Félix Auger-Aliassime : "Ça devait être effrayant d'affronter Roger Federer quand il était à son summum"

16 juin 2021 à 19:10:00 | par Mathieu Canac

Félix Auger-Aliassime :
Finaliste à Stuttgart la semaine passée, Félix Auger-Aliassime enchaîne sur le gazon allemand. Au deuxième tour de l'ATP 500 de Halle, le Canadien de 20 ans s'est offert Roger Federer, son idole d'enfance.

 

D’après un concept majeur de la psychologie humaniste, nous avons tous en nous, plus ou moins enfoui selon chacun, un enfant intérieur qu’il faut savoir écouter. Ce mercredi après-midi, Félix Auger-Aliassime s’est évertué à faire l’inverse. Pour son premier affrontement avec Roger Federer, l’idole de ses années cartable et cour de récréation, le Canadien avait pour but de ne pas le regarder avec les yeux du môme en admiration. Sinon, aucune chance de faire tomber le monument. “Ces matchs sont très motivants, plus que d’autres parfois, a-t-il reconnu en conférence de presse avant d’affronter le Suisse. Mais je me concentre plus sur moi-même que sur le Félix âgé de 8 ans, qui rêvait de disputer ce genre de rencontre.”

Quand “FAA” avait 8 ans, l’Helvète affichait un palmarès déjà long comme le bras d’un géant, et 27 printemps. Neuf années plus tard, le natif de Montréal a eu le privilège de découvrir l’homme derrière le modèle. “Je suis allé m'entraîner deux semaines à Dubaï avec Roger Federer en décembre 2017, a-t-il rappelé lors du podcast Sans restriction en avril 2020. Il est très humain, très relax. Malheureusement, à la fin, je me suis blessé. À cette époque-là, je n’avais pas de physio qui voyageait avec moi. Roger avait le sien, donc il m’a invité chez lui pour que celui-ci me fasse des massages, des traitements etc. Le gars est une légende, mais malgré tout il n’a pas la grosse tête. Il est très humble. C’est vraiment la vérité, je ne dis pas ça pour faire beau dans les journaux. La façon dont il parlait à ma sœur ou à mon père ; il restait simple."

“Relax”, Félix Auger-Aliassime a d’abord eu du mal à l’être totalement devant Roger Federer sur le court de Halle. Certes, il a légèrement dominé le début de partie en se procurant les deux premières balles de break grâce à un plan bien en place. “Si je veux me donner des chances de gagner, je vais devoir contrôler les points que je peux contrôler, en commençant par mon service, avait-t-il expliqué en amont du duel. Je dois aussi essayer de dicter les échanges, jouer avec mon coup le plus fort sur son coup le plus faible (le revers) pour l’exposer (à des attaques), et le faire bouger.” Mais, semblant un peu tendu dans les moments importants, il n’est pas parvenu à les convertir. À l’inverse, son illustre adversaire, dès le jeu suivant, à 4/3 en sa faveur, a fait le trou sur sa seule occasion du match. Malgré deux balles de débreak à 5/4 le Québécois a perdu l’acte initial.

"Oui, j'ai été un peu nerveux"

Oui, j’ai été un peu nerveux, a-t-il admis à la sortie du terrain. J’ai perdu le premier set 6/4, mais je sentais que je jouais et servais bien ; presque parfait. Donc j’ai continué à croire en moi.” Là où beaucoup auraient alors un peu flanché, lui a persévéré. Et, en dépit de trois nouvelles opportunités manquées après avoir mené 40-0 sur le service du surnommé “Fed” à 2/1 dans la deuxième manche, il a fini par trouver la clef. À 3/2, sur sa 9e balle de break, il a enfin pris l’engagement de son rival du jour. Une fois la porte ouverte, il a tracé son chemin jusqu’à la ligne d’arrivée. Empochant le deuxième round 6/3, il a rapidement pris les devant le troisième. 4/0, puis 5/1 avant de finalement s’imposer 4/6 6/3 6/2 en 1h45. “C’est une victoire incroyable, s’est-il exprimé, sourire jusqu'aux oreilles, à la sortie du court. Comme pour beaucoup de jeunes de ma génération, Roger était mon idole quand j’étais enfant.

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C’est un immense honneur de jouer contre lui, a-t-il poursuivi en se montrant toutefois lucide sur le fait de ne pas avoir défié le ‘grand’ Federer. Plus jeune, je ne pensais pas avoir cette chance, parce que je croyais qu’il aurait arrêté avant que j’arrive sur le circuit. Il avait déjà tellement de titres du Grand Chelem quand j’étais enfant. C’était difficile aujourd'hui (mercredi). À la fin du premier set, je me suis dit que ça devait être effrayant de l’affronter quand il était à son summum, numéro 1 mondial.” Grâce à ce succès de prestige, son premier face à un membre du Big 3, l’actuel 21e mondial a confirmé son aisance sur le gazon allemand, tout en continuant à lever des fonds pour le projet #FAAPointsForChange. Finaliste à Stuttgart la semaine passée, le voilà en quarts de finale à Halle face à Marcos Giron. Son but : soulever un premier trophée sur le circuit principal.

Au point où j’en suis dans ma carrière, j’essaie d’aller toujours plus loin et d’obtenir de meilleurs résultats”, avait-il déclaré après son entrée en lice réussie contre Hubert Hurkacz. Battu par Marin Čilić le week-end passé, il a buté pour la 8e fois sur la dernière marche menant au sacre. Sans jamais remporter le moindre set. De quoi laisser craindre un certain blocage psychologique dans les finales. “Je n’ai pas affronté une finale, j’ai affronté Marin Čilić, a-t-il néanmoins assuré après la défaite. Ce sont deux choses différentes. Oui, pendant certaines finales je n’ai pas joué mon meilleur tennis. Mais cette-fois, j’ai senti que j’en étais proche. Il a simplement été meilleur que moi sur l’ensemble du match.Habitué à voir le bon côté des choses, il a sans doute consience qu'avoir déjà disputé autant de finales avant même ses 21 ans - il est né un 8 août, comme Roger Federer - est déjà une performance extrordinaire. Une de celles dont le Félix de 8 ans est probablement très fier.

 

 

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