« Les vainqueurs l’écrivent, les vaincus racontent l’histoire », a chanté un rappeur ayant pour passe-temps de clasher la Terre entière sur X.
Alors que Carlos Alcaraz a écrit une nouvelle page de sa légende contre Alexander Zverev en demi-finale de l’Open d’Australie, des haters mal informés ont cherché à entacher le récit. En accusant l’Espagnol d’un péché capital en sport, la tricherie.
Normalement, on ne peut pas prendre un temps mort médical pour des crampes.
La pomme de la discorde : le temps mort médical pris à 6-4, 7-6⁵, 5-4. « Il n’a pas le droit d’être soigné pour des crampes, a alors fulminé Zverev. C’est n’importe quoi, vous protégez ces deux-là (Alcaraz et Sinner). » Une sortie de gonds dont l’Allemand s’est vite remis pour s'entrouvrir les portes du succès en menant 5-3 dans le dernier set avant de s’incliner 6-4, 7-6⁵, 6-7³, 6-7⁴, 7-5.
Devant la presse, le Z n’a d’ailleurs pas cherché à en rajouter. « Normalement, on ne peut pas prendre un temps mort médical pour des crampes, a-t-il répondu, placide. Mais ça ne mérite pas d’être le sujet des discussions actuellement, c’est un des plus grands matchs qui ont eu lieu en Australie. »
Le règlement autorise le temps mort médical pour crampes à certaines conditions
En revanche, sur les réseaux sociaux, ce MTO n’a cessé de faire cancaner. À tort. Alcaraz était dans son droit. Certes, le règlement des tournois du Grand Chelem, disponible sur le site de l’ITF, stipule qu’un « joueur peut recevoir un traitement pour des crampes uniquement pendant le temps alloué aux changements de côtés et fins de sets, mais il ne peut pas bénéficier d’un temps morts médical pour ce motif ».
Mais la fin de cet article W.3.c dit aussi : « Si le physiothérapeute estime que le joueur souffre d’un trouble lié à la chaleur, et que les crampes en constituent l’une des manifestations, alors elles peuvent être prises en charge. »
J'ai eu un coup de chaud
Or, à 6-4, 7-6⁵, 3-2, Alcaraz a vomi dans sa serviette : « J'ai eu coup de chaud », a-t-il détaillé dans la partie espagnole de sa conf’. « Au début, je ne pensais pas qu’il s’agissait de crampes, avait-il expliqué au préalable en anglais. J’ai ressenti quelque chose à l’adducteur. J’ai appelé le kiné, et c’est lui qui a opté pour le MTO. »
Voilà les faits, à partir desquels chacun est libre de se raconter l’histoire qu’il veut.