Le jour où un 30/2 a gagné un point ATP!

29 juin 2017 à 10:43:00

<p>Comme tous ceux qui ont disput&eacute; au moins un match pro ces cinquante derni&egrave;res ann&eacute;es, le footballeur Paolo Maldini, qui &agrave; 49 ans vient de disputer le tournoi Challenger de Milan en double, a d&eacute;sormais sa fiche sur le site de l&rsquo;ITF, la F&eacute;d&eacute; Internationale. L&rsquo;ancien troisi&egrave;me du Ballon d&rsquo;or n&rsquo;est pas le premier amateur dans ce cas, loin de l&agrave;.</p> <p>&nbsp;</p>

Comme tous ceux qui ont disputé au moins un match pro ces cinquante dernières années, le footballeur Paolo Maldini, qui à 49 ans vient de disputer le tournoi Challenger de Milan en double, a désormais sa fiche sur le site de l’ITF, la Fédé Internationale. L’ancien troisième du Ballon d’or n’est pas le premier amateur dans ce cas, loin de là.

 

Mardi 27 juin, nombreux ont été ceux à s’émouvoir de la faible qualité de jeu de la légende italienne Paolo Maldini. Parmi les commentaires trouvés au hasard sur la toile, « oh, mais je crois bien que je pourrais le battre moi aussi ! », ou « mais comment se fait-il qu’il a le droit de jouer un tournoi de ce niveau ? ». On ne parle pas ici de football mais bien de tennis, sport favori de l’ancien défenseur de l’AC Milan depuis qu’il dit stop au ballon rond, en 2009. Vainqueur avec son prof, un ancien 975è mondial, du tournoi de double interne organisé dans son club milanais, Maldini a eu droit à une wild-card pour le Challenger qui s’y déroule à chaque début d’été. Avec un niveau estimé à 15/3 ou 15/4 (et une manière de cisailler son revers qui lui a valu une comparaison avec le jeu du Président Macron), la paire de quadras s’est faite étriller d’entrée (6/1 6/1 en 42 minutes) par Tomasz Bednarek et David Pel, deux vrais « pros » qui ont eu la gentillesse de ne jamais forcer leur jeu.

 

Le futur coach d’Escudé

 

En fouillant sur le site de l’ITF, où Maldini a donc désormais son onglet, on trouve la trace de joueurs encore moins forts que Maldini, qui après tout bouge sur le terrain comme un honnête joueur de club. Dans les années 90, deux amis qui plafonnaient en quatrième série, avaient en effet réussi se classer à l’ATP. En catimini. Leurs noms : Philippe Poisson et de Frédéric Derouvroy, deux joueurs du dimanche sortis du rang par les Dieux du tennis. Comment est-ce possible ? Amateur de sport, tennis mais aussi rugby, Philippe Poisson a également été cordeur occasionnel, comme en 1994 sur le tournoi Challenger organisé sur son île, La Réunion. Un bon moyen de copiner avec les « pros », voire de leur demander l’impossible. Ainsi, quand il a entendu qu’il manquait des équipes pour former un tableau digne de ce nom pour les qualifications de l’épreuve de double, il n’a pas hésité pas à proposer à Arnaud Casagrande, l’un de ses « clients », 810è en simple, de s’associer avec lui. Amusé, le sympa Casagrande accepte de s’associer avec un 30/2. La direction du tournoi aussi. Et c’est ainsi que Philippe Poisson, qui se trouvait au bon moment et au bon endroit face à la bonne personne, a eu la chance de « seconder » le futur coach de Nicolas Escudé pour passer ce tour qualificatif (4/6 6/2 6/3) face à deux locaux curieusement effarouchés de… 15 et 16 ans !  Chance, quand tu nous tiens !

 

185 dollars de prize money

 

Les voilà donc dans le grand tableau, où la paire improvisée disparait aussitôt face à un autre duo de joueurs locaux, Ludovic Pain et Ludovic Ulrici (6/2 6/3). Mais la belle histoire de Philippe Poisson ne s’arrête pas là : le joueur amateur a ainsi vu tomber du ciel, en sus du petit prize money de 185 dollars, un point ATP. Désormais classé 1051è « meilleur joueur du monde » en double, Poisson en pêchera un deuxième un an plus tard au même endroit, où cette fois son classement lui permet même d’entrer directement dans le grand tableau. Le règlement lui permet aussi, comme il figure dans le classement mondial, de s’associer à un non classé, en l’occurrence un ami, Frédéric Derouvroy, modeste 30/2 lui-aussi. Au tirage, les deux compères évitent Henri Leconte ou Fabrice Santoro, également sur la ligne de départ, et héritent d’un jeune Britannique de 21 ans sur le point de faire son entrée dans le top 100… Tim Henman. Bon prince, le futur demi-finaliste de Wimbledon, associé à son compatriote Andrew Richardson, range ce jour-là son archer pour laisser gracieusement 7 jeux aux deux copains (6/3 6/4), devant un public naturellement conquis par ce spectacle insolite. Frédéric, à l’instar de Philippe, eut droit lui aussi à son point ATP. Mais la chaine, qui aurait pu continuer indéfiniment, s’est arrêtée là… Et elle ne reprendra pas avec Paolo Maldini, en tout cas pas tout de suite, puisqu’au Challenger de Milan, aucun point ATP n’est prévu pour les vaincus du premier tour du double. 

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