1988 : La révolution de Pontorson

27 juin 2023 à 09:51:05

Au Mont-Saint-Michel, le tennis écoresponsable

L’importance d’un lieu se résume-t-elle à ce que l’on peut y voir au premier coup d’œil ? À  Pontorson, ce sont d’abord les moutons. On appelle cette petite ville de 4 300 habitants située dans la Manche, sept kilomètres au sud du Mont-Saint-Michel, la « cité du pré-salé », du nom de ces animaux élevés dans des pâturages côtiers dont l’herbe est imprégnée de sel. Mais il s’y cache aussi un trésor : le TCP, pour Tennis Club de Pontorson, une institution qui fête officieusement ses 50  ans mais n’existe aux yeux de la FFT que depuis 1988.

Ingrid Cazalis, secrétaire du club, fait le tour du propriétaire. Elle se félicite de l’installation prochaine de ce grand récolteur d’eau de pluie que personne ne devrait remarquer à côté des deux terrains extérieurs en herbe synthétique, et qui servira à arroser leurs pourtours – en vrai gazon, là. Elle adore montrer les nouvelles poubelles de tri autour du seul terrain intérieur du club, un petit rien qui change tout. Et qui a remarqué que ces vieux lampadaires allumés en permanence à l’entrée avaient été remplacés par des lumières LED avec détecteur de présence ? « Au bureau, en début d’année, nous avons défini trois axes sur lesquels nous voulions travailler dans l’année : les enfants, les féminines et l’environnement, confie la femme de 38 ans. Le  bureau et les joueurs, en particulier les plus jeunes, ont tout de suite été hyper-enthousiastes et réceptifs. C’est loin d’être un scoop, le tennis est un sport très polluant, donc tout le monde était content de faire un effort. » Du haut de ses 100  adhérents, le club de Pontorson est un exemple en matière de préservation de l’environnement, des ressources et de la biodiversité. L’Opération Balle Jaune, très répandue à l’échelle française et qui a permis de récolter 900 000 balles usagées en 2022, permet au TCP d’en fournir aux kinés et aux écoles des alentours de Pontorson, afin qu’elles servent à la rééducation des patients ou pour la confection de cadeaux de fête des Mères.

Pour minimiser l’impact environnemental des déplacements en voiture, le TCP a également généralisé le covoiturage, appliqué par 78 % de ses équipes : « Avant, chaque parent emmenait son enfant, chacun faisait sa vie, résume Ingrid Cazalis. Caen, Saint-Lô, c’est loin, entre 30 minutes et une heure de trajet. Maintenant, on partage les sièges et l’essence. » Et pour clore le tableau, une entreprise s’est proposée pour récupérer les cordages usagés des joueurs du club afin de les revendre en seconde main ou les donner à des associations.

Avant, chaque parent emmenait son enfant. Caen, Saint-Lô, c’est loin, entre 30 minutes et une heure de trajet en voiture. Maintenant, on partage les sièges et l’essence

Ingrid Cazalis, secrétaire du Tennis Club Pontorson

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