Diane Parry, au-delà du beau jeu : « Maintenant, peu importe si elle doit taper avec le manche »

31 mai 2026, 11:34:00 | par Mathieu Canac

Gagnante d'un match épique — 6-3, 4-6, 7-6³ en 2h44 — contre Amanda Anisimova, Diane Parry a rallié la deuxième semaine d'un Grand Chelem pour la deuxième fois de sa carrière. Grâce, entre autres, à son amour du beau tennis renforcé par l'apprentissage du « jouer moche ».

Faire pousser une verrue de sorcière sur le nez de Cléopâtre. Ajouter une touche de « moche » sur du « beau ». Voilà l’un des axes de travail principaux de Diane Parry depuis plusieurs années. Payant. À 23 ans, à Roland-Garros, elle s’apprête à jouer son premier huitième de finale en Grand Chelem.

Tombeuse de la n° 6 mondiale, Amanda Anisimova — sa deuxième victoire contre une top 10 — au troisième tour, la membre de la #TeamJeunesTalents sait tout faire : slicer, lifter, volleyer, amortir, ralentir, accélérer… Une palette mise au service d’un style dépeint comme du « beau tennis ». Mais désormais, celle qui a rendez-vous avec la surprise Maja Chwalińska lundi peut aussi « jouer moche » ; essentiel pour franchir un cap.

Avant, elle recherchait un peu trop le beau tennis.

Julie Coin, coach de Diane Parry

« Que fait-elle mieux que par le passé ? » ; question posée à Julie Coin, coach de la Française, après le succès contre Anisimova. Réponse : « La petite erreur qu'elle faisait avant, c'est qu'elle restait sur des sensations mauvaises. Là, elle essaie de passer outre, de se débrouiller pour gagner les points, peu importe s'il faut taper avec le manche. Avant, elle recherchait un peu trop le beau tennis. »

Une évolution au long cours, commencée avec ses entraîneurs précédents. « Diane aime jouer “joli”, avait expliqué Gonzalo López Sanchis à 20 Minutes en 2022. En Espagne, on dit que si tu veux voir quelque chose de joli, tu vas au théâtre. Ici, il faut gagner. Elle doit apprendre à faire “la cuisine”, savoir utiliser toute sa panoplie, quand slicer, prendre un risque, remettre la balle. »

Diane essaie de faire du beau jeu parce qu’elle joue très, très bien.

Martin Vilar, ancien coach de Diane Parry

« Diane essaie de faire du beau jeu parce qu’elle joue très, très bien, avait quant à lui déclaré Martin Vilar, à L'Équipe, en 2024. C’est un plaisir de la regarder, mais par moments elle perd un peu sa concentration parce qu’elle essaie d’en faire trop. Parfois, il faut jouer juste pour gagner. Je la fais jouer d’une façon un peu moins “jolie”. »

Bien que freinée par plusieurs ces dernières saisons, Diane Parry semble sur la bonne voie pour se donner les moyens d’ensorceler n’importe quelle adversaire. En complétant encore son un jeu, dont la capacité à faire ce qu’elle veut de la balle se voit depuis toujours comme le nez au milieu de la figure.

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