Arthur Fils : gain de maturité pour viser les sommets

24 août 2026, 16:09:00

Sacré à Cincinnati, Arthur Fils a remporté son premier Masters 1000. En mettant en avant son gain de maturité sur le court depuis son retour début 2026 après une demi-saison d'absence en raison de sa blessure au dos. Une qualité essentielle pour continuer à viser encore plus haut.

Dans la famille des joueurs français titrés en Masters 1000, je demande le Fils. Arthur. Après les « pères » Guy Forget, Cédric Pioline, Sébastien Grosjean et Jo-Wilfried Tsonga, Arthur Fils¹ est devenu le cinquième Tricolore à soulever, en simple, un trophée de ce grade créé en 1990². Avant eux, les « grand-pères » Yannick Noah et Henri Leconte avaient triomphé dans ce qui était l’ancêtre de cette catégorie de tournois, les Championship Series³.

Pour ce faire, Arthur Fils s’est imposé 6-3, 1-6, 6-0 face à Frances Tiafoe à Cincinnati. Grâce à son 10e match remporté à l’issue l’ultime set possible. Sur 10 disputés, dont une remontée épique face à Tommy Paul à Miami. Avant 2026, il affichait un bilan de 20 victoires et 19 défaites dans ce domaine. Une amélioration due aussi à sa longue pause forcée de 2025.

Être plus mature sur le court, c’est gérer ses émotions. C’est le plus important.

Arthur Fils

Pendant sa blessure, outre le fait de s’être « découvert plutôt fort mentalement » hors du court, il a pris conscience d’un besoin de « maturité » concernant son jeu. « Mon équipe m’a encouragé à revenir d’une manière un peu différente, a-t-il déclaré en conf’ après son sacre à « Cincy ». De ne plus jouer un peu comme un “enfant”. »

« Être plus mature sur le court, c’est gérer ses émotions, a-t-il précisé. C’est le plus important. Ne pas devenir fou, essayer de faire les bons choix aux moments décisifs. Passer à autre chose après une erreur, ne pas sombrer dans la négativité. »

J’aimerais gagner dans toutes les catégories de tournois. Il en reste une (Grand Chelem) – enfin deux, avec le Masters.

Arthur Fils

Une progression qui lui a permis de soulever son trophée le plus rutilant sans même être au sommet de son art. « Ivan (Cinkus, l'un de ses deux coachs avec Goran Ivanišević) m’a dit que je n’avais peut-être pas joué le tout meilleur tennis de ma vie, mais qu’il était très content de mon gain de maturité pour changer de tactique à certains moments, m’adapter », a-t-il confié. De quoi nourrir des ambitions grandioses, et légitimes.

« J’aimerais gagner dans toutes les catégories de tournois, a expliqué celui qui, à 22 ans, est désormais couronné en ATP 250, ATP 500 et Masters 1000. Il en reste une (Grand Chelem) – enfin deux, avec le Masters. (...) Je dois encore travailler beaucoup, beaucoup, beaucoup pour y arriver. » Et rejoindre Noah afin de commencer une famille de joueurs masculins français vainqueur de Majeur en simple dans l’ère Open.

1 - Guy Forget : Cincinnati et Paris-Bercy 1991 | Cédric Pioline : Monte-Carlo 2000 | Sébastien Grosjean : Paris-Bercy 2001 | Jo-Wilfried Tsonga : Paris-Bercy 2008, Toronto 2014 | Arthurs Fils : Cincinnati 2026.

2 - Depuis leur création en 1990, les Masters 1000 ont eu diverses appellations avant celle actuelle datant de 2019.

3 - Yannick Noah : Hambourg 1983, Rome 1985 | Henri Leconte : Hambourg 1986.