Un petit pas pour lui, un grand pour la reconstruction de sa confiance. Stéfanos Tsitsipás n’a pas marché sur la Lune, mais il est allé en terres qui lui semblaient devenues presque inatteignables.
Pour la première fois depuis 16 mois, il a remporté un titre, celui de Gstaad. Pour la première fois depuis la même durée, il a gagné plus de trois matchs d’affilée. Et le trois à la suite n’avait été réussi qu’une fois, à Madrid fin avril.
Soulever un trophée n’est jamais anodin, mais pour un joueur sacré au Masters, triple vainqueur en Masters 1000 et double finaliste en Grand Chelem, un ATP 250 n’occupe pas le devant de la vitrine. A fortiori en ne faisant tomber aucune étoile du circuit.¹
Enchaîner les victoires, ça m’emplit de confiance et de rage de vaincre.
Un petit pas dans son palmarès, certes, mais qui pourrait bien être un bon de géant pour l’aider à retrouver la plénitude de sa croyance en lui. « Enchaîner les victoires, ça m’emplit de confiance et de rage de vaincre, a-t-il déclaré en conf’. Je veux en faire plus. »
Avant Wimbledon, retombé au 87e rang de la hiérarchie planétaire, il a choisi d’ôter la casquette de coach à son paternel, Apostolos. Une troisième tentative de prendre de la distance – après celles, brèves, en 2023 et 2024 – que l’Athénien, 28 ans en août, a annoncée comme définitive.
« Plus je vieillis, plus il m’est difficile d’entretenir une relation stable avec mon père (en mêlant les liens père-fils, coach-joueur), a expliqué, au media Grec SDNA, celui qui est remonté au 51e rang du classement ATP ce lundi. Je ne pense pas que nous retravaillerons ensemble. »
Patrick Mouratoglou, coach de Stéfanos Tsitsipás
Désormais, il est accompagné par Thomas Perrin en tant qu’entraîneur exécutant alors que Patrick Mouratoglou chapeaute le tout et devrait être présent lors de certains tournois, comme l’US Open.
« Je ne dis pas qu’il va se mettre à tout gagner du jour au lendemain, on est dans la reconstruction », a analysé Mouratoglou pour L’Équipe. Mais je pense qu'il a enclenché une vraie bonne dynamique, avec le bon état d'esprit. Tant que c'est comme ça, il n'y a aucune raison qu'il ne soit pas dans le top 30 au plus tard en janvier. »
Tsitsipás, ex-numéro 3 mondial, ne vise pas encore la Lune, mais il semble prêt à utiliser tous les outils nécessaires à la construction d’une navette digne, à terme, de ce long voyage.
1 - Pour remporter l'ATP 250 de Gstaad, Stéfanos Tsitsipás a battu de très bons joueurs, mais aucun membre du top 25 : Ignacio Buse (n° 33), Jérôme Kym (n° 186), Arthur Rinderknech (n° 28), Alexander Shevchenko (n° 100), puis Raphaël Collignon (n° 42)