« On peut aussi bâtir quelque chose de beau avec les pierres qui entravent le chemin. »
Pas mal. C’est du Goethe ; ça sonne presque comme GOAT. La saison passée, Luca Van Assche, lui, a été sonné par une période d’état mental traversée par tous les joueurs, y compris les « meilleurs de tous les temps », un jour ou l'autre : le doute.
À tel point que, tombé au 238e rang mondial en octobre après avoir été 63e deux ans plus tôt à 19 printemps, le membre de la #TeamJeunesTalents s’est profondément questionné quant à son avenir : « Est-ce vraiment ça que j’aime ? », avait-il confié dans Bleu Horizon (saison 6, épisode 4). Des moments difficiles sur lesquels il a su construire pour aller de l’avant, avec notamment 4 titres en Challenger depuis l'automne. « Ça m’a beaucoup appris », avait-il ajouté.
Gagner un titre ATP et battre un joueur comme Rublev, c'est un déclic.
Ce lundi, le voilà dans la peau d'un 48e de la hiérarchie planétaire auréolé de son premier sacre sur le circuit principal. Plus solide qu’Alexander Blockx et son coup droit animé par la foudre en finale à Estoril, il a en outre fait tomber la tête de série n° 1 en quart de finale. Andrey Rublev.
Vainqueur 3-6, 6-3, 6-4 face au 14e du classement ATP et ancien top 5 en étant épastrouillant dans l’intensité imposée en cadence du fond de court, le Français a réussi la meilleure perf’ de sa carrière. Devant celle face à un Lorenzo Musetti alors 28e lors de l’Open d’Australie 2024.
« Gagner un titre ATP et battre un joueur comme Rublev, c'est un déclic, a-t-il analysé, comme l’a relayé L'Équipe. Ça prouve qu'en mettant les bons ingrédients sur le terrain, je suis très performant, et je peux battre n'importe qui. »
Habile raquette en main, Luca Van Assche l’a aussi été avec le micro en maniant l’humour. « J’ai gagné mon premier Challenger au Portugal (Maia 2022), mon premier tournoi ATP au Portugal aussi (Estoril), peut-être que vous devriez organiser un Masters 1000 ou un tournoi du Grand Chelem ! »
Blague ou pas, objectifs élevés, peu importe. Qu’un joueur les atteigne ou non, c’est la route qu'il doit ambitionner de suivre pour se donner les moyens d’exploiter le maximum de son potentiel et d'aller le plus loin possible.
Car « nul ne s’est jamais perdu dans le droit chemin ». Signé Johann Wolfgang von Goethe.