TOP 10 : LA VIE NE LES A PAS EPARGNES

20 juin 2013 à 00:00:00

Qu’ont en commun Venus Williams, Samantha Stosur, Alexandr Dolgopolov, Nicole Vaidisova et Arthur Ashe ? Découvrez en lisant le Top du Mag We Are Tennis de la semaine.

Il y a quelques mois, Lee Duck-Hee est devenu le plus jeune joueur de l'histoire à entrer au ranking ATP, âgé de seulement 15 ans. Une vraie prouesse, d'autant plus qu'il est sourd et muet de naissance ! L'ado sud-coréen n’est cependant pas le premier de l’histoire du tennis ayant à surmonter un handicap ou une maladie pour se présenter sur le court. La preuve par dix. 

 

 

1/ Roger Crawford, les moignons

 

Fans absolus de tennis, le nom de Roger Crawford ne vous dit rien ? Normal, l’Américain n’a jamais participé à un tournoi ATP, se contentant d’évoluer quelques temps dans le circuit universitaire NCAA au milieu des années 80. Ce qui est déjà un énorme exploit pour un homme doté de sévères malformations aux extrémités, avec notamment des moignons à la place des mains. Grâce à une raquette spécialement adaptée et un mental exceptionnel, il est parvenu à passer outre. Aujourd’hui, Crawford a une cinquantaine d’années et s’est reconverti en conférencier motivateur, chouchou des médias américains. Du genre à débiter : « Les challenges sont inévitables, la défaite optionnelle ». La win les gars, la win !

 

 

2/ Alexandr Dolgopolov, la jaunisse

 

Un conseil : évitez de trop vous moquer de la vilaine peau d’Alexandr Dolgopolov. Déjà parce que ce n’est jamais très gentil de viser le physique, ensuite parce que c’est la conséquence d’une maladie héréditaire relativement rare, appelée « syndrome de Gilbert ». L’accumulation de fatigue provoque chez les sujets touchés par ce mal un dérèglement au niveau du foie, responsable de cas de jaunisse. « Même si j’ai pris des mesures, comme faire attention à mon régime alimentaire, ça m’arrive de temps en temps », a récemment reconnu l’Ukrainien, qui doit subir un traitement tous les 15 jours à l’hôpital pour lutter contre le stress des matchs et la fatigue des voyages en avion. Un autre fameux champion a aussi dû lutter toute sa carrière contre Gilbert et son syndrome : l’Anglais Bunny Austin, resté célèbre dans l’histoire pour avoir été le premier tennisman à disputer un match en short. C’était en 1933.

 

 

3/ Gaston Gaudio, la dépression

 

« J’ai toujours pensé que j’étais mon pire adversaire. Donc en match, c’est comme si je devais me battre contre deux personnes. » La vie de Gaston Gaudio est certainement plus dorée que la vôtre, mais elle n’en est pas forcément plus belle. Car malgré les succès et l’argent accumulé, l’Argentin a dû lutter toute sa carrière contre ce mal intérieur, qui l’a contraint à consulter régulièrement un psy. Même au fait de sa gloire, quand il gagne Roland-Garros en 2004, ses deux semaines à Paris ne sont que souffrance. Gaudio était « plus content de pouvoir terminer le tournoi, en finir avec la souffrance mentale de tous les matchs joués » que du trophée. Dans un autre style, le grand espoir du tennis belge dans années 80, Bernard Boileau, a flingué une prometteuse carrière à cause d’une addiction à l’héroïne. Fragile mentalement, mal dans sa peau, il n’a jamais pu avoir l’hygiène de vie nécessaire pour exploiter son talent raquette en main. Triste.

 

 

4/ Arthur Ashe, les problèmes cardiaques

 

Une grande carrière ponctuée par trois titres du Grand Chelem, une lutte acharnée contre l’apartheid en Afrique du Sud, la défense de multiples causes… La vie d’Arthur Ashe a été bien remplie, mais s’il n’avait pas été poursuivi par un sombre destin, elle aurait pu être plus belle encore. Contraint à remiser les raquettes au placard en 1980 à cause de problèmes cardiaques, l’Américain contracte trois ans plus tard le virus du Sida, à cause d’une transfusion sanguine infectée. Il meurt le 6 février 1993, en ayant été le plus fidèle possible à sa maxime favorite : « Le bon combat est celui que l’on mène jusqu’au bout. » C’est aussi le Sida qui a emporté l’Allemand Michael Westphal, un temps membre de l’équipe de Coupe Davis de la RFA, en 1991, à seulement 26 ans.

