Que deviens-tu, Jonas Björkman ?

26 mars 2013 à 16:14:03

Il a été un des meilleurs relanceurs de son époque et son jeu de service-volée l’a propulsé jusqu’au 4e rang mondial en 1997...

Il a été un des meilleurs relanceurs de son époque et son jeu de service-volée l’a propulsé jusqu’au 4e rang mondial en 1997. Triple vainqueur de la Coupe Davis par BNP Paribas, Jonas Björkman a fait partie de la dernière génération faste du tennis suédois, avec les deux Thomas - Enqvist et Johansson - et Magnus Norman. Mais qu’est devenu celui qui, bien avant Novak Djokovic, était un imitateur hors pair de ses collègues ?

  Si la plupart des sportifs enflent à vue d’œil après avoir mis un terme à leur carrière, Jonas Björkman est resté « fit » depuis la fin de la sienne, en 2008. Alors quand il apparaît dans les allées du Centre des congrès de Stockholm, où se tenait pour la deuxième année un tournoi du Senior Tour, les gens le reconnaissent tout de suite et la conversation est régulièrement interrompue par un salut à l’un ou à l’autre. S’il n’a pas gagné de Grand Chelem, contrairement à ses prestigieux aînés Borg, Wilander et Edberg, « l’autre » attaquant du tennis suédois reste pour ses compatriotes celui qui, à trois reprises, a marqué le point du titre en finale de Coupe Davis par BNP Paribas (1994, 1997, 1998). Durant l’ère Open, seul John McEnroe a fait aussi bien. A propos de sa silhouette, ce n’est pas un cadeau de la nature : « Je me maintiens en forme, sourit-il. J’ai déjà rejoué quelques doubles avec Todd Woodbridge (ils ont gagné 5 titres du Grand Chelem ensemble, ndlr), et j’espère faire bientôt mes débuts sur le Senior Tour. Je suis plus ou moins sur les listes d’attente. Deux ou trois fois déjà, on m’a contacté pour palier à des désistements, mais toujours trop tard pour que je puisse me désengager de mes autres obligations. Mais si l’opportunité m’est offerte, ce sera avec plaisir. J’aimerais beaucoup y retrouver les gars de ma génération, les Rafter, Fabrice (Santoro, ndlr), Moya, Corretja… » 

Federer dans ses filets

Depuis trois ans, l’ancien n°4 mondial, demi-finaliste à l’US Open en 1997 et à Wimbledon en 2006, est co-directeur du tournoi ATP250 de Stockholm, « en compagnie de mon meilleur ami, Thomas Johansson. » Le duo, souvent inséparable sur le circuit, participe également à l’organisation du second tournoi ATP disputé en Suède, à Bastad : « Quand Thomas et moi avons pris notre retraite, nous avions déjà en tête d’aider nos collègues de Bastad à développer leur épreuve. Et quand peu après s’est présentée l’occasion de diriger le tournoi de Stockholm, c’était comme une sorte de rêve qui se réalisait. Joueurs, nous avons vu tous les tournois autour du monde, tous les vestiaires, tous les player’s lounge… Nous connaissons mieux que quiconque les attentes des joueurs, ce qu’ils apprécient, ce qu’ils trouvent mauvais. Comme nous avions envie de rester dans ce monde-là, et d’aider dans la mesure du possible le tennis suédois, nous avons dit ok. » Leur travail s’est avéré probant, au point que le binôme a même réussi à attirer Roger Federer dans ses filets, en 2010. Le Suisse n’était jusque-là venu qu’une seule fois en Suède… en l’an 2000. « Thomas et moi nous déplaçons souvent sur les tournois pour convaincre les gars de venir jouer chez nous. Le relationnel est un plus indéniable pour les attirer. Nous étions sur le circuit il y a peu : nous connaissons encore pas mal de joueurs, en retrouvons d’autres devenus entraîneurs… Nous avons peut-être plus d’arguments pour les convaincre que quelqu’un qui n’a pas vécu tout ça de l’intérieur. »  

« Un pont pour passer du tennis au monde réel »

Si comme beaucoup d’autres il confesse une certaine nostalgie du court et de l’adrénaline de la compétition, ce passage de l’autre côté du terrain reste pour lui « le meilleur moyen d’apprendre la vie réelle, comprendre comment fonctionne le monde quand on ne passe pas à sa vie à taper dans une balle jaune (sourire), et se familiariser avec l’économie : comment fonctionne un tournoi ? Qu’est-ce qui le fait vivre ? Comment satisfaire les exposants du village ? C’est un pont idéal pour passer du tennis au monde réel. » Pour le reste, il se replonge régulièrement dans l’univers de la compétition au micro d’une chaîne de télé suédoise, TV4, pour laquelle il officie en tant que consultant. Il garde aussi un œil sur le tennis suédois, et croit en des jours meilleurs pour ses compatriotes : « Nous traversons actuellement un gros creux, mais il y a des raisons d’être optimiste pour l’avenir. Nous avons quelques très bons jeunes et, au niveau des anciens pros, beaucoup d’entre nous essaient de rendre au tennis suédois ce qu’il nous a apporté. Aujourd’hui, l’académie de Magnus Norman, par exemple, abrite quelques jeunes en lesquels espérer, comme Fred Simonsson ou les frères Ymer, Elias et Mikael… » Personnage prolixe, l’entretien avec Björkman a duré plus longtemps que ce qui était prévu. Un couple s’arrête le saluer. Il fait les présentations : « Mon idole ». Stefan Edberg.  

Tous propos recueillis par Guillaume Willecoq

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