Le coaching, encore le coaching !

12 nov. 2021 à 12:15:30 | par eli weinstein

A l’occasion des Next Gen Atp Finals à Milan, deux joueurs ont publiquement vendu les mérites du « coaching ». Du coup, les puristes sont scandalisés. Ils feraient mieux d’ouvrir les yeux plutôt que de se faire passer pour les pseudo-protecteurs du sport.

Cette semaine, ce sont les « Next Gen ATP Finals » à Milan. Le Masters des minots. Plutôt plaisant à regarder, avec ce court sans couloir qui rappelle forcément celui du « vrai » Masters qui se jouait au Madison Square Garden, à New-York. Pour les moins jeunes d’entre vous, comment oublier ce plan de la caméra principale dans l’axe du court, qui permettait d’avoir une si belle vue de ce plafond arrondi caractéristique de la salle ? 

Les matches se jouent en 3 sets gagnants, mais 4 jeux suffisent à remporter une manche. Du coup, forcément, ça va un peu plus vite. Mais pour une exhib, ce n’est pas désagréable. Le « No-let » a été abandonné, ce qui je pense est une bonne décision. Autant je suis pour l’innovation, le progrès, autant cette règle n’apporte selon moi vraiment rien au jeu. 9 fois sur 10, elle va désavantager le joueur au retour. Et franchement, un service qui fait let et qui va mourir derrière le filet donnant un ace, qui plus est, sur un point décisif, c’est moyen. En revanche, le « No-ad » ne me dérange pas. Accélération du jeu sans pour autant le dénaturer. Donc là aussi, tout va bien en ce qui me concerne.

Ces déclarations en ont ému plus d’un.

Puis il y a ce canal de communication ouvert en permanence entre le joueur et le coach. Je suis évidemment fan. Pas uniquement parce que j’aime être la petite souris qui entend ce que se disent ces deux-là, mais aussi parce que je suis tout à fait lucide sur ce qui se passe réellement pendant un match de tennis professionnel. Et là, on ne parle plus d’exhib. 

Sur le circuit ATP, le coaching n’est pas autorisé. Point barre. La communication n’est donc pas possible entre le joueur et son coach. Néanmoins, elle est bien là. De temps en temps, un petit warning tombe et là, tout le monde tombe des nues, comme si c’était la plus grande injustice que l’être humain ait jamais connue. Mais en réalité, ces avertissements épars sont nécessaires, car sans eux, cette règle passe de ridicule, ce qu’elle est aujourd’hui, à totalement débile !

Du coup, à la Next Gen, le choix a été fait d’autoriser la communication entre le coach et le joueur. Forcément, les joueurs aiment ça et le disent. Carlos Alcaraz a prononcé la phrase suivante après son match contre Holger Rune : « Pour moi, c’est une bonne chose. C’est toujours positif d’avoir une communication avec son coach. Il peut te donner des conseils sur le terrain, des détails que tu ne réalises peut‐être pas de l’intérieur, car tu es totalement concentré sur le jeu. J’aime ça, c’est une bonne chose. »  Lorenzo Musetti, s’est aussi exprimé sur la question : « Je ne comprends pas pourquoi il n'y a pas de coaching sur le court. C'est très utile. »

Ces déclarations en ont ému plus d’un, notamment mon ami Benoît Maylin :

 

Suite à ce tweet, j’ai fait quelque chose que je ne fais presque jamais, j’ai répondu sur Twiter :

 

Et dans la foulée, j’ai eu droit à cette réponse de la part de « We Love Tennis » :

 

 

Bien noté. Merci We Love Tennis de partager votre avis. Je pensais que vous étiez un média objectif se contentant de relater l’information. Visiblement non. 

Cela reste un match de tennis, pas le fait d'appuyer sur le bouton nucléaire.

Pour revenir au débat, qui n’en est pas vraiment un, tous les joueurs et joueuses de tennis font appel au dit coaching. En réalité, il s’agit juste d’échanges entre un joueur et son entraîneur. Ça peut être simplement des gestes ou bien des conseils tactiques distillés par ci, par là. Le coach ne rentre pas pour autant sur le court pour prendre la raquette. Que We Love Tennis ne s’inquiète pas, le joueur ou la joueuse doit tout de même affronter son adversaire et prendre des décisions seul.

Blague à part. Il faut cesser l’hypocrisie. Comment voulez-vous que deux personnes avec un rapport si fusionnel ne communiquent pas pendant 2 heures, alors qu’ils sont à moins d’un mètre l’un de l’autre et que ce moment est précisément ce pour quoi ils travaillent à longueur d’année ? Cela reste un match de tennis, pas le fait d'appuyer sur le bouton nucléaire. Il faut se détendre. Et une fois de plus, tous les joueurs et joueuses communiquent avec leurs entraîneurs respectifs pendant les matches. Partout, tout le temps et pour toujours. Donc autant l’autoriser, ne pensez-vous pas ?

Sinon, pour aller dans le sens des conservateurs réacs et un chouia démagos, ne faudrait-il pas alors tout simplement interdire l’accès au court à l’entraîneur ? Comme ça au moins, on est sûr qu’il ou elle ne parlera pas à son joueur ou sa joueuse.

Il suffit. Il faut être sérieux, lucide et stopper l’hypocrisie, une bonne fois pour toutes.

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