« Rien ne sert de courir, il faut partir à point » ; bla-bla-bla… Sans vouloir remettre en cause le talent de Jean de La Fontaine, à côté duquel le mien ne serait même pas digne d’un Jean du Robinet, pourquoi choisir ? Pourquoi ne pas être à la fois lièvre et tortue ; courir tout en partant à point ? Aller vite, tout en avançant à son rythme dans la bonne direction. Ce que fait Ksénia Chasteau.
« Quand je ferme les yeux et que je rêve, je me vois gagner Roland-Garros. » Des mots prononcés lors d’une interview pour la FFT fin 2022. À cette époque, la membre de la #TeamJeunesTalents a 16 ans et ne pratique le tennis-fauteuil que depuis neuf mois. Trois années et demie après cette déclaration, la voilà déjà à une marche de son ambition onirique.
Tombeuse des 4e, 7e, et 3e de la hiérarchie planétaire — Aniek van Koot, Kgothatso Montjane et Li Xiaohui — la Française, classée 8e, va disputer sa première finale de Grand Chelem en simple. « Un grand merci (au public), votre soutien a eu un impact énorme, s’est-elle enthousiasmée sur le court Suzanne-Lenglen ce vendredi. Maintenant, on veut aller chercher la victoire. »
Diede de Groot, c'est la GOAT
Pour ce faire, Ksénia a rendez-vous, samedi, avec un monument : Diede de Groot, 23 Majeurs en simple, dorée à Tokyo en 2021, invaincue durant 145 matchs entre cette année-là et 2024. En deux duels, la Tricolore s’est toujours inclinée devant la Néerlandaise.
« Diede de Groot, c’est la GOAT, s’est exprimée Ksénia pour le podcast En roue libre, mi-mai. Au French Open Riviera (2025), elle m’a battue en trois sets. (...) Ça se joue à rien (contre les meilleures), et je pense que ça ne tardera pas à basculer dans mon sens. J’ose l’espérer. Je fais tout pour en tout cas, en travaillant énormément avec mon équipe. »
Avant de débarquer à Paris, elle affichait des face-à-face de 1-8 et 0-4 contre Van Koot et Li. Le vent a donc déjà commencé à tourner. Poussé par celui-ci, Chasteau, encore roseau à côté du chêne De Groot, pourrait bien réussir à faire plus que plier celle-ci. Et nous offrir le bonheur que le premier titre du Grand Chelem en simple du tennis-fauteuil féminin français ne soit pas une fable mais une réalité.¹
1 - Avant Ksénia Chasteau, Florence Alix-Gravellier a été la première Française à être finaliste en simple en tennis-fauteuil (Roland-Garros et US Open 2007, Open d'Australie 2010)