Jérôme Bianchi : Ze kiné du tennis

20 oct. 2014 à 14:56:34

Ancien international de rugby, Jérôme Bianchi est aujourd'hui kiné dans le milieu du tennis. Et ce depuis 1990. Bianchi était de la partie lors de deux des trois dernières victoires françaises en Coupe Davis mais aussi lors du dernier titre tricolor

Ancien international de rugby, Jérôme Bianchi est aujourd'hui kiné dans le milieu du tennis. Et ce depuis 1990. Bianchi était de la partie lors de deux des trois dernières victoires françaises en Coupe Davis mais aussi lors du dernier titre tