Lucas Pouille s'est qualifié pour les demi-finales de l'Open d'Australie en battant Milos Raonic en 4 sets. Cette victoire fait plaisir évidemment mais pour plusieurs raisons ...

C'est bon pour énormément de raisons. 

D'un point de vue  «  bleu blanc rouge  », cette demi-finale est la première apparition d'un joueur français dans le dernier carré d'un Grand Chelem depuis Gaël Monfils et l'US Open en 2016. Deux ans et demie ! On souffle. Rien que pour ça, merci Lucas.

En se qualifiant pour les demi-finales, le Français devient le septième à atteindre ce niveau de la compétition en Australie. Avant lui, il y avait eu, dans l'ordre, Patrick Proisy, Yannick Noah, Nicolas Escudé, Sébastien Grosjean et Arnaud Clément (sur le même match), Tsonga, re-Tsonga et donc Lucas. D'ailleurs, puisqu'on est dans les stats, l'Open d'Australie 2019 est le 31e Grand Chelem depuis l'ère Open (soit 203 tournois) avec un Français en demi-finale (merci Julien Reboullet).

Raonic renvoyé manger de la poutine avec du sirop d'érable

Une autre super raison est la manière avec laquelle Lucas Pouille a réussi à atteindre le « Final Four  ». Il a commencé par éteindre Kukushkin (jamais simple). Puis il a été ultrasolide mentalement face à Marterer. Une solidité mentale dans laquelle il a, à nouveau, puisé face à Popyrin contre lequel il menait 2 sets à 0 avant de se faire remonter, mais sans craquer dans le 5e. A suivi Borna Coric, face auquel Lucas n'a pas fait de complexe (4 sets). Puis Milos Raonic qui a été renvoyé manger de la poutine avec du sirop d'érable (4 sets aussi). 

Lucas arrive en demie, non seulement avec des garanties techniques et mentales, mais aussi avec une certaine fraîcheur. Et face à Novak Djokovic (qu'il n'a jamais joué), dieu sait qu'il va en falloir. Le Serbe s'est bien remis de sa «  battle  » face à Medvedev et ce n'est pas son match de 52 minutes et d'un set et demie face à Kei Nishikori qui changera quoi que ce soit. Ça n'empêche, on peut être optimiste pour ce match.

Le deuxième effet kiss cool

L'autre très bonne nouvelle est que la mayonnaise a plus que bien pris entre Lucas Pouille et Amélie Mauresmo. Oui, l'ex-numéro 1 mondiale est efficace. Mais ça, on le savait (Andy Murray, équipe de France de Fed Cup). Ce-coup ci, il faut aller plus loin. En reconstituant son «  team  », Lucas n'a pas juste pris Amélie Mauresmo, mais aussi Loic Courteau. La relation entre les deux hommes est très bonne. Une relation qui s'est faite au fil des années en Coupe Davis par BNP Paribas depuis l'arrivée de Courteau dans les bagages de Yannick Noah. Ils s'apprécient énormément et surtout, ils adorent s'affronter au backgammon.

La dernière raison pour laquelle cette victoire est délicieuse est parce qu'en face, c'était quand même Milos Raonic. Vous savez tous que je porte un amour inconditionnel à Milos. Donc déjà, quand je le vois sortir d'un tournoi,   c'est toujours une bonne nouvelle. Alors quand en plus, c'est face à un «  Frenchie  » c'est le deuxième effet kiss cool. Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, Roberto Bautista-Agut a, lui, été sorti hier. Le tournoi peut souffler, il n'aura pas la finale cauchemardesque Raonic-Bautista.

Il n'en reste plus que 4  : Rafa, Stefanos, Novak et Lucas. A partir de maintenant, on a le droit de rêver. Alors pour le «  Happy Slam  », je vous souhaite des «  happy dreams  ». Surtout à toi Lucas...