A l’issue de la première journée de la Laver Cup, des mots prononcés par Reilly Opelka ont été clairement entendus, lors d’un rassemblement improvisé autour du banc de l’équipe monde. L’Américain s’est fendu d’un narquois « Il a aussi dit qu’il était innocent » en référence à l’affaire Zverev. Une sortie plus que limite.

Lorsqu’on est sur un tournoi du circuit professionnel comme le Moselle Open, qui est une vraie compétition avec des vrais points, on n’a pas forcément le temps de s’intéresser à une exhibition. Certes, plus belle et mieux organisée que la moyenne (merci Roger), mais qui au final compte quand même juste pour du beurre. Néanmoins, un incident a attiré mon attention. 

A l’issue du double qui opposait John Isner et Denis Shapovalov à Matteo Berrettini et Alexander Zverev (match remporté par l'Américain et le Canadien), l’Allemand aurait lâché à John McEnroe, capitaine de la Team World, en lui serrant la main : « C’est le seul point que vous allez remporter ». Pas très élégant, chambreur, mais ça reste dans le thème. Pour la petite histoire, il n’avait pas tort…

Opeuu-la. ! Tu t’égares, Reilly. 

Dans la foulée, McEnroe a convoqué ses joueurs autour du banc et dans le feu de l’action, a alors eu lieu la scène qui suit :

Si vous tendez bien l’oreille, on entend très clairement Reilly Opelka rétorquer « Il a aussi dit qu’il était innocent ! ». Opeuu-la. ! Tu t’égares, Reilly. 

En prononçant ces quelques mots, l’Américain fait évidemment référence à l’affaire Zverev-Sharypova, dans laquelle le 4e joueur mondial est accusé par son ex, Olga Sharypova, de violences conjugales graves. Cette affaire relève du domaine du privé et n’a pas sa place à la fin d’un match de tennis, qui plus est sur le court. C’est une sombre histoire, qui ne m’intéresse pas plus que ça. Je ne prends pas position, même si j’estime que la personne, si elle dit vrai, devrait porter plainte.

Par contre, je vais prendre la défense d’Alexander Zverev. Non pas dans ses histoires extra-tennistiques, mais dans le fait qu’il ne devrait pas subir de telles attaques publiques sur des sujets qui ne nous regardent en rien du tout, Reilly Opelka compris.

Je ne sais pas ce qu’en pense Roger Federer

Lorsqu’il prononce ces mots, Opelka sait exactement ce qu’il fait. Car contrairement aux apparences, le grand barbu à la casquette est loin d’être bête. Je trouve cela tout à fait scandaleux. S'il avait chambré tennistiquement, aucun souci. Mais là, on est sur un sujet ultra touchy. D’ailleurs, Ben Rothenberg, le journaliste qui a sorti l’affaire et qui, depuis, en fait son cheval de bataille, peut en témoigner, vu qu’il est sous le coup d’un procès initié par Zverev qui en a eu assez d’être accusé par le journaliste. Rappelons qu’il n’y a aucune plainte officielle.

Bien entendu, celui-ci a tout de même sauté sur l’occasion pour en remettre une couche. 

Tout cela est surprenant. Je ne sais pas ce qu’en pense Roger Federer, mais je ne suis pas certain qu’il apprécie. On est censé être sur une fête du tennis. Il y a, certes, de la testostérone qui déborde d’un peu partout, et tant mieux, mais là, c’est sale.

À ceux qui me diront « Oui, mais Zverev a lui aussi balancé de la rumeur sur le fait que Tsitsipas communiquait par texto avec son père durant les pauses toilettes », je répondrai que certes, cette histoire n’excuse pas le comportement de Zverev vis-à-vis de Stefanos (que j’ai d’ailleurs condamné), mais je dirai aussi que ce n’est pas pour autant qu’il faut l’imiter, en allant bien plus loin dans l’arrosage du feu avec, non pas de l’huile, mais carrément du kérosène.

Bizarrement, rien n’a été mentionné sur le sujet dans les conférences de presse qui ont suivi. L’homme au 20 Grands Chelems (et aux béquilles) aurait-il passé des consignes de comm ?