Nick Kyrgios s'est incliné au 3e tour de l'Open d'Australie face à Dominic Thiem, non sans avoir mené deux sets à rien… Mais de l'avoir vu jouer a fait un bien fou !

 

Quel dommage. J'aime beaucoup Dominic Thiem. Je suis fan du joueur et de sa mentalité. Oui, il a pas mal de points communs avec Rafael Nadal dans l'état d'esprit, la débauche d'énergie et le tennis surpuissant, ce qui fait qu'il est somme toute logique pour moi de l'apprécier. Je ne suis pas non plus insensible à Nick Kyrgios. Comment l'être  ? Mais dans son extravagance, il peut me contrarier, m'énerver, voire m'inquiéter

Il aurait donc paru logique que je sois en faveur de Dominic Thiem pour leur 2e confrontation sur le circuit (la première était en 2015 à Nice, avec un abandon de Kyrgios à 4-3 dans le premier set). Mais pas ce coup-ci. Cette fois, je voulais que Nick Kyrgios sorte la tête de série numéro 3 du tournoi. Pas tellement pour voir Thiem rentrer à Vienne, non, c'était plutôt le souhait/désir de continuer à voir jouer l'Australien, qui est juste incroyable !

Feintes de service à la cuillère

Il a breaké Thiem d'entrée pour mener 1-0. C'est à ce moment qu'il a exulté en haranguant le public de manière un peu trop frénétique pour un premier jeu, surtout dans un match qui pouvait (et qui a) durer(é) longtemps (3h21). Justine Hénin, aux commentaires, expliqua tout de suite que son oncle lui avait toujours dit qu'il ne fallait pas en faire trop trop tôt. Visiblement, les Kyrgios et les Hénin n'ont pas exactement les mêmes valeurs. Etonnant. Sur ce coup-là, c'est tonton Hénin qui semble avoir raison.

Qu'importe. C'était bon de voir l'Australien avec une telle banane. Ça voulait dire deux choses. Tout d'abord, le fait qu'il soit de bonne humeur, jouant avec ses fans, était un signe évident que les choses, sanitairement parlant, allaient bien (jusque-là...). Cela prouve également que le tennis n'a pas perdu Nick Kyrgios pour toujours, qu'il est encore capable de faire de très belles choses sur un court de tennis et que l'intérêt qu'il génère ne se limite pas à ses envois de scuds sur Twitter.

Ce match, comme celui face à Ugo Humbert, était un régal à suivre pour toutes les raisons que vous savez. Services à la cuillère en pagaille, coups entre les jambes (utiles ou pas), fracassages de raquettes, prises de bec avec l'arbitre, feintes de service à la cuillère, doubles fautes avec 2e balle à 220km/h, ace sur 2e (parfois ça marche et là, ça surprend forcément), amorties sautées. Bref, c'est en le voyant jouer qu'on se rend compte à quel point il nous avait manqué.

Reverra-t-on Kyrgios en 2021 ?

Le problème est que Nick Kyrgios et public vont main dans la main. Si le génie de Canberra s'autorise une demi-volée entre les jambes pour finir un point, alors qu'une simple demi-volée aurait largement suffit pour gagner ce point, c'est parce qu'il sait qu'en tribune, ils vont adorer ça. Et inversement, si les spectateurs achètent (en masse) leur place pour voir jouer Kyrgios, c'est parce qu'ils savent qu'il va tenter des choses qu'aucun autre joueur (ou presque) ne tentera.

Du coup, reverra-t-on Kyrgios en 2021  ? La question mérite d'être posée. La réponse souhaitée est évidemment OUI  ! Mais rien n'est moins sûr, surtout si l'on s'en tient à ses dires  : «  Un Chelem sans spectateurs, c'est 100% sans moi  ». Donc si pour un Grand Chelem, c'est 100%, imaginez-vous un 250…

Thanks Nick, hope to see you soon.