3 histoires magiques du tennis

17 févr. 2023 à 10:00:34 | par Eli Weinstein

A l’occasion du tournoi ATP 250 de Delray Beach, en Floride, le Croate Matija Pecotic, classé 784e mondial et « alternate » en qualifications, a décroché sa place pour le 2e tour du tableau final en battant Jack Sock. Voici son histoire, ainsi que deux autres exemples de contes de fées.

Matija Pecotic : Investisseur immobilier et vainqueur de Jack Sock !

Après 2h10 de match, le Croate Matija Pecotic s’est qualifié pour le 2e tour du tableau final de Delray Beach, en dominant Jack Sock, vainqueur du Rolex Paris Masters 2017, 4-6 6-2 6-2. OK, mais au fait, c’est qui Matija Pecotic ? Il s’agit du 784e joueur mondial, mais surtout du directeur de Wexford Real Investors LLC, groupe d’investissement immobilier situé à Palm Beach en Floride, à moins de 30 minutes du club où se tient le tournoi. Comme c’est pratique !

Pecotic a joué en universitaire aux Etats-Unis, avant d’entraîner à Harvard tout en obtenant un Masters (BAC +6) en business, rien que ça ! Il n’a jamais vraiment perdu le contact avec son sport de coeur. Sans vraiment y croire, il s’était inscrit en « qualifs » à Delray Beach comme joueur remplaçant, en cas de désistement de dernière minute. Le désistement a bien eu lieu et, à sa grande surprise, il a été convoqué. 

Sans pression aucune, il a d’abord battu l’Américain Stefan Kozlov, avant de dominer Tennys Sandgren pour s’offrir une place dans le tableau final et le droit d’y affronter Jack Sock. Ce dernier, malgré quasiment 10 kilos perdus depuis la trêve, n’a pu mettre fin au conte de fées absolu que représente le parcours du Croate.

Pour la petite histoire, son boss était en tribune pour assister à son match, plus simple pour justifier une absence prolongée du bureau : « Mon patron m'a laissé partir. Je vais devoir demander un jour de congé, maintenant... » A priori ça ne devrait pas poser trop de problèmes.

 

Et pour ceux qui se demandaient s'il était allé travailler avant son match de 18h, perdu face à Marcus Giron ...

 

Timea Bacsinszky : de l’hôtellerie à la demi-finale de Roland-Garros !

En 2002 et 2003, la Suissesse Timea Bacsinszky remporte le tournoi des Petits As. Un doublé historique réussi uniquement par, tiens tiens, une autre Suissesse : Martina Hingis. Le destin de Timea est tout tracé. Seulement voilà, un burn out va lui tomber dessus, la faute à un père - son « géniteur « comme elle le nomme - trop présent, souffrant du syndrome des « push parents ». 

En 2013, elle décide donc de tout plaquer pour se lancer dans l’hôtellerie suisse. Alors qu’elle était en stage, elle reçoit un email de Roland-Garros lui indiquant qu’elle a le classement nécessaire pour disputer l’épreuve des qualifications.  Elle se dit « warum nöd ? », comme on dit en suisse-allemand. Elle s’y inclinera, mais peu importe le résultat. Dans sa tête, elle est redevenue, ce jour-là, joueuse de tennis. 

Tout s’est ensuite enchaîné. En novembre 2013, elle est 293e mondiale. Dix-huit mois plus tard, au printemps 2015, elle dispute la première de ses deux demi-finales à Roland-Garros. La Suissesse finira par remporter quatre titres, disputer deux demies et un quart à Roland-Garros, ainsi qu’un autre à Wimbledon. Et le 9  mai 2016, elle intégrera pour la première fois le Top 10 mondial !

Marcus Willis : de prof de tennis au Centre Court de Wimbledon face à Roger Federer !

Ce Britannique avait fait une croix sur sa carrière, privilégiant de donner des cours particuliers dans un club en Angleterre pour 30 Livres de l’heure. En 2016, il s’est retrouvé face à Roger Federer sur le Centre Court de Wimbledon.

Cette année-là, en raison d’un forfait de dernière minute (tiens, tiens, encore une fois), Marcus Willis est invité à disputer non pas le premier tour du tableau de Wimbledon, ni celui de l’épreuve des qualifications, mais bel et bien l’épreuve des pré-qualifications propre à Wimbledon. Trois victoires plus tard, le prof du Warwick Boat Club se retrouve à sa grande surprise dans l’épreuve qualificative, la vraie, pour une place dans le tableau final du Grand Chelem Britannique. Et rebelote, Willis parvient à aligner trois succès qui, cette fois, lui ouvrent en grand les portes de Wimbledon ! Qu’espérer de mieux pour le joueur anglais qu’il est et qui, surtout, avait perdu tout espoir d’être un jour accrédité dans SW 17 ?! Face au 54e mondial, le Lituanien Ricardas Berankis, Willis aurait dû se faire remercier rapidement. Sauf que le vainqueur du match allait sans doute avoir ensuite le droit d’affronter le maître des lieux : Roger Federer « himself ». Cette carotte a suffi à Willis, qui s’imposa donc en trois sets, pour avoir cette chance de partager le court avec « dieu ». 

La « Cinderella Story » s’est évidemment arrêtée là, mais quel périple ! Pour la petite histoire, en qualif', il avait tout de même battu coup sur coup Andrey Rublev et Daniil Medvedev. Certes, c’était en 2016 mais « cômême » !

Des histoires comme ça, on en redemande. Elles sont aussi belles que rafraîchissantes. De vrais scénarios de blockbusters américains !

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