Le Hall of Fame d’avril

3 mai 2022 à 06:00:00 | par Florian Cadu

Le Hall of Fame d’avril
Stefanos Tsitsipas
Bianca Andreescu, Dominic Thiem, Naomi Osaka, Novak Djokovic… Si certains ont évité le coup de froid, d’autres se sont donc enrhumés sur les courts et ont passé un mauvais mois. En bilan, Stefanos Tsitsipas et Alejandro Davidovich Fokina ont impressionné alors que trois joueurs majeurs ont attentivement observé la réforme de retraite imaginée par Emmanuel Macron. Retour sur les moments forts de la dernière trentaine.

Le MVP du mois : Stefanos Tsitsipas

Le Président de Monaco, c’est lui ! Réélu cette année après son titre de 2021, Stefanos Tsitsipas a presque tout bien fait à Monte-Carlo en ne laissant notamment tomber qu’un seul set devant des adversaires pourtant redoutables (Fabio Fognini, Diego Schwartzman, Alexander Zverev, entre autres). Vainqueur du deuxième Masters 1000 de sa carrière, le Grec a pu souffler pendant la fête : « C’est une très belle sensation, deux fois plus spécial qu'en 2021 car cette fois, nous avions le public. C'était un peu plus vivant, mais aussi forcément beaucoup plus dur pour les nerfs. Vu le nombre de batailles à remporter, c'est une excellente nouvelle de terminer ce tournoi ainsi... » Le numéro 5 mondial, qui a ensuite gardé les pieds sur terre en sortant au bout d'un match fantastique lors des quarts de finale à Barcelone face à Carlos Alcaraz, se place déjà comme l'un des favoris à Roland-Garros. 

 

Les larmes du mois : Naomi Osaka 

« Bon sang, je pleure toujours... » Pas faux, Naomi, mais tant qu'il s'agit de larmes de joie, tout le monde est heureux. « Je n’ai pas du tout eu l’impression de comprendre son jeu et j’ai pourtant réussi à gagner. À ce stade, j'ai besoin de m'affirmer. Face à des joueuses si fortes, je ne dois pas me laisser abattre. Si j'avais eu ce sentiment négatif, cela aurait pu me coûter la victoire. » En s'offrant Belinda Bencic en demi-finale de l'Open de Miami, Naomi Osaka, balayée ensuite en finale par l'indomptable Iga Swiatek (la Polonaise n'a plus perdu depuis le mois de février), a pu souffler un peu. C’est fou comme les choses peuvent changer, en l’espace de deux semaines… Et le mois prochain, on signe pour quoi ?

 

Le français du mois : Jo-Wilfried  Tsonga

En voilà un qui ne fait malheureusement plus trop parler de lui pour ses performances sur les courts, mais qui a malgré tout réussi à pincer nos petits cœurs en ce mois d'avril. À 37 ans, Jo-Wilfried Tsonga, maître tricolore de son époque, a annoncé sa retraite prochaine : « Depuis quelques semaines, j’ai décidé que j’allais arrêter à Roland cette année. Tous les jours depuis plusieurs années, il y a un moment dans la journée où je me dis : “Qu’est-ce que je fais, pourquoi je me fais du mal comme ça et est-ce qu’il y a encore une raison à ce que je fasse tous ces efforts ?” Ma tête me dit : “Tu peux jouer toute ta vie.” Mais mon corps, qui me rappelle que mes aptitudes à me dépasser ne sont plus là, me dit : “Tu n’es plus capable d’aller plus loin que ce que je te donne.” La raison ultime, c’est de me dire que c’est le dernier frisson. J’espère que d’ici-là, je resterai en forme et que je serai capable d’être celui que j’ai toujours été dans ce tournoi. Le but, c’est d’être moi-même : Jo-Wilfried Tsonga, le joueur de tennis. J’ai toujours voulu être performant, me fixer des objectifs élevés et ce sera l’occasion de le faire une dernière fois. » En attendant, la bataille entre les diffuseurs pour son ultime apparition officielle raquette en main a déjà commencé.

