TOP 10 : TENNISMEN ITALIENS

15 mai 2013 à 17:38:31

Alors que se dispute cette semaine le Masters 1000 de Rome, l’occasion est belle de dresser un top 10 des personnalités les plus marquantes du tennis masculin italien.

Alors que se dispute cette semaine le Masters 1000 de Rome, l’occasion est belle de dresser un top 10 des personnalités les plus marquantes du tennis masculin italien.

 

1. Adriano Panatta

 

Difficile d’établir lequel de Pietrangeli ou de Panatta incarne la plus belle réussite du tennis italien… Honneur tout de même au plus jeune des deux, confronté à son époque – les seventies – à une concurrence féroce. Ce fils du concierge du Tennis Club de Parioli s’en est accommodé comme il a pu, réussissant notamment la prouesse de battre Björn Borg deux fois à Roland-Garros, les deux seules fois où le Suédois s’est présenté aux Internationaux de France sans soulever le trophée à l’issue de la quinzaine ! Panatta en a profité en 1976 pour l’emporter en dominant l’Américain Harold Solomon en finale, et ce grâce à ses slips. Très supersticieux, il a gardé les mêmes culottes et chaussettes lors des trois derniers matchs : « Je les lavais tous les soirs à l’hôtel et les étendais à la fenêtre. J’étais convaincu que sans mes slips, mes forces se seraient estompées ». 1976, une année faste pour l’Italien charpenté, leader de l’équipe de Coupe Davis par BNP Paribas, vainqueur du Chili en finale à Santiago. La seule victoire des Transalpins dans l’exercice, en 7 finales disputées.

 

2. Nicola Pietrangeli

 

Voici donc l’autre grande figure du tennis italien. Moins connu que Panatta car plus ancien, Nicola Pietrangeli possède un plus beau palmarès, avec deux Internationaux de France à son actif, remportés consécutivement en 1959 et 1960. Officieusement classé numéro 3 dans la hiérarchie mondiale de cette époque pré-circuit ATP, il ne peut empêcher l’équipe d’Italie de s’incliner par deux fois en 1960 et 1961 en finale de Coupe Davis par BNP Paribas face à l’Australie, dans leur jardin en herbe. « Nicky » se rattrapera des années après, en étant le capitaine de l’équipe vainqueur en 1976 face au Chili de Pinochet. C’est d’ailleurs grâce à son forcing que les Italiens ont pu se rendre là-bas car le gouvernement s’y opposait et souhaitait ainsi montrer son opposition à la dictature.

 

3. Corrado Barazzutti

 

Numéro 1 mondial junior en 1971, Corrado n’est jamais vraiment parvenu à confirmer par la suite sur le circuit ATP. En solo, sa meilleure performance se situe – comme toujours avec les Italiens – à Roland-Garros, lors de l’édition 1978, avec une défaite en demi-finale face à l’invincible Borg. Il est aussi de la victoire en Coupe Davis par BNP Paribas deux ans plus tôt au Chili. Ce qui signifie que comme les autres, il attend toujours sa Rolex gravée « Coupe Davis 1976 ». Leur demandant à leur retour d’Amérique du Sud quel prix ils souhaitaient, la fédération avait accepté ce cadeau, mais finit par donner un autre prix. Les Rolex coûtaient trop cher… Depuis  Barazzutti a pu s’en acheter une tout seul puisqu’il est depuis devenu une figure incontournable du tennis transalpin des dernières années en prenant en main à la fois l’équipe de Coupe Davis par BNP Paribas et celle de Fed Cup, avec laquelle il s’impose par trois fois en 2006, 2009 et 2010.

 

4. Andreas Seppi

 

Le meilleur Italien actuel a eu une maturation lente mais relativement régulière : débuts pro en 2001 à 17 ans, premier top 100 en 2005, léger coup de mou deux ans plus tard, puis accélération en 2008 pour atteindre le top 50, quatre ans de stagnation et une intégration dans le top 20 ces derniers mois. Personnalité attachante du circuit, Seppi est connu pour sa grande passion du Milan AC. Malheureusement, il n’a pas encore le palmarès de ses idoles, avec notamment de biens timides résultats lors des tournois du Grand Chelem. Meilleure performance : un 8e de finale à Melbourne en début d’année. Le signe qu’il peut encore progresser ? Il est temps, le gaillard a fêté ses 29 ans en février…

 

5. Paolo Bertolucci

 

Bertolucci : ce nom évoque plus facilement les grandes heures du cinéma de La Botte, avec les chefs d’œuvre du grand Bernardo que sont Le Dernier Empereur, Dernier Tango à Paris, Un Thé au Sahara ou Le Conformiste. Le chef d’œuvre de Bertolucci, c’est la conquête de la Coupe Davis par BNP Paribas 1976 avec ses potes Panatta et Barazzutti. Et le port d’un t-shirt rouge – couleur de l’opposition chilienne -  lors du double avec Panatta. Paniqué, il lui dit avant le match : « Adriano, dans le meilleur des cas, ils nous fusillent. Dans le pire, je ne veux même pas l’imaginer. » A l’arrivée, ils remportent le match et la Coupe, donc. Son tournoi favori ? Le défunt Open de Florence qu’il remporte trois fois. Il compte également un Masters dans son armoire à trophées, celui d’Hambourg 1977. Et comme en Italie, les grands joueurs font souvent de grands entraîneurs, Bertolucci n’a pas dérogé à la règle en emmenant l’équipe de Coupe Davis par BNP Paribas jusqu’à la finale de l’édition 1998, à la surprise générale (défaite 1-4 face à la Suède).

