Des confirmations, des nouveaux héros, des retraites : en cette chaude période, certains ont su éviter le coup de froid là où d’autres se sont faits climatiser. Retour sur les moments forts d’une dernière trentaine entamée par une fin de Roland-Garros historique et qui s’achève par le début d’un Wimbledon indécis.

Le MVP du mois : Rafael Nadal

« Ce qui m’arrive cette année est complètement insensé. C’est très dur de décrire les sentiments que je ressens. Gagner encore, à 36 ans, sur le court le plus important de ma carrière, ça veut dire tellement… » Alors, extraterreste, le Rafael Nadal ? Définitivement, sans aucun doute. Après des semaines entières passées à serrer les dents et à vivre sur un seul pied, le droit, le gauche ayant été totalement insensibilisé à grands coups d’infiltrations, l’Espagnol a réussi à glaner début juin le vingt-deuxième majeur de sa vie et à soulever le quatorzième Roland-Garros de sa carrière, ouvrant au passage la porte d’un fantasme : un Grand Chelem calendaire, ce qui serait une première depuis celui réussi par Rod Laver en 1969. Le taureau de Manacor, qui suit depuis semaines un nouveau traitement visant à engourdir les nerfs de son pied blessé, sera forcément surveillé de près dès cette semaine, à Wimbledon, où il ne s’est plus imposé depuis 2010. Novak Djokovic l’attend au tournant : que la bataille continue.

 

L’exploit du mois : Iga Swiatek

Autre exploit, un peu éclipsé par celui réussi par Nadal, mais presque aussi énorme. Aux Internationaux de France, Iga Switaek, 21 ans, a bouclé sa saison sur terre avec un clair et net 16-0 et a glané le deuxième titre de sa carrière à Paris. La Polonaise a fait honneur à son statut de favorite et a anéanti toute forme de concurrence, dévorant tout ce qui a osé se présenter sous son nez et ne laissant filer qu’un petit set en sept tours. En 2022, la numéro 1 mondiale est toujours aussi effrayante, elle qui n’a plus perdu depuis le 16 février dernier et qui reste sur six titres consécutifs. Oui, rien que ça. 

 

La surprise du mois : Tim van Rijthoven

205e mondial, invité et… vainqueur, tout simplement. De passage sur les pelouses de l’ATP 250 de ‘s-Hertogenbosch, Tim van Rijthoven a étonné son monde en allant au bout du tournoi alors qu’il n’avait jusqu’ici connu qu’un seul succès sur le circuit principal (face à Salvatore Caruso, à Rotterdam, début février 2022). Sur sa route, Matthew Ebden, Taylor Fritz, Hugo Gaston, Félix Auger-Aliassime et Daniil Medvedev, bluffé après les gifles reçues en finale (6-4, 6-1) par un type devenu le joueur le plus mal classé à remporter un tournoi depuis Nicolas Mahut en 2013 : « C’est ta première finale dans un tournoi ATP et tu détruis directement le numéro 2 mondial en deux sets. Ça doit être un sentiment sympa ! » C’était le Showtim(e) Rijthoven !

 

La retraitée du mois : Monica Puig

28 ans seulement, mais déjà les raquettes rangées au fond du placard. Victime de blessures à répétition, Monica Puig a décidé d’abandonner et de mettre un terme à une carrière sublimée par une médaille d’or obtenue aux Jeux Olympiques de Rio, en 2016. « Ces dernières années, j’ai essayé de retrouver mon meilleur niveau, a commenté la Portoricaine, grimpée au 27e rang mondial à la fin du mois de septembre 2016. J’ai fait tout ce qu’il était possible, mais je suis arrivée à un point où mon corps me dit stop. J'en ai vu de toutes les couleurs pendant deux ans et demi, avec trois opérations. Il y a eu beaucoup de larmes, beaucoup de nuits où je me disais que c'était foutu. C'est le tennis qui me quitte, mon corps n'est plus capable d'être compétitif au niveau auquel où on voit évoluer les meilleures aujourd'hui. J'ai l'impression que la vie me prend quelque chose de très important. Je perds la chose que j'aime le plus au monde mais d'autres portes s'ouvrent. Profitez de chaque moment car en clin d'œil, tout peut disparaître. » Tout, mais pas une médaille d’or olympique.

 

Le come-back du mois : Serena Williams

Absente des terrains depuis 363 jours et son abandon au premier tour de l’édition 2021 de Wimbledon, Serena Williams est de retour et l’Américaine, désormais âgée de 40 ans, ne vient pas seulement à Londres pour cueillir des paquerettes : « Si je disais que je n’ai jamais eu de doute sur le fait de revenir, je serais malhonnête. Oui, j’ai eu des doutes. J'aime le tennis, j'aime toujours jouer. Sinon, je ne serais pas là. Mais j'aime aussi ce que je fais en dehors du court. Je n'ai pas pris ma retraite, j'avais besoin de me soigner physiquement et mentalement. Je n'avais pas de projet. C'est juste que je ne savais pas quand j'allais faire mon retour et dans quel état je reviendrais. » Place à l’histoire. 

 

Les larmes du mois : Alexander Zverev

Un peu moins d’après, les images sont toujours aussi difficiles à regarder. Après avoir bousculé Rafael Nadal au cours de trois heures étouffantes, Alexander Zverev a vu sa cheville craquer sur un mauvais appui lors de sa demi-finale de Roland-Garros. Résultats : des pleurs, un abandon, une sortie en béquilles et une opération dans la foulée pour le jeune allemand, dont la suite de la saison s’écrit désormais en pointillés. Terrible.

 

Le Français du mois : Gabriel Debru

Il n’a pas encore le droit de voter, mais son palmarès est déjà garni d’un prestigieux trophée. Du haut de ses 16 piges, Gabriel Debru soulève la coupe de Roland-Garros chez les juniors et voit plus loin. Son prochain objectif ? Le bac, bien sûr ! « Imaginons qu'au tennis, je n'y arrive pas. Il faut avoir un moyen d'y arriver dans la vie, donc déjà avoir le bac. Et qui sait, après, peut-être continuer mes études, envisage le Grenoblois, qui a connu son premier succès chez les professionnels à 15 balais. Je ne sais pas où la vie me mènera en fonction de mes résultats, de mon classement ATP et je ne me pose pas trop de questions. » Même pas celle de faire le doublé chez les jeunes à Wimbledon avant de passer définitivement dans l’autre cour ?

 

Le coup de pompe du mois : Emma Raducanu

Mauvais résultats, méformes et maintenant blessure… À Nottingham, Emma Raducanu doit déclarer forfait dès son entrée en lice en raison de douleurs au côtes malgré son statut de tête de série numéro 2 et voit son titre époustouflant à l’US Open s’éloigner comme s’il avait été décroché il y a dix ans. Heureusement qu’il y a la publicité pour penser à autre chose et pour se transformer en coach de Dua Lipa !