2021 c’était bien, 2022 sera mieux

27 déc. 2021 à 11:10:06 | par Eli Weinstein

La saison 2021 s’est achevée. Il s’y est passé beaucoup de choses. Voici un petit retour sur quelques moments forts.

S’il fallait ne ressortir qu’un nom de 2021, ce serait évidemment Novak Djokovic. Le Serbe, numéro 1 mondial, co-recordman de titres en Grand Chelem, n’était qu’à trois petits sets de réussir ce que personne n’a jamais réussi à faire : un Grand Chelem calendaire sur quatre surfaces différentes. 

Pourtant, chaque année, c’est la même chanson. On nous explique que la NextGen qui, au passage, approche la trentaine, va enfin prendre le pouvoir. A ce propos, je pense qu’il est temps d’arrêter de parler de NextGen. On ne parle pas de toute une génération montante en passe de prendre les rênes du circuit. Pas du tout. Andrey Rublev, Alex de Minaur ou encore Denis Shapovalov ne sont pas du tout en place pour succéder aux trois « gros ». 

En revanche, d’autres le sont et ont d’ailleurs débuté leur entreprise de déstabilisation. Je parle là du nouveau « Big 3 » : Daniil Medvedev, Alexander Zverev et Stefanos Tsitsipas. Eux sont des vrais rivaux pour l’ancien « Big 3 ».  Le Russe a perdu la finale de l’Open d’Australie face à Djokovic avant de prendre sa revanche en finale de l’US Open (on y reviendra). Le Grec menait 2 sets à rien face à Djokovic en finale de Roland-Garros. L’Allemand a privé Nole d’une possible médaille d’or olympique. 

Il n’empêche, arrivé en finale de l’US Open, Novak Djokovic n’avait toujours pas perdu un match en Grand Chelem en 2021. Et tous les Medvedev, Zverev ou Tsitsipas n’ont pu le stopper dans sa course vers le sacre ultime. En fait, le seul qui a réussi à l’arrêter a été : lui-même. Certes, il a perdu face à Daniil Medvedev en finale de l’US Open, anéantissant au passage son rêve de Grand Chelem. Mais ce jour-là, le Serbe n'a pu s'en prendre qu’à lui-même. Oui, Medvedev a très bien joué à New York sur le court Arthur Ashe, mais il a été grandement aidé par le patron, qui s’est littéralement fait dévorer vivant par l’envergure de l’évènement.

Emmanuel Macron « himself » aurait autorisé à ce que le combat aille à son terme. 

Tout ça pour dire que les « jeunes » arrivent, mais qu’ils ne sont pas encore arrivés. Concernant Novak, il est bel et bien là et il n’est pas près de s’en aller. Autant on sent vraiment que pour Roger Federer, ça se complique sérieusement d'un point de vue physique, et que pour Rafael Nadal les saisons complètes sont désormais à oublier, autant Novak Djokovic ne montre aucune faiblesse. La preuve est ce 6e titre à Bercy en fin d’année, où il a fait coup double, en détrônant le tenant du titre (Medvedev) pour prendre sa revanche de l’US Open. Tout ça en un match, qui plus est devant ses enfants : une première.

Ce qu’il a accompli en 2021 est tout simplement hors du commun. Dommage qu’il n’ait pas pu mettre la cerise sur le gâteau, mais ce plat qu’il a concocté restera tout de même gourmand, croquant et malin.

La saison de Rafael Nadal est beaucoup plus mitigée. Pas un titre en Grand Chelem. Même pas un petit Roland-Garros de rien du tout. Une élimination précoce à Monte-Carlo, un titre à Barcelone mais en bataillant dur face à un Tsitsipas déchaîné et fraîchement couronné à Monte-Carlo justement. A Madrid, Rafa s’incline en quart. Historiquement, c’est le Masters 1000 sur terre où il a le moins l’habitude de performer. Bien qu’il joue à domicile devant un public madrilène acquis à sa cause, la qualité de la terre, associée à l’altitude, fait que les conditions n’ont jamais convenu à Rafa. A Rome, il a ressorti la tête de l’eau en dominant notamment Novak Djokovic en finale. Et là, on s'est dit que tout allait redevenir normal, jusqu'à cette demi-finale de Roland-Garros entre les deux susnommés. Pendant 2 sets et demi, on a peut-être assisté à ce qui s'est fait de mieux en 2021 en termes de spectacle, rebondissements et niveau de jeu sur un match de tennis. Les deux joueurs étaient à leur meilleur niveau et au même moment. C’était tellement beau qu’alors que le match devait être interrompu pour cause de couvre-feu, Emmanuel Macron « himself » aurait autorisé à ce que le combat aille à son terme. 

