On prend les mêmes et on continue

29 janv. 2021 à 16:26:00 | par Eli Weinstein

La quatorzaine est terminée pour les joueurs qui, depuis 15 jours, sont partiellement/totalement enfermés dans leur chambre d'hôtel. A Adélaïde, les matches ont démarré direct, en mode « comme avant », à tout point de vue.

 

C'est terminé, les joueurs peuvent désormais sortir librement et respirer l'air pur australien sans Covid. Pour ceux d'entre vous qui ont Eurosport 2, vous avez peut-être eu la chance d'apercevoir quelques images de Novak Djokovic face à Jannik Sinner ou de Rafael Nadal face à Dominic Thiem. Des images surréalistes, avec un stade plein, presque aucun masque et enfin, enfin, de l'ambiance.

Ça fait vraiment bizarre de voir ces images. Ma première réaction a été de me dire : « Il date de quand ce match ? ». C'est fou de constater à quel point on a perdu l'habitude de voir du public dans les tribunes. Et c'est encore plus fou de voir à quel point on s'est habitué à ne pas en voir.

Des conditions de jeu du « monde d'avant »

Mais au-delà de notre plaisir à revoir un stade plein, c'est surtout celui des joueurs qui était perceptible. Durant le match entre Rafael Nadal et Dominic Thiem, comme prévu, il n'y a pas eu de succession de tweener, ni même le moindre trick shot. En même temps, il ne s'agit pas là des deux plus gais lurons du circuit. Néanmoins, on a noté un certain nombre de sourires complices et on a même vu Rafa envoyer de rage, pour « rire », une balle dans le filet, suite à un challenge en sa défaveur.

Je vous l'accorde, on est loin de l'ambiance du Point Virgule. Pourtant, alors qu'il s'agissait d'un match ayant de vraies allures de match de préparation pour l'Open d'Australie, en prime entre deux joueurs du genre sérieux, il y a tout de même eu des indices de décontraction qui étaient sans aucun doute liés au fait de retrouver des conditions de jeu du « monde d'avant ». 

La dernière fois que Rafa avait disputé un match devant un stade comble remontait à Acapulco, fin février 2020. Pour Thiem, c'était à la même époque, mais à Rio, avec une défaite toute vilaine face Gianluca Mager, en quarts de finale.

Les portables ont dû chauffer

Plus tôt dans la journée, c'est le numéro 1 mondial qui devait avoir les honneurs du court face à Jannik Sinner. Problème, Novak souffrait d'ampoules et a dû, au dernier moment, déclarer forfait pour être remplacé au pied levé par son sparring de quatorzaine, Filip Krajinovic. Alors comment dire... Le gars, au même titre que les autres Adelaidiens, a droit à un traitement de faveur pour participer à un match d'exhibition - dont je doute fort qu'il soit disputé bénévolement - et, à quelques heures du coup d'envoi, il annonce que, finalement, ce sera sans lui. Hum hum… Ce choix n'a sûrement pas plu à tout le monde.

En coulisses, les portables ont dû chauffer et finalement, comme par magie, Novak Djokovic est venu sur le court disputer le second set. Alors était-ce dû à des négociations menées de main de maître par des organisateurs n'acceptant pas que leur star n'honore pas son contrat ? Ou Novak a-t-il vu les conditions de jeu et s'est-il dit au dernier moment : « Je ne peux pas laisser passer l'opportunité de rejouer devant un stade comble chauffé à blanc » ? Sans doute un peu des deux et au final, il a donc disputé, face à Jannik Sinner, le second set, qu'il a, pour la petite histoire, remporté 6-3. Si vous regardez les images, on voit bien que Novak souffre horriblement…

Bref, le tennis a repris, ou presque. Vivement de vrais matches qui ne comptent pas pour du beurre, même si ceux-là l'ont mis (le beurre) généreusement dans les épinards.

 

Avantages

Découvrez les avantages WE ARE TENNIS

En savoir plus