Juan Carlos Ferrero en 10 faits et gestes

23 oct. 2012 à 15:06:12

Si Juan-Carlos Ferrero s’est fait très discret ces derniers mois, c’est qu’il attendait sagement « son » tournoi ATP de Valence pour tirer sa révérence. Star au début des années 2000 et vainqueur à Roland-Garros en...
Si Juan-Carlos Ferrero s’est fait très discret ces derniers mois, c’est qu’il attendait sagement « son » tournoi ATP de Valence pour tirer sa révérence. Star au début des années 2000 et vainqueur à Roland-Garros en 2003, l’Espagnol s’est ensuite fait violemment déposséder de son titre de roi de la terre battue par un jeune compatriote encore plus fort que lui, Rafael Nadal. Voici 10 piqûres de rappel pour revivre la carrière d’un grand champion injustement tombé dans l’oubli.  

1/ Por qué te vas ?

Parti de sa maison familiale d’Onteniente en 1994 à 14 ans pour aller vivre entre les oliviers de la magnifique académie de Villena, dont il est aujourd’hui le co-directeur, Juan Carlos Ferrero a voulu tout arrêter quelques mois plus tard seulement. Lorsqu’il a 16 ans, sa maman décède des suites d’un cancer. Ferrero est champion du monde dans sa catégorie d’âge mais il n’a plus envie de se battre. Son entraîneur, son père, et ses sœurs, réussissent à le convaincre. « C'est ce que ta mère aurait voulu », lui disent-ils. Depuis, il lui a dédiée chacune de ses victoires.  

2/ El mosquito

Drôle d’idée que de comparer un joueur de tennis à un insecte piqueur-suceur de sang. Lors de ses premiers bourdonnements sur le circuit, Ferrero ne jure que par le rouge terre battue. Avec son gabarit léger (1,83m pour 72 kg) et sa vitesse de bras en coup droit, il pique sans qu’on l’ait vu venir. D’où le surnom. Toujours mieux que son autre pseudo - « Chavalito », p'tit gars en espagnol - dont l'affublent, certes avec tendresse, ses collègues espagnols.  

3/ Roland

Entre le règne de Gustavo Kuerten et celui de Rafael Nadal, le roi de Roland-Garros, c’est lui. Dès sa première participation en 2000, il pose ses jalons en atteignant les demi-finales. La suite est irrésistible. De nouveau demi-finaliste en 2001, il est finaliste en 2002 et vainqueur – logique – en 2003. A 23 ans, on lui prédit un destin à la « Borg » sur la terre battue parisienne… Le journal L’Equipe s’emballe dans ses titres : « Un règne commence. Ce premier titre ne sera sans doute pas le dernier ». Malheureusement pour le journaliste et surtout pour l’Espagnol, à Paris, ça le sera.  

4/ Ferrero sur son rocher

En 2003, les statistiques du garçon affolent. Au soir de la finale de Roland-Garros, il totalise vingt-huit victoires sur terre battue depuis le début de l’année. Énorme ! Et à cette époque où, de l’autre côté des Pyrénées, on ignore presque où se trouvent Flushing Meadows et Wimbledon, il ne compte pas s’arrêter là : « Je veux devenir numéro 1, et remporter aussi l’US Open, pour faire taire tous ceux qui pensent que les Espagnols ne savent pas jouer sur dur. » Première mission accomplie : il passe huit semaines au sommet entre septembre et octobre 2003. Pour la deuxième, il n’est pas passé loin : il ne perd qu’en finale après des victoires sur Agassi et Hewitt.  

