Learner Tien : moins puissant, plus malin

25 janv. 2026, 20:01:00 | par Mathieu Canac

Du haut de son mètre 80, Learner Tien, moins puissant que la plupart des meilleurs joueurs du monde, s'est qualifié pour son premier quart de finale de Grand Chelem. En réussissant une démonstration contre Daniil Medvedev.

Ce duel, au regard de leurs trois précédents, était attendu comme une longue partie d’échecs. Il a donné lieu à un mat du berger. Comptant parmi les plus grands maîtres tacticiens du circuit, Daniil Medvedev a pris une leçon en huitième de finale de l’Open d’Australie face au nouveau prodige du genre : Learner Tien.

Vainqueur 6-4, 6-0, 6-3, le gaucher de 20 ans, qualifié pour un premier quart de finale Grand Chelem, s’est imposé pour la troisième fois en quatre matchs contre le Russe. En lui infligeant au passage la première « bulle » de sa carrière en Majeur, ainsi que son plus faible total de jeux inscrits (à égalité avec sa défaite 6-2, 6-3, 6-2 contre Marin Čilić à Roland-Garros en 2022 ; stat via Jeu, Set et Maths).

Je n’ai pas trouvé beaucoup de solutions, ça m’est rarement arrivé dans ma vie.

Daniil Medvedev

« Je n’ai pas trouvé beaucoup de solutions, ça m’est rarement arrivé dans ma vie, a déclaré Medvedev. À court d'idées en fin de deuxième set, il a même servi à la cuillère, puis, dès le point suivant, très slicé en se plaçant à l'extrémité du court. Bilan : premier échange perdu, second gagné.

« C’était pour essayer de casser le rythme, a-t-il expliqué. J’aurais pu prendre un temps mort médical dans ce but, mais je ne voulais pas faire ça (rires). Et j’ai senti que ça (ce genre de services) n’était pas la solution, donc je suis revenu à du classique. » Sans doute a-t-il compris que son opposant, visage aussi impassible qu’une bûche, demeurerait imperturbable.

j’ai progressé en lucidité mentale à certains de ces moments ; savoir mieux gérer ce genre de match, ça fait une grosse différence

Learner Tien

« Je suis resté dans ma bulle, a déclaré le futur adversaire d’Alexander Zverev. Je n’y ai pas accordé trop d’importance, je ne voulais pas que ça me sorte de mon rythme. » Mission accomplie. Notamment grâce au vécu d'une saison sur le circuit depuis sa révélation contre ce même Medvedev à Melbourne l’an passé. « Avec l’expérience, j’ai progressé en lucidité mentale à certains de ces moments ; savoir mieux gérer ce genre de match, ça fait une grosse différence », a souligné le joueur de 1,80 m.

En outre, il a aussi gagné en vitesse de balle depuis un an. Pas de quoi lui permettre de balancer des « pions » dans tous les sens, certes. Mais peu importe. Bien que limité en puissance par son gabarit loin d’être digne d’une tour, Tien, avec ce cavalier seul contre Medvedev, s’est encore un peu plus affirmé comme un roi de l’arène dans l’art de rendre fou ses adversaires.