Une saison tennistique est forcément riche en souvenirs. Voici, pêle-mêle, ce qui m'a marqué en 2018 et surtout un focus sur un joueur qui a réalisé six mois d'excellence qui lui ont permis de reprendre sa place au sommet du tennis mondial.

Au moment où je vous écris ces quelques lignes pour faire un retour sur l'année 2018, les joueurs ont déjà attaqué leur préparation pour la saison 2019. Les premiers tournois de l'année démarrent dans exactement 15 jours. Je dois donc me dépêcher.

L'année 2018 a été, une fois de plus, pleine de moments tennistiques exceptionnels. Il y a eu la victoire de Federer à Melbourne, celle de Rafa à Roland (la 11e!) et, bien sûr, les victoires de Novak à Wimbledon et l'US Open.

En 2018, il y eu aussi le retour du  «  Rodge  »  (toujours lui) à la place de n°1 à l'occasion du tournoi de Rotterdam. Il n'avait pas prévu de le disputer. Et puis... comme, à la clé, il y avait l'opportunité de décrocher, à nouveau, cette place de numéro 1 qui lui est si chère, comme le directeur du tournoi, Richard Krajicek, est un ami... Les étoiles (sans oublier les 0 sur le chèque) étaient alignées pour qu'il puisse remonter sur la plus haute marche du podium, devenant au passage le plus «  vieux  » numéro 1 de l'histoire du tennis.

Il ne lui reste plus qu'à claquer une perf en Grand Chelem

A l'instar des autres années, 2018 a connu des victoires françaises avec Monfils à Doha, Simon à Pune et Metz, Pouille à Montpellier et Gasquet à 's-Hertogenbosch. Jo nous a manqué cette année, même s'il est revenu à la fin, mais c'était un peu trop tard. Quitte à parler des p'tits bleus, on ne peut pas ne pas mentionner la campagne de la défense du titre en Coupe Davis par BNP Paribas. La France a réussi l'exploit de disputer une 2e finale consécutive, mais n'a rien pu faire face à la redoutable équipe croate emmenée par Cilic et Coric. Revanche prise sur la Coupe du monde de football. Cette défaite marque aussi la fin de l'ère Noah 3.

En 2018, on a aussi vu la confirmation de la montée en puissance de Sascha Zverev. Le petit frère Z a remporté à nouveau un Masters 1000 (Madrid). Et en plus d'avoir défendu ses titres à Washington et Munich, il a fini en beauté en gagnant le Masters des grands (celui de la NextGen ayant été remporté par Tsitsipas). Il termine l'année 4e, comme en 2017. Il ne lui reste plus qu'à claquer une perf en Grand Chelem et il sera désormais difficile de lui trouver un défaut.

Mais pour moi, la vraie histoire de 2018 est celle de Novak Djokovic. Rappelez-vous. Après s'être incliné, à la surprise générale, en huitième de finale à Melbourne face à Chung, «  Nole  » subit une intervention chirurgicale au coude, en février, en Suisse. Il ne retrouve les courts qu'au moment d'Indian Wells, où il chute d'entrée face à  «  l'immense  »  Taro Daniel. La semaine suivante, au Masters 1000 de Miami, rebelote face à Benoît Paire. Suivra la tournée sur terre, qui sera, elle aussi, catastrophique et fera plonger le Serbe à la 22e place mondiale  ! 

Un exploit incommensurable

Au détail près qu'au mois d'avril, Novak Djokovic renouvelle son association avec Marian Vajda, son entraîneur historique. Celui qui l'avait emmené tout en haut. Il a fallu attendre deux mois, mais déjà à Roland, ce n'était plus le même. Je me souviens avoir discuté avec David Goffin qui me disait qu'à Indian Wells, la balle de Novak n'avait rien, mais que là, ça n'avait plus rien à voir. A Roland, certes, Djoko ne fait «  que  » quarts de finale. Mais justement, ce sont tout de même les quarts de finale  !

La suite est phénoménale. Défaite en finale du Queen's. Victoire à Wimbledon, avec notamment cette demi-finale historique (si vous avez un match à revoir ...) 10-8 au 5e sur Rafa. Victoire à Cincinnati, en battant Fed en deux sets en finale, mais surtout en réalisant le Golden Masters, à savoir remporter au moins une fois tous les Masters 1000  : du jamais vu, tout simplement ! Victoire à l'US Open en lâchant seulement deux petits sets (un au 1er tour, l'autre au 2e). Victoire à Shanghai. Finale à Bercy. Finale à Londres. 

A-HU-RI-SSANT ! Il était 22e après Roland-Garros. Il termine l'année numéro 1  ! Le fait d'être classé au-delà de la 20e place et, la même année, de finir n°1 est un exploit incommensurable. Novak est donc aujourd'hui au sommet du classement. A part un huitième à Melbourne et un quart à Roland, le Serbe n'a rien à défendre jusqu'au Queen's. Autant dire qu'il va pouvoir accroître son avance. Il en est aujourd'hui à 14 Grands Chelems. Où s’arrêtera t-il  ?

Réponse en 2019 ...