 

 

5/ Nicole Vaidisova, l’hyperactivité

 

Le point commun entre Paris Hilton, Jim Carrey, Justin Timberlake et Nicole Vaidisova ? Tous ont été diagnostiqués comme hyperactifs. Ce trouble du déficit de l’attention peut avoir des avantages. Ainsi, la championne tchèque était une vraie fonceuse sur un court, capable de démarrer chaque tournoi et chaque match à bloc, comme si c’était le dernier. Mais le problème avec un caractère aussi trempé, c’est la tendance à manquer de lucidité et à oublier de s’entretenir physiquement et mentalement pour « durer ». Résultat : en 2010, à 20 ans seulement, Nicole Vaidisova décide de mettre un terme prématuré à une carrière qui la lasse déjà.

 

 

6/ Samantha Stosur, la maladie de Lyme

 

Samantha Stosur revient de loin. De la maladie de Lyme pour être précis : une infection bactérienne transmise par piqûre de tique en 2007, et qui a presque contrainte l'Australienne à mettre un terme à sa carrière. « Je ne pensais plus au tennis », glisse-t-elle dans de nombreuses interviews, détaillant maux de tête récurrents, douleurs articulaires, fatigue et ganglions. La joueuse, vidée de toute énergie, ne peut plus jouer. Quinze mois d’absence au total : « D'après ce que m'ont dit les médecins, j’ai de la chance de m’en être sortie, par rapport à beaucoup d'histoires sordides que j'ai entendues ».

 

 

7/ Beals Wright, l’amputé 

 

Membre du International Hall of Fame depuis 1956, l’Américain Beals Wright fut l’un des premiers serveurs-volleyeurs de l’histoire du tennis. Une caractéristique rare à son époque, qui lui permettra d’arracher deux médailles d’or aux Jeux Olympiques de Saint Louis en 1904 : en simple et en double. Malheureusement pour lui, le 27 juin 1906, Beals se taille l’index avec une bouteille de soda à deux semaines d’une rencontre cruciale de Coupe Davis par BNP Paribas, contre l’Angleterre. En lambeau, son doigt est immédiatement amputé. Et à l’éditorialiste du Pittsburg Press d’ironiser : « Depuis son accident, Beals Coleman Wright a tout tenté mais n’a plus gagné le moindre trophée, si ce n’est son doigt flottant dans un bocal posé au-dessus de sa cheminée. Et celui-là, personne ne lui enlèvera ».

 

 

8/ Richard Norris Williams, le rescapé du Titanic

 

14 avril 1912. Un iceberg assassin, mal-posé entre Southampton et New York, bouleverse le monde. Le Titanic coule. Au milieu du chaos, immergé dans l’eau gelée depuis de nombreuses heures, Richard Norris Williams, joueur de tennis âge de 21 ans, réussit à atteindre une embarcation. Mais le pronostic est accablant : amputation des deux jambes. Une opération que l’Américain refuse immédiatement. Alors, à force de rééducation et d’entrainement, mais aussi de défaites cinglantes, Williams retrouve des sensations dans ses membres inférieurs, remonte sur les courts et brille en double aux Jeux Olympiques de Paris, en 1924. Retour réussi : « On m’a dit que plus jamais je ne remarcherai, que j’étais fou. On m’a aussi dit que j’allais devenir clochard, dormant sous les ponts, deux heures par nuit, triste et malheureux. Mais finalement, ça valait le coup ».

 

 

9/ Kelly Evernden, l’ablation du poumon

 

On peut être Maori, originaire d’une population polynésienne autochtone de Nouvelle-Zélande, et naitre pâle comme un œuf. C’est le cas étrange de Kelly Evernden, très bon joueur de double à la fin des eighties et figure tutélaire de sa sélection de Coupe Davis par BNP Paribas. Mais son principal exploit ? S’être égosillé sa carrière durant avec un seul poumon droit, le gauche lui étant retiré à l’adolescence suite à un accident de voiture. D’ailleurs, son nom maori « Te Rangai » signifierait « jeune guerrier ». Il y a de ces choses qui ne s’inventent pas…

 

 

10/ Venus Williams, le syndrome de Sjögren

 

Fragile, la santé des sœurs Williams ? Après les embolies pulmonaires de sa sœur cadette Serena, c’est au tour de Venus Williams de mettre sa carrière en léger suspens, en août 2011. La raison : l’ex-numéro 1 mondiale est atteinte du syndrome de Sjögren, une affection auto-immune affectant son énergie, sa concentration, avec en bonus de fortes douleurs articulaires. Un mal récurrent qui la poursuit depuis son adolescence, mais découvert il y a deux ans seulement, à l'issue d'une vulgaire défaite à l’US Open. : « Ce jour-là, je ne pouvais pas lever mon bras au-dessus de ma tête, ma raquette était comme du béton. Mes mains enflaient et me démangeaient. C’était un spectacle misérable ».

 

Par Victor Le Grand et Régis Delanoë

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