 

L'exploit du mois : Alejandro Davidovich Fokina

Pour son grand retour, il a d'abord été avant tout question de la défaite de Novak Djokovic. Puis, son bourreau à Monte-Carlo, Alejandro Davidovich Fokina, a finalement été loué à sa juste valeur car le désormais numéro 29 mondial ne s'est pas arrêté en si bon chemin, faisant ainsi tomber à tour Goffin, Fritz et Dimitrov avant de s'incliner en finale devant Stefanos Tsitsipas. En Principauté, l'Espagnol, prince aux chaussettes dépareillées, est ainsi devenu le troisième joueur le moins bien classé de l'histoire à se hisser en finale du tournoi. Impression : « Ça a été une incroyable expérience. J'ai adoré chaque jour passé ici, gagner de gros matchs... Je ne sais pas comment l'exprimer. Je suis si fatigué, je ne trouve pas mes mots. » Et dire que toute cette histoire avait commencé par un duel David(ovich) contre Goliath…

 

Le come-back (réussi) du mois : Bianca Andreescu

Sept mois. Sept longs mois que Bianca Andreescu, fatiguée mentalement et usée par les blessures, n’avait plus été vue sur un terrain. Dans ce contexte, la revoir au WTA 500 de Stuttgart a constitué un vrai plaisir. Encore plus lorsqu’elle a validé sa balle de match devant Jule Niemeier, la Canadienne étant retombée au 121e rang mondial après avoir un temps squatté la quatrième place. « Je vais être très honnête, je voulais arrêter le tennis pour toujours. J'étais constamment stressée et j'ai réalisé que je ne pouvais pas continuer comme ça, ce n'était pas sain. Même si j'ai gagné, j'ai été très dure avec moi-même, a pris le temps d’expliquer la vainqueure de l’US Open 2019, séchée ensuite par Aryna Sabalenka. Le feu que je ressens en compétition me manque et maintenant, je peux mettre en pratique beaucoup de choses que j'ai apprises. » Bianca, banco pour la suite !

 

Le come-back (raté) du mois : Dominic Thiem

Lui aussi réalise son retour et lui aussi compte se relancer après des semaines de mal-être. Sauf qu’à l’Open de Serbie, Dominic Thiem est rentré à la maison dès le premier tour. La faute à un manque évident de rythme et à son bourreau John Millman, qui lui a tout de même glissé un mot d’encouragement au filet une fois la bagarre achevée (« Quand tu seras à 100%, je vais lutter mon pote »). D’ailleurs, pas de panique : l’Autrichien se sent « bien. Je suis content de la façon dont je me suis déplacé sur le court et de la façon dont je me suis battu jusqu’au bout, le revers a plutôt bien fonctionné même si je n’arrive toujours pas à trouver le rythme avec mon drive. Je dois continuer à travailler ça, je n’ai pas de grandes attentes en termes de résultats dans les trois prochaines semaines et je veux juste arriver en forme à Roland Garros. J’ai aimé l’intensité de ce match et je sais qu’il y a beaucoup de choses qui ne fonctionnent pas encore, mais j’ai hâte d’aller de l’avant ». Petit hic : l'Autrichien a aussi glissé dès le premier tour à Estoril. Alors, quel parieur pour miser sur la team Thiem lors des Internationaux de France ?

 

La journée du mois : Vendredi 15, quarts de finale de Monte-Carlo

Il y a des jours, comme ça, où s’allonger non-stop devant la télé constitue une bonne idée. Le vendredi 15 avril 2022 en fait partie, lui qui a offert des frissons sans discontinuer à tout amateur de petite balle jaune avec quatre quarts de finale plus dantesques les uns que les autres. Monte Carlo a en effet d’abord préparé le week-end avec un Schwartzman-Tsitsipas totalement dingue, l’Argentin menant 4-0 dans l’ultime manche après avoir été dominé 6-2/5-2… avant de s’écrouler, se faisant breaker à trois reprises. La journée a ensuite continué par un immense Zverev-Jannik Sinner achevé au bout d’un tie-break stressant et plus de trois heures d’échanges, pour embrayer par un Grigor Dimitrov-Hubert Hurkacz presque aussi serré. Enfin, la qualification de Davidovich Fokina dans le dernier carré au détriment de Taylor Fritz a complété le chef d'œuvre. (124) Jeu(x), (douze) set(s) et (quatre) match(s) !

 

L’acteur du mois : Roger Federer

Attention… ça tourne ! Et en compagnie d’Anne Hathaway, s’il vous plaît. Mais dis, Roger, quand reviendras-tu pour autre chose qu’une publicité vantant la Suisse et pas ton toucher de balle ? Réponse de Federer, en photos d’entraînements et quelques mots : « La rééducation, ça décoiffe. »

 

Le retraité du mois : Tommy Robredo

Fair-play, cinquième mondial, guerrier, redoutable, combattant, défenseur, revers à une main, droitier, esthétique, rapide, douze titres, un Master 1000, trois Coupe Davis, souriant, terrien, seul joueur dans l'histoire de l'ère Open à arracher trois succès après avoir été mené deux manches à rien dans un tournoi du Grand Chelem et… retraité, sur un 6-1/6-1. Bien entendu, on se souviendra moins de la fin.

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