1978 : Le Coach Bollettieri

12 juil. 2023 à 18:38:13

Nick Bollettieri s'engage pour les enfants défavorisés

Peu de personnes ont autant transformé leur sport que Nick Bollettieri. Les dernières années de sa vie, avant son décès en décembre  2022 à l’âge de 91 ans, le vieil homme ne terminait pas une journée sans enchaîner quelques étirements, une poignée d’abdominaux et des exercices de soulever de poids de cinq kilos. Puis il allait se coucher et, ainsi qu’il le résumait en  2020 à l’USTA Foundation, se réveillait le lendemain prêt à reprendre le fil rouge de sa vie  : «  Mon esprit fonctionne 24 heures par jour avec un seul objectif : comment puis-je aider les autres à traverser des périodes difficiles ? Comment puis-je vous inspirer à accomplir tout ce que vous êtes capable de faire ? » Ainsi fonctionnait cet Américain né dans l’État de New York de parents immigrés italiens, entraîneur mythique connu pour avoir révolutionné à jamais l’enseignement du tennis au mitan des années 1980 entre les murs de son académie. Construite en  1978 sur seize hectares de champs de tomates à Bradenton, en Floride, elle a vu évoluer la plupart des champions de la fin du siècle dernier, d’Andre Agassi à Maria Sharapova en passant par Boris Becker, Monica Seles, les sœurs Williams, Tommy Haas, Mary Pierce, Jim Courier, Aaron Krickstein, Jelena Jankovic, Marcelo Rios ou  encore Anna Kournikova. Un jour, Bollettieri avait estimé à environ 180 le nombre de trophées du Grand Chelem remportés par ses élèves et, en 1987, 32 d’entre eux faisaient partie du tableau principal de Wimbledon ; après quoi il s’était surnommé lui-même le « Michel-Ange du tennis ».

Aujourd’hui, son IMG Academy s’étend sur 243  hectares et ses méthodes, transposées à huit sports, sont enseignées à 1 800 jeunes venus de 72 pays différents. Au fil des années, Bollettieri, toujours bronzé et lunettes noires vissées sur le nez, était lui aussi devenu une star, au même titre que ses poulains. Il était donc courant de le voir signer des raquettes, qu’il donnait ensuite à la fondation USTA, engagée dans l’éducation des jeunes enfants défavorisés via le tennis. En 2018, une autre de ses opérations, Raise a Racket for Clean Water, avait par exemple permis de récolter des fonds pour la Sanibel-Captiva Conservation Foundation (SCCF), qui lutte pour la préservation des environnements marins et des côtes de la Floride. Le jour de sa mort, la USTA écrivait : «  Au même titre que Bollettieri a bénéficié au tennis professionnel, il avait également compris tout le bien que ce sport pouvait apporter aux communautés locales. (...) Il était souvent un invité d’honneur des collectes de fonds et des événements de charité dont les recettes étaient reversées à notre réseau NJTL (National Junior Tennis and Learning), un groupement de presque 300 organisations bénévoles réparties partout dans le pays qui fournit des cours de tennis gratuits ou à faible coût, ainsi qu’un soutien éducatif à la jeunesse défavorisée. »

À la fin de sa vie, lorsqu’on lui demandait ce dont il était le plus fier dans sa vie, il ne parlait jamais de tennis en premier. Il commençait par citer ses sept enfants, puis disait qu’il espérait surtout que l’on se souvienne de lui pour ce qui lui apportait le plus de bonheur : faire de ses élèves des hommes et des femmes respectables, avant même d’être des champions et des championnes. En  2014, il fût introduit au Hall of Fame du tennis et, un an plus tard, devint le premier homme blanc à intégrer le Black Tennis Hall of Fame (BTHOF), association créée en 2007 dans le but de mettre en avant ceux qui ont « surmonté les barrières raciales dans le tennis  », pour son travail en faveur de la communauté afro-américaine. Père de deux garçons adoptés en Éthiopie et grand ami d’Arthur Ashe, ils créèrent ensemble le programme Ashe Bollettieri Inner Cities, qui a enseigné le tennis à plus de 20 000 enfants issus des quartiers pauvres de Sarasota, Bradenton et Palmetto. Bob Davis, président du BTHOF, disait alors que «  peu de personnes dans le monde du tennis avaient aidé autant d’enfants issus du milieu urbain que Bollettieri ». Ultime preuve de sa classe, le 4 décembre dernier, jour de son enterrement, le faire-part indiquait: « Plutôt que des fleurs ou autres hommages, la famille Bollettieri a demandé à ce que des donations soient faites à la Bollettieri Family Foundation, un organisme de charité créé pour poursuivre l’œuvre de Nick et Cindi (sa femme, ndlr) et aider les jeunes à atteindre leur plein potentiel. »

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