JO, la parenthèse enchantée

17 juil. 2012 à 13:23:51

Au milieu d’un calendrier surchargé, 172 athlètes de la balle jaune se réjouissent de participer aux Jeux Olympiques de Londres, entre le 28 juillet et le 5 août à travers les cinq épreuves de leur discipline. Un...

Au milieu d’un calendrier surchargé, 172 athlètes de la balle jaune se réjouissent de participer aux Jeux Olympiques de Londres, entre le 28 juillet et le 5 août à travers les cinq épreuves de leur discipline. Un temps boudé par une partie de l’élite mondiale, la course à l’or olympique est devenue un must incontournable.

  Sport originel des Jeux Olympiques modernes de 1896 à Athènes, le tennis a par la suite rencontré quelques déboires. D’abord masculin, puis mixte au début du vingtième siècle avant d’être évincée à partir des JO de 1928 à Amsterdam, la petite balle ronde et jaune est d’abord revenue par la fenêtre. En démonstration en 1968 à Mexico puis en…1984 à Los Angeles elle réintègre le giron du CIO à partir de l’olympiade suivante, sous l’amicale pression de la Fédération internationale. Depuis le tournoi olympique est comme une parenthèse enchantée dans le quotidien des joueuses et joueurs du circuit. Comme un cinquième Grand Chelem quadriennal. Depuis 1988, la médaille d’or olympique sert aussi à étalonner les carrières. Comme la Coupe Davis par BNP Paribas, la Fed Cup par BNP Paribas et les Masters. Agassi a tout pris. Steffi Graf a fait le Golden Grand Chelem en gagnant les quatre Majeurs plus les Jeux à Séoul, cette même année. Il manque le Masters à Nadal ; l’or olympique en simple et la Coupe Davis par BNP Paribas à Federer. Bref, tout le circuit se réjouit de faire les Jeux de nouveau. De retourner à Wimbledon, trois semaines après.   « L’herbe aura-t-elle repoussée ? » s’inquiétait John Isner au printemps et qui s’aligne en simple, en double et pour le mixte, nouveauté de cette année. « Je rêve de jouer sur le Central Court en rouge (la couleur de la Russie, Ndlr) » se réjouissait il y a peu Maria Shaparova. « Les Jeux, c'est l'objectif que je me suis fixé quand j'ai repris la compétition il y a trois ans, promet pour sa part Kim Clijsters. En 2004, j'étais plâtrée. En 2008, je venais d'avoir ma fille. 2012, c'est ma dernière chance. Le but c'est d'être en forme et pas d'aller là-bas juste pour l'expérience. » Les J.O c’est forcément quelque chose de spécial même pour l’aristocratie d’un sport ultra-professionnel et médiatisé. Roger Federer y a été deux fois, en 2004 et 2008, le porte-drapeau suisse - cette fois, il a décliné - et il y a rencontré sa future femme, Mirka, en 2000 à Sydney. Novak Djokovic a adoré pouvoir bavarder avec des sportifs du monde entier au village olympique et raflé le bronze à Pékin il y a quatre ans. Mais cette fois, chasse au Graal doré oblige, il séjournera à l’écart de toute promiscuité. Rafael Nadal, le champion olympique sortant sera, quant à lui, le porte-drapeau de la délégation espagnole, comme Agnieszka Radwanska le sera pour la Pologne ou Maria Sharapova. Même s’il n’est pas encore un sport majeur des Jeux comme l’athlétisme ou la natation, le tennis devient peu à peu une des disciplines émergentes.   Tommy Haas écarté par sa Fédération Wimbledon accueille donc une deuxième fois l’épreuve olympique cent quatre ans après Londres 1908 et pour y accéder, il fallait remplir certaines conditions. Avoir participé à une rencontre de Fed Cup ou de Coupe Davis par BNP Paribas deux années de suite (ce qui explique l’absence de Marion Bartoli qui ne voulait pas participer à l’épreuve féminine sans la présence de son entraîneur de père, Ndlr), être classé parmi les cinquante-six premiers mondiaux en simple et faire partie des quatre meilleur(e)s de son pays. Une condition qui pénalise les Espagnols (Granollers, 24è mondial, ne jouera que le double avec Nadal, Ndlr), voire les Français (Benneteau 32è ne jouera aussi que le double avec Gasquet, Ndlr). Chaque Comité olympique ne peut en outre emmener que six joueuses ou joueurs, quatre pour le simple plus deux pour les doubles. Les deux simples ne comptent que soixante-quatre participants, contrairement aux tableaux du Grand chelem et ses cent vingt-huit prétendants. Six tours au total donc et tout se joue en trois sets, sauf la finale homme au meilleur des cinq manches. Dernière chance : bénéficier d’une wild-card attribuée par la Fédération internationale (ITF). Ce sera le cas de Lleyton Hewitt (vainqueur à Londres il y a pile dix ans, Ndlr) mais aussi de Bellucci (Brésil), Devvarman (Inde), Pospisil (Canada), Ungur (Roumanie), Kavcic (Slovénie), Jaziri (Tunisie) et l’Ukrainien Stakhovsky. Et pour Alizé Cornet, repêchée en simple et en double…   Des choix étonnants aussi. Pour des raisons diverses - blessure, retour trop tardif, décision arbitraire ou politique de leur fédération, voire carrément mystérieuse - des joueurs comme Mardy Fish (13è), Söderling (blessé de longue date, Ndlr), Florian Mayer (quart de finaliste à Wimbledon, Ndlr), Ernests Gulbis, Brian Baker et Sam Querrey, Tommy Haas (revenu de l’enfer à la 49è place, vainqueur de Federer à Halle sur herbe en juin, le vice-champion olympique 2000 a été écarté par sa Fédération, Ndlr) et Dolgopolov (19è) ne verront pas Londres fin juillet. Chez les femmes, à part Marion Bartoli écartée pour les raisons déjà évoquées, la quasi-totalité des meilleures seront là. Les inscriptions ont été closes le 9 juillet et il pourrait y avoir quelques surprises, tel Gaël Monfils absent depuis Roland-Garros. Outre les points WTA et ATP attribués, chacun aura bien conscience que ce que représentent les Jeux Olympiques. Andy Murray, régional de l’étape : « Depuis mon élimination à Pékin (contre le Taïwanais Lu Yen-Hsun au 1er tour, Ndlr), je pense aux Jeux, à Londres et à Wimbledon, devant mes supporters. C’est extra-spécial. » Depuis sa défaite en finale à Wimbledon, c’est encore plus vrai…   Par Rico Rizzitelli

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