 

6. Fabio Fognini

 

Ce n’est pas le meilleur joueur actuel du circuit et ce ne le sera certainement jamais, mais pourtant il a une sacrée cote, le Fabio… La raison première ? C’est un sacré beau gosse, du genre Méditerranéen ténébreux au sourire charmeur. C’est aussi un sacré showman, capable du meilleur comme du pire sur un court de tennis, rejouant tous les classiques de la Commedia dell’arte, de la tragédie à la bouffonnerie. En 2011, « The Fog » passe miraculeusement les tours à Roland Garros, malgré des coups de colère à répétition (« il a passé son temps dans le vestiaire à insulter tout le monde », dixit Monfils, battu en 16e), et malgré un record de 12 fautes de pied lors de son 8e de finale face à l’Espagnol Montanes. Tout ça pour se faire éliminer en quart en déclarant forfait, tellement il avait puisé d’énergie lors des tours précédents. Ouais, Fabio est un sacré numéro, l’Italien dans toute sa splendeur et ses excès.

 

7. Filippo Volandri

 

Une autre personnalité récente du tennis italien qui divise. En forme, Volandri est capable de battre les meilleurs, voire même LE meilleur, comme lorsqu’il sort en deux petits sets le maître Roger Federer du Masters de Rome édition 2007, dès le troisième tour. Une performance conclue par un tour d’honneur, comme s’il avait gagné le tournoi ! Mais Volandri, c’est aussi une controverse lorsque deux ans après cet exploit, il est reconnu coupable de dopage et suspendu par la fédération internationale (ITF). Il a été blanchi quelques semaines après, mais le mal est fait : jamais depuis il n’est parvenu à retrouver le niveau qui lui avait permis de se hisser à la 25e place mondiale.

 

 

 

8. Gianluca Pozzi

 

La carrière de Pozzi est étonnante. Par sa longévité tout d’abord, puisqu’il a duré 20 ans sur le circuit pro, de 1984 à 2004. Par son éclosion tardive ensuite, puisqu’il atteint son meilleur classement, 40e, en 2001, dix ans exactement après son seul titre à l’ATP (Brisbane 1991) et alors qu’il est âgé de 36 ans ! Pozzi a traversé deux décennies de tennis dans un relatif anonymat, entrecoupé de quelques victoires de prestige face à Lendl, Agassi ou Federer. Ça lui fera des souvenirs à raconter à ses petits-enfants.

 

9. Federico Luzzi

 

Plus que son palmarès, Federico Luzzi a marqué l’histoire du tennis par son look de playboy italien, sa personnalité fougueuse et sa tragique destinée. 92e mondial à son apogée, l’Italien est resté dans les mémoires pour sa suspension de 200 jours. Coupable d’avoir parié – ce qui est interdit aux joueurs - à 273 reprises entre 2004 et 2007 sur des matchs de tennis, sans pour autant avoir tenté d’influer sur le score du match, il avait également écopé d’une amende de 50 000 dollars. En 2001, c’est lui aussi qui affronte Arnaud Clément, n°7 mondial à l’époque, dans un Central de Rome chauffé à blanc. L’assistance conspue ouvertement le Français sans que l’Italien ne trouve à y redire. Normal, ce jour-là, il en profite pour sortir la tête de série et signer un exploit retentissant de sa jeune carrière. Dégoûté, Clément sort du court en envoyant des baisers ironiques au public : « J’ai dû me contenir pendant toute la rencontre pour ne pas leur faire des doigts et leur dire que c’était tous des enculés. » Mais Luzzi, c’est surtout un champion parti trop tôt. Octobre 2008, souffrant de fortes fièvres, il se rend aux urgences. Les médecins se rendent compte qu’il souffre d’une leucémie foudroyante. Tombé rapidement dans le coma, il décède trois jours seulement après son admission. A 28 ans…

 

 

10. Gianni Clerici

 

Avec une apparition sur le circuit principal de Wimbledon en 1953 et aucun titre majeur, on ne peut pas dire que la carrière sportive de Gianni Clerici ait été spectaculaire. Mais à défaut de faire la différence par un coup droit brillant ou un revers dévastateur, le bonhomme a une sacrée grande gueule, qu’il n’a jamais hésité à ouvrir. Du coup, il a vite pu se reconvertir comme un fameux commentateur télé. Avec son acolyte Rino Tommasi, il forme depuis plus de 30 ans un duo d’incontournables brailleurs en tribune de presse. Parfois outrancier, souvent hors-sujet, Clerici sait aussi être drôle, comme lorsqu’il avait déclaré, suite à une volée joliment touchée par John McEnroe à l’US Open : « Si j’étais un peu plus gay, j’aimerais me faire caresser par ce joli coup. » Suite à la punchline, une association homosexuelle italienne lui avait remis une carte de membre et l’avait invité à la Gay Pride.

 

Par Régis Delanoë

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