5/ Le moine de Villena a de belles bagnoles

Aucune loi n’impose à un champion d’avoir du charisme mais Juan Carlos s’est souvent vu reprocher son côté enfant de chœur. Durant toute sa carrière, l’Espagnol a vécu comme un moine à Villena, dans un bungalow au milieu des terres, isolé de tout : « C'est vrai, Villena n'est pas le paradis des boîtes de nuit, mais moi, je ne sors pas. Je ne suis pas habitué aux grandes villes, je suis habitué à ma vie et celle des autres ne me fait pas envie. » C’est à se demander comment il a pu être l’un des meilleurs amis de Marat Safin, né lui aussi en 1980 mais pas vraiment guidé par la même philosophie. Avec les prize money, pas de folie non plus. Sauf pour les voitures, sa deuxième passion. A Villena, une Porsche, une Mitsubishi ou une Mercedes SLX 500 garée dans la rue, c’est sûrement la sienne…  

6/ La varicelle

L’année 2004, celle où il doit confirmer, commence mal. Une varicelle, tout d’abord. Puis le poignet droit. Puis les côtes. Puis les adducteurs de la cuisse gauche. Tout fout le camp ! Et le classement avec… En un an, il passe de la 3è à la 31è place mondiale et squatte les blocs opératoires… Un malheur n’arrivant jamais seul, un jeune compatriote lui a pris sa place dès qu’il a eu le dos tourné. Son nom : Rafael Nadal. En 2005, Ferrero n’est déjà plus à la mode. Entre septembre 2005 et juillet 2009, il n’y a même plus de place pour lui en Coupe Davis par BNP Paribas, épreuve qu’il a pourtant remportée deux fois, en 2000 et 2004.  

7/ L’anonymat

Début des années 2000, Juan-Carlos déclenche l’hystérie des jouvencelles dès qu’il fait trois pas dans les allées de Roland-Garros. Quand Nadal arrive, Ferrero est relégué sur les courts annexes. Chacun son tour. En 2008, il abandonne dès le premier tour contre le Brésilien Marcos Daniel sur le court numéro 6 devant…quelques dizaines de spectateurs. Dans les journaux, quelques lignes seulement pour en informer le lecteur.  

8/ Nadal et le trou

« Que pensez-vous de Nadal ? » « Qu’est-ce qui fait la force de Nadal ? » Dès 2005, les conférences de presse de Ferrero distillent un malaise. Pendant que le nouveau roi rafle tout, lui ramasse les miettes. Après sa formidable saison 2003, Ferrero traverse le désert pendant 6 ans. Pas la moindre victoire en tournoi. Nada. Ce n’est qu’en 2009 qu’il regagne un tournoi. Le déclic ? Une victoire contre Nadal (justement) à Rome. Mais une fois encore, Ferrero est maudit. On écrit partout que Nadal a perdu à cause d’une énorme ampoule, et nulle part que Ferrero était lui-même blessé aux adducteurs…  

9/L’affront

En octobre 2008, Ferrero est remis de ses blessures du printemps mais il ne joue pas le Masters 1000 de Madrid. En cause, une grosse brouille avec les organisateurs, Ion Tiriac et Manolo Santana, qui ne font aucun geste pour qu’il puisse bénéficier d’une invitation, considérant qu’il n’est plus une valeur sûre, surtout en indoor. Lorsqu’ils tenteront de rattraper le coup, Ferrero, vexé, fera la sourde oreille. « Ils attaquaient le joueur et l’homme, a analysé son entraîneur. Juan Carlos pensait qu’il ne valait plus rien. » Voyant la polémique prendre de l’ampleur, Rafael Nadal intervient et se dit désolé de voir l’ancien numéro un mondial aussi médiocrement considéré. Maigre consolation.  

10/ Valence

Après quinze années sur le circuit, trente-quatre tournois gagnés, et près de sept cent cinquante matches joués en simple, Ferrero a décidé d’arrêter de courir désespérément à la recherche du temps perdu. Son dossard de numéro 162 à l’ATP en est l’une des causes. Début septembre, il a annoncé que le tournoi de Valence, dont il est aujourd’hui l’un des actionnaires principaux avec David Ferrer, serait sa dernière sortie sur le circuit ATP : « Le meilleur endroit pour moi ! » Une cérémonie est prévue avec tous les potes, Corretja, Moya, Nadal, et le golfeur Sergio Garcia… Et après ? A court terme, son avenir va s’écrire à Villena. Encore et toujours son académie, sa vie de monastère et quelques virées en voiture.   Par Julien Pichené  

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