Une victoire qui fait du bruit

11 nov. 2019 à 09:46:00

A l'autre bout du monde, l'équipe de France de Fed Cup par BNP Paribas a remporté, pour la 3e fois de son histoire, le graal du tennis féminin par équipes. Une victoire acquise grâce à la détermination et au talent de Kristina Mladenovic, conjugués à l'esprit de révolte que le monde entier nous envie.

Avant la rencontre, et au vu des résultats des unes et des autres, penser que l'équipe de France allait quitter l'Australie avec le trophée de la Fed Cup dans ses valises, n'était pas complètement inimaginable, mais c'était quand même loin d'être gagné. L'Australie, menée par une Ashleigh Barty fraîchement couronnée au Masters féminin et au sommet du tennis féminin mondial (la dernière fois qu'une numéro 1 mondiale a participé à une finale de Fed Cup remonte à 1998 avec Martina Hingis), renforcée par Ajla Tomljanovic tout juste autorisée à être sélectionnable, faisait forte impression à la veille de la compétition.

De son côté, l'équipe de France avait, certes, des arguments solides en double avec la victoire (2e en 2 ans) de Kristina Mladenovic au Masters à Shenzhen, mais en simple, il faut avouer que c'était beaucoup moins glorieux. Caroline Garcia n'a plus franchi un deuxième tour depuis le mois de juin et le tournoi de Majorque (quart de finale), soit 11 épreuves sans atteindre le troisième tour. Kiki, quant à elle, sort d'une saison moyenne en simple, bien qu'ayant montré des signes encourageants récemment. Alizé Cornet achève 2019 à la 60e place mondiale, à savoir son pire classement de fin d'année depuis 2011. Bref, pas de quoi se taper le cul par terre.

Caro a pris la foudre "bartiesque"

Et puis, le sort s'est mêlé à l'histoire, en déterminant que les hostilités seraient ouvertes par «  Mladé  » face à Tomljanovic qui, pour le coup, disputait le tout premier match de sa carrière dans cette compétition, avec le maillot de l'Australie sur le dos. Clairement atteinte par la pression des 13 000 spectateurs (bien que pas très bruyants, mais on y reviendra tout à l'heure), la cogneuse d'origine croate n'a jamais réussi à lâcher le bras. De l'autre côté du filet, l'effet était contraire. Kiki, aux origines serbes par ses parents, a réussi à produire un tennis de rêve, mettant la France sur les bons rails en terrassant son adversaire 6-1 6-1 en 1h12.

C'était ensuite au tour de Barty de prendre place dans l'arène, face à Caro Garcia qui avait le luxe de savoir que son équipe menait déjà 1-0. Ouf. Car ce n'était déjà plus le cas 12 jeux et 56 minutes plus tard. Caro a pris la foudre "bartiesque" en pleine face, sans jamais, comme Tomljanovic, réussir à lâcher le bras. Au terme de la première journée, 1 partout, la balle au centre.

Au début du second jour, c'est un événement extratennistique qui a lancé les hostilités. A l'occasion de la Marseillaise, l'équipe de France est passée outre le protocole, en se retournant pour faire face à ses supporters. Des supporters qui avaient été rejoints par toute la délégation française, placée, la veille, en tribune présidentielle. La raison de ce déménagement de dernière minute ? L'interdiction donnée par la fédération australienne aux supporters français d'utiliser leurs instruments de musique. La révolte était en cours. Pour la petite histoire, il semblerait que l'équipe australienne soit à l'origine de cette plainte, profitant du règlement de la salle pour tenter de faire taire le carré bleu de 200 personnes, qui avaient fait, le premier jour, bien plus de bruit que les 13 000 Australiens. Petit comme manœuvre. Et ceux qui connaissent la France, ce qui n'est visiblement pas le cas des Australiens, savent bien que si on oblige un Français à se taire alors qu'il estime être dans son bon droit en faisant du bruit, il y a de fortes chances qu'il en fasse encore plus.

Comme un air de déjà vu de 2016

Ce sentiment de révolte est peut-être aussi ce qui a permis à Kristina Mladenovic, sans aucun doute la grande héroïne du week-end, de sortir l'un des matches de sa vie face à la numéro 1 mondiale chez elle. Barty sortait, d'après elle, du «  meilleure match de ma carrière  » face à Caroline Garcia la veille. Pourtant, menée 1 set à rien, Kiki a su trouver les ressources nécessaires et profiter des conseils du capitaine et de Thierry Champion, pour venir à bout d'une Barty qui semblait intouchable avant que le match ne débute. 2-6 6-4 7-6.

A 2-1, il s'agissait maintenant de fermer le bal. A qui reviendrait ce privilège ? Julien Benneteau choisit Pauline Parmentier, et non Caroline Garcia, pour tenter de remporter le point de la gagne face à Tomljanovic. C'eut été trop beau si «  Popo  » avait pu offrir le titre à son pays, mais Tomljanovic, avec son tennis retrouvé, remit son équipe dans la course, en dominant logiquement la Française 6-4 7-5.

Comme un air de déjà vu de 2016, Kristina Mladenovic et Caroline Garcia étaient à nouveau réunies pour tenter de remporter le titre. Face à elles, Barty et Stosur. Malgré un break d'entrée sur le service de Garcia, les Françaises, lauréates de Roland-Garros en double (2016), ont dominé le match de bout en bout, ne laissant aucune chance aux Australiennes et à ses supporters, toujours aussi silencieux.

Tout au long de la semaine de préparation et même du week-end, les Australiennes ne s'étaient jamais, ne serait-ce qu'un instant, imaginées perdre cette rencontre. C'est sans doute pourquoi la médaille d'argent et la coupe de finaliste a eu l'effet d'une si cruelle désillusion sur Ash Barty. L'Australienne était inconsolable sur le podium.

Peut-être n'étaient-elles pas au courant qu'elle n'est pas née celle qui réussira à faire taire un Français  !

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