Pour résumer une saison 2020 si particulière, We Are Tennis by BNP Paribas a décidé de remettre des awards alternatifs à 20 joueurs et/ou joueuses du circuit mondial, mais pas que.

La Kyrgios de l’année : l’Australie

Pour son attitude sur le court ou ses punchlines envers ses confrères, à qui il a reproché de jouer en période de coronavirus, par exemple, Nick Kyrgios est un adepte de l’encaissement de critiques. Alors, il convient également de l’applaudir quand il le mérite. L’enfant terrible de tennis s’est ému aux larmes au moment d’évoquer les feux ravageant son pays durant l’ATP Cup. « Dans ma ville natale, à Canberra, nous avons l'air le plus toxique du monde et c'est très triste. Toutes ces familles, tous ces animaux qui perdent leur maison et qui meurent… C'est ça, la réalité. Et c'est bien plus important que le tennis », sanglote-t-il, après avoir annoncé un don de 200 dollars pour chaque ace réalisé. Clap, clap.


 

L’accouchement de l’année : Anna Kournikova

Le sens du timing. Le 14 février, alors que les retardataires cherchent encore un fleuriste ouvert ou un restaurant qui n’affiche pas complet, Anna Kournikova offre le plus beau cadeau possible à Enrique Iglesias: un troisième enfant, une petite fille nommée Mary pour être précis. Reste que les deux amoureux ont quelque peu triché, puisque seule l’annonce officielle date de la Saint-Valentin. La naissance, elle, a eu lieu dans le plus grand des secrets le 30 janvier. Petits cachotiers…

 

L’envie pressante de l’année : Ilya Ivashka

Un pipi, et une grosse colère. Non, ce n’est pas d’un gosse capricieux dont il est question mais d’Ilya Ivashka. Lequel s’est fâché tout rouge lors de son premier tour au tournoi de Saint-Pétersbourg, après avoir écopé d’un jeu de pénalité. L’arbitre n’avait en effet pas compris que le Biélorusse avait réclamé un temps mort médical pour… une pause toilettes urgente. Problème : l’incontinent s’était déjà rendu aux WC durant l’échauffement pour la même raison, et n’avait pas le droit d’y aller deux fois sous ce même motif. « T’as qu’à t’retenir », dirait Le Petit Spirou.

 

Le coup de fil de l’année : Ashleigh Barty

Stéfanos Tsitsipás qui donne le numéro de téléphone de Kyrgios sur les réseaux sociaux, ok. Maria Sharapova qui file le sien sur les mêmes réseaux pour parler de sa retraite avec ses fans, passe encore. Mais la palme revient à Ashleigh Barty, qui décroche sans aucune hésitation le téléphone portable -servant de dictaphone- d’un journaliste, posé devant elle, en pleine conférence de presse. Avec le sourire et la bonne ambiance.

 

La sanction de l’année : Petra Kvitová

Onze ans de prison. Telle est la sanction infligée à l'agresseur de Petra Kvitová, après décision de la justice tchèque rendue en janvier. Une punition alourdie. Celui qui s’était fait passer pour un chauffagiste pour s’introduire au domicile de la joueuse, qui l’avait attaqué au couteau, la blessant à la main et la privant de compétition pendant cinq mois, avait en première instance écopé de sept années d’enfermement en 2019.

 

Le raté de l’année : Ekaterina Alexandrova

Attention, peut-être le sondage le plus serré de 2020. Question, donc : quel est le cas le plus grave, entre se trouver dans l’incapacité la plus totale de réaliser un tweener alors qu’on est professionnelle et confondre Roger Federer avec Novak Djokovic au moment d’annoncer un jeu gagné, alors qu’on est arbitre, et que le Suisse ne dispute même pas la rencontre) ? Pour nous, réponse numéro une.


 

La solution anti-Covid de l’année : Lucas Pouille

Zéro match sur le circuit ATP en 365 jours, pour Lucas Pouille. À cause de sa blessure au coude ? Pas seulement : en réalité, le Français a occupé son temps à créer une marque dénommée Hygy, qui propose des bornes de distribution sans contact de gel hydroalcoolique. Autant dire que son activité a rencontré un certain succès… et constitue une meilleure idée que celle de Marcelo Ríos, le Chilien soutenant ouvertement la proposition du président Philippin Rodrigo Duterte de tirer à balles réelles sur les fraudeurs du confinement. Sinon, il reste toujours les masques de Tsitsipás.

 

La militante de l’année : Naomi Osaka

À l’US Open (qu’elle a remporté), elle a enfilé pour chacun de ses sept matchs un masque noir portant un nom différent de victime du racisme de la police américaine. À Cincinnati, elle a refusé de jouer sa demi-finale en guise de protestation face à la mort de Jacob Blake (décédé sous les tirs des autorités) et entraîné par la force des choses la reprogrammation d’une journée de tennis entière. Sans parler de ses prises de paroles, et de sa présence sur les réseaux sociaux.

 

Le vigile de l’année : Pierre-Hugues Herbert

Il n’a pas la carrure, mais Pierre-Hugues Herbert s’en moque. Lors d’un double disputé à Roland-Garros, PHB troque son short de tennisman pour le costume d’agent de sécurité en défendant… le coach de Jack Sock, celui de son adversaire en l’occurrence, menacé d’expulsion par un vigile sans que personne ne comprenne bien pourquoi. « Il n'a rien fait, ce monsieur ! Vous savez que c'est l'entraîneur du joueur qui est en face ? Discutez tranquillement avec lui au changement de côté, mais vous ne pouvez pas le virer comme ça. » Victoire du fair-play.
 

 

Le serveur de l’année : Sergiy Stakhovsky

Deux salles, deux ambiances. En février, Sergiy Stakhovsky s’offre une rencontre de qualification à Rotterdam en empochant 34 de ses 34 points joués avec sa première balle de service. Un mois plus tard, au Challenger de Pau, la donne est différente : vexé d'avoir été sanctionné au service d’une faute de pied par l'arbitre, l’Ukrainien remet la balle en jeu… en servant à trois mètres derrière sa ligne de fond de court ! Double faute, et double frustration.