La saison de Nadal s’est achevée ce soir-là. Il ne le savait pas encore, mais il ne ferait plus rien en 2021. Un déplacement inutile à Washington et retour à la piaule pour mettre fin à la saison. On apprendra plus tard que déjà, face à Novak, il était diminué. L’élégance absolue de la part de Rafa est de n’avoir jamais rien dit et surtout de ne s’être caché derrière aucune excuse.

Concernant les chasseurs qu’on pourrait, pourquoi pas, appeler le « big trio », comme je l’ai mentionné, ils sont de plus en plus présents. Leur saison 2021 est homogène, même si Daniil Medvedev sort un peu du lot. C’est le seul à avoir remporté un titre du Grand Chelem, il a également atteint la finale de l’Open d’Australie, celle de Bercy et du Masters et, avec son équipe de Russie, a remporté la Coupe Davis (ou ce qu’il en reste). Le Russe s’est également saisi de la 2e place mondiale en début d’année - pour être précis en arrivant à Marseille, où il a d’ailleurs battu Pierre-Hugues Herbert en finale -, pour ne plus la lâcher. D’ailleurs, si les étoiles s’étaient alignées avec un peu plus de rigueur, Medvedev aurait même pu chiper la place de numéro 1 à celui qui devient doucement mais sûrement son pote : Novak Djokovic. 

Tricolorement parlant, ce n’était pas l’année la plus riche.

Stefanos Tsitsipas était à deux doigts de s’adjuger son premier Grand Chelem à l’occasion de Roland-Garros. Le Grec menait deux sets à rien face à Djokovic sur le court Philippe-Chatrier, avant que la pause pipi/changement de tenue/douche/café/Zoom avec ses potes à Belgrade de Nole ait le meilleur de lui. « Stef » faisait figure d’outsider favori à Paris, sans doute en raison de son titre acquis quelques semaines auparavant à Monte-Carlo, et de ce match en finale du tournoi de Barcelone, certes perdu mais dont beaucoup se souviendront, spécialement Rafael Nadal. Balle de titre tout de même pour le Grec. Pour revenir à Roland-Garros et pour la petite histoire, cinq minutes avant d’entrer sur le court, Tsitsipas apprenait le décès de sa grand-mère dont il était très proche. Il n’en a pas mentionné le moindre mot à l’issue du match, que ce soit sur l’estrade à l’occasion de la remise des prix ou en conférence de presse. La classe.

Zverev a, quant à lui, connu un été de tous les bonheurs avec sa médaille olympique. L’Allemand n’a pas uniquement dominé Novak Djokovic en demi-finale, mais il a également réussi à garder la tête froide pour délivrer, le lendemain, une performance de haut vol face à Karen Khachanov et s’adjuger l’or olympique. Dans la foulée, il a remporté le Masters 1000 de Cincinnati, avant de s’incliner en demi-finale de l’US Open, sa deuxième demi-finale en Grand Chelem de l’année après Roland-Garros. L’automne n’a pas non plus été dégueulasse pour l’Allemand avec la victoire à Vienne, la demie à Bercy et le titre au Masters. Propre. Ah oui, j’avais oublié le sacre au Masters 1000 de Madrid. Du coup, le printemps n’était pas à jeter à la poubelle non plus. 

Ces trois-là vont prendre de plus en plus de place en 2022.

Tricolorement parlant, ce n’était pas l’année la plus riche. Un seul titre bat pavillon français à l’issue de la saison, grâce à Ugo Humbert à Halle. Pour le reste, que des finales perdues : Gaston à Gstaad, Gasquet à Umag, Monfils à Sofia, et Herbert à Marseille. Il faut évidemment évoquer le coup d’éclat de Hugo Gaston (encore lui), à Bercy cette fois, où il s’est hissé en 1/4 de finale après être passé par l’épreuve des qualifications. En huitièmes de finale, il est mené 5-0 au 2e set par Carlos Alcaraz, avant de réaliser - comment on dit en espagnol déjà ? -, ah oui, une remontada (de ouf, comme on dit en français) ! Puis contre Medvedev, en quart, il a eu trois balles de set, mais le conte de fées s’est arrêté là.

Les meilleurs résultats français sont venus en double avec le doublé Roland-Garros / Masters pour Nicolas Mahut et Pierre-Hugues Herbert. A Roland, la paire a eu un parcours incroyable, revenant de nombreuses fois du diable Vauvert. Avant un sacre majestueux sur le court Philippe-Chatrier, où ils ont réussi à faire pleurer tout le monde. Au Masters, c’était beaucoup moins émotionnel, mais beaucoup plus performant. Ils étaient au-dessus du lot et ont réussi la semaine (presque) parfaite.

2021, c’était bien. 2022, ça sera mieux !

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