Paul-Henri Mathieu le ramasseur

26 sept. 2020 à 17:44:00

Pour faire un clin d'oeil aux 50 ans de la WTA, les organisateurs des Internationaux de Strasbourg ont désigné un ramasseur pas comme les autres pour la première rotation  du 2e tour entre Aryna Sabalenka et Anna Blinkova  : l'enfant du pays, Paul-Henri Mathieu.

Il faut que tu m'expliques comment tu t'es retrouvé à ramasser les balles pour Aryna Sabalenka et Anna Blinkova au 2e tour des Internationaux de Strasbourg...
Ça a fait un bon petit buzz, on en a beaucoup parlé, même aux Etats-Unis et en Australie ! J'ai reçu des messages d'amis là-bas. En fait, je connais bien Denis (Naegelen) et Jérôme (Fechter), et je leur ai filé un petit coup de main. Ils m'ont contacté il y a quelques jours en me demandant si, à l'occasion du 50e anniversaire de la WTA, je pouvais venir ramasser les balles durant un match en milieu de semaine. Et j'ai tout de suite accepté, car j'ai trouvé l'idée vraiment sympa.

Tu as fait tout le match  ?
Non, je n'ai fait qu'une rotation, comme les autres ramasseurs. Les joueuses et la WTA étaient bien entendu au courant, c'était pour moi la condition sine qua non, car je comprends bien que cela peut être perturbant. Au final, pour le tournoi, c'était sympa et aussi un clin d'oeil pour la WTA. 

Sabalenka m'a reconnu

Tu étais le seul joueur sur le terrain  ?
Oui. En tout cas, j'étais le seul à avoir répondu présent.

T'étais placé où sur le court  ?
J'étais au fond. En raison du protocole sanitaire, il n'y avait que trois ramasseurs. Je me suis donc bien assuré de ne pas être au filet car c'est celui qui rythme un peu le tout. J'étais au fond et j'ai fait une rotation de trente minutes, ce qui m'a permis de donner les balles aux deux joueuses.

Les joueuses ont fait attention à toi  ?
Sabalenka m'a reconnu, mais Blinkova s'en fichait complètement !

Elle t'a lancé un regard sympathique  ?
Non pas du tout, tu rigoles ! Je couvrais tout le fond du court tout seul. J'étais hyper concentré. J'avais peur de passer à travers sur certaines balles. De les envoyer pas assez ou trop fort. Et puis, les filles étaient dans leur match. C'est un tournoi officiel, ça fait hyper longtemps qu'elles n'avaient pas rejoué.

Il faut rester hyper focus

Et le public  ?
Il y avait un peu de public. J'avais demandé de ne pas me présenter, mais évidemment, ils ne m'ont pas écouté donc j'étais un peu gêné. Je faisais semblant de ne pas entendre, mais c'était néanmoins sympa car j'ai été applaudi en sortant du court. C'était bon esprit et en plus, j'étais à la maison. 

Ça fait quoi d'être dans la peau du ramasseur  ?
J'étais un peu tendu avant. Je suis passé sur le match précédent pendant deux ou trois jeux pour voir comment ça se passait. Mais je voulais surtout bien faire le job. Je ne voulais pas qu'elles attendent trop longtemps car, comme je te disais, j'étais tout seul et les balles partent un peu à droite à gauche. Il faut rester hyper focus.

Pas trop dur de ne pas être spectateur hyper bien placé ?
J'étais dans la peau du ramasseur, mais je regardais bien sûr et je profitais du spectacle. Il y a d’ailleurs eu de beaux points et je disais «  Bien joué  » à voix basse. Je me suis régalé, moi qui n'avais pas vu de tennis féminin en live depuis un petit moment. Et surtout, ça a permis de faire parler du tournoi en bien, ce qui est le plus important.

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