir Kecmanović et Alex de Minaur, il avait mené 5-2 dans le dernier set. En se procurant deux balles de match sur le service du Serbe, et trois sur celui de l’Australien. À Acapulco, il avait cédé face à Tomáš Macháč, qui cherchait lui aussi à ouvrir son palmarès, malgré une occasion d’empocher la manche d’ouverture avant de s’écrouler, 7-6⁶, 6-2.

Libéré d'un poids, pour tendre vers une meilleure gestion des émotions

Si le niveau de jeu était là, la gestion des émotions a (trop) souvent flanché dans les moments importants. ADF lui-même a ouvertement identifié ce secteur comme un point faible par le passé. Au troisième tour à Wimbledon en 2024, battu 10-8 au super tie-break par Holger Rune après avoir mené 8-5, il avait tenté un service à la cuillère à 8-8. Par peur, comme il l’avait confié avec des mots plus colorés : « Je me suis ch** dessus. »

Encore 14e du classement ATP en février et actuel 23e, l’Espagnol a peut-être franchi un cap pour ambitionner le top 10 et rallier, à terme, un quart de finale en Grand Chelem. Avec davantage de sang froid lors des points cruciaux, pour « ralentir le temps » et voir la balle grosse comme un ballon.