Top 10 : les trentièmes rugissants

5 juin 2012 à 15:35:56

Top 10 : les trentièmes rugissants
La terre battue est impitoyable, surtout à Paris. Borg a arrêté d’y gagner à 25 ans, Wilander à 24 et Lendl à 27. Impossible d’y briller la trentaine passée, sauf dans des temps immémoriaux. Petit état des lieux des...

La terre battue est impitoyable, surtout à Paris. Borg a arrêté d’y gagner à 25 ans, Wilander à 24 et Lendl à 27. Impossible d’y briller la trentaine passée, sauf dans des temps immémoriaux. Petit état des lieux des exceptions qui confirment la règle.

1.  Andrès Gimeno (Espagne, vainqueur 1972)

Là, on parle du Moyen-Âge, une époque où les tribunes étaient clairsemées jusqu’en demi-finale. Le vétéran espagnol, 34 ans et neuf mois, bat Patrick Proisy, le futur beau-frère de Yannick Noah, dans une des finales les plus improbables. Demi-finaliste à Roland quatre ans avant comme à Wimbledon en 1970, finaliste en Australie, le lauréat le plus étonnant de l’ère Open préfigurait les joueurs multi-surfaces d’aujourd’hui.  

2.  Andrès Gomez (Equateur, vainqueur 1990)

Toujours s’appeler Andrès pour créer une surprise en fin de carrière porte d’Auteuil. L’Equatorien était une sorte de David Ferrer des 80’s, un (très) fort joueur qui n’amusait personne dès lors qu’il fallait le rencontrer mais qui s’inclinait toujours face aux meilleurs. Il remporte les internationaux de France à la surprise générale contre un Agassi immature de vingt ans. Le train ne repassera plus.  

3.  Andre Agassi (Etats-Unis, quart de finaliste 2002)

Andrès, Andrew, Andryi et donc Andre. On se souvient du « Kid de Las Vegas » pour sa victoire en 1999 à…vingt-neuf ans, le seul Grand chelem qui manquait à son palmarès. Une décennie plus tôt, il avait aussi joué deux finales mémorables et les avait perdues. Peu de gens, en revanche, se souviennent de ce quart de finale où il s’incline contre le futur finaliste Juan-Carlos Ferrero. Trente-deux ans, c’est déjà le troisième âge sur terre.  

4.  Roger Federer (Suisse, finaliste 2011)

L’an passé, ça DEVAIT être Rafa-Djoko en finale : l’imbattable sur terre contre l’invincible tout court. Et puis Roooodddgger s’en est mêlé. Il a commencé par arriver en demi-finale, puis par terrasser le Serbe au cours d’un match d’anthologie avant de se faire molester par le muchacho de Manacor. Si les astres sont bien alignés, il pourrait, cette année encore, empêcher Nolé de réaliser son ‘Djoko Slam’ et revoir Nadal pour la cinquième fois en finale à trente ans et neuf mois…. Voire…  

5.  Rod Laver (Australie, vainqueur 1969)

L’immense champion australien (deux Grands chelems dans sa besace, Ndlr) avait coutume de considérer que pour réussir la passe de quatre majeurs, il lui fallait surtout gagner Roland-Garros puisque les trois autres se disputaient sur gazon. Ce qu’il fit effectivement en 1962 et en 1969, à trente-et-un ans… Dans la foulée il réussit à boucler les trois autres levées (à l’époque l’Australie avait lieu en décembre, Ndlr). Bon, en finale la dernière fois, il battait Rosewall, un autre Australien, trentenaire lui aussi : est-ce que ça compte vraiment ?  

6.  Ken Rosewall (Australie, vainqueur 1968)

Le mec est un monstre. Lauréat à Paris en 1953 à dix-neuf ans, il y gagne une seconde fois quinze ans plus tard contre Rod Laver. L’Australien gagnera partout sauf à Wimbledon où il disputera sa quatrième finale à l’âge de quarante ans contre Jimmy Connors, 22 printemps et auteur d’un petit chelem cette année-là. Et dire que Rosewall galopait encore en 1977…  

7.  Jimmy Connors (Etats-Unis, quart de finaliste 1987)

Entre « Jimbo » et le « French », cela a été toujours compliqué. Quand il était le meilleur joueur du monde en 1974, Philippe Chatrier lui interdisait de se produire à Roland à cause d’exhibitions lucratives d’un milliardaire texan qui menaçaient l’ordre établi du tennis international et auxquels il participait. Rancunier, l’Américain ne s’y produisit finalement qu’en 1979. Quatre demies et quatre quarts suivront mais jamais de finale, jamais de match contre Borg. Connors restera dans les dix premiers du classement ATP jusqu’en 1989 à trente-sept ans. Son chant du cygne intervient deux ans plus tôt, à trente-cinq ans, avec une défaite contre Boris Becker lors des quarts de finale. Cela ne l’empêchera pas d’aller en demi-finale de l’US Open quatre ans plus tard, à l’orée de la quarantaine…  

8.  Carlos Moya (Espagne, quart de finaliste 2007)

Neuf ans après son Himalaya personnel - victoire à RG-  Carlos Moya prend un sérieux courant d’air lors de son dernier coup d’éclat dans le tournoi contre son petit frère des Baléares, Rafael Nadal. Il prend 4, 3 et 0. Coup de froid au printemps…  

9.  Marcelo Filippini (Italie, quart de finaliste 1999)

Une sorte de mirage de l’ocre. Un peu comme Thierry Champion, l’Uruguayen, 32 ans, arrive en quart de finale par la porte de derrière. Il n’aura jamais dépassé le deuxième tour d’un tournoi du Grand chelem. Ni avant, ni après. Andre Agassi chasse l’impétrant en ne lui laissant que quatre jeux. Les squatters n’ont pas leur place sur l’ocre roi, surtout l’année où sa majesté Dédé décroche le pompon…  

10.  José Higueras (Espagne, demi-finaliste 1983)

Le contre-exemple presque parfait. Né en 1953, le futur coach de l’élite américaine a grandi dans les années soixante-dix dans l’ombre d’Orantès et de Gimeno. Anonyme ou presque. Il s’est réveillé dans la seconde partie de sa carrière en collectionnant les accessits dans les tournois sur terre battue les plus prestigieux. Ses bâtons de maréchal : deux places dans le dernier carré à Paris, à vingt-neuf et trente ans. Tout vient à point à qui sait attendre…bla-bla-bla…   Par Rico Rizzitelli  

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