Britannique. Telle était la nationalité de la totalité des invités pour le tableau principal messieurs de Wimbledon lors des deux dernières éditions. Cette saison, deux étrangers ont eu droit au ticket d’or : Stan Wawrinka et Grigor Dimitrov.
Pour le Suisse, triple vainqueur en Grand Chelem, c’est un cadeau mérité afin de faire ses adieux au tournoi le plus ancien de l’histoire alors qu’il vit l’ultime saison de sa carrière, les dernières émotions. Pour le Bulgare, c’est aussi une affaire de sentiments.
En servant, j’ai eu l’impression que mon bras était parti de l’autre côté du court.
L’an passé, sur le gazon londonien, Dimitrov et le monde du tennis, dont il est très apprécié, ont connu un véritable crève-cœur. Presque au sens littéral. « J’ai même cru que j’avais un problème au cœur », a-t-il expliqué fin mai, dans le talk-show UTS All on the table, pour décrire sa douleur. Celle ressentie contre Jannik Sinner en huitième de finale.
Alors qu’il menait 6-3, 7-5, 2-2 face au futur vainqueur, ses espoirs se sont envolés. Et pas que. « En servant, j’ai eu l’impression que mon bras était parti de l’autre côté du court, a-t-il expliqué. C’était comme si j’étais sorti de mon corps (out-of-body experience). »
Pectoral déchiré, rêve brisé
Sur l’engagement précédent, un « crack » était venu alerter ses tympans. Un son très similaire à celui entendu quelques jours plus tôt en déchirant la poche de son short. À tel point qu’il a d’abord cru que c’était de nouveau le cas. En réalité, un autre tissu avait commencé à céder. Un tissu musculaire, le grand pectoral droit.
Sur le point suivant, « sans savoir comment », il a claqué un ace, son 14e du match. Celui de trop, qui l’a laissé au sol, souffle coupé. Lui n’avait peut-être jamais aussi bien servi de sa vie
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Je servais bien plus fort que d'habitude, sans forcer.
« Je servais bien plus fort que d'habitude (207 km/h de moyenne en première balle contre Sinner) depuis deux matchs, sans savoir pourquoi, a-t-il rappelé. Sans forcer, c’était fluide, et puis… » Au sommet de son art, en mode « Dimitrofor », il est redevenu humain. Des larmes ont coulé.
Les siennes, mais aussi celles des âmes touchées par la peine d’un homme qui, à 34 ans, venait probablement de voir s’éteindre les dernières lueurs du rêve de sa vie : s’inviter parmi les immortels de son sport en remportant un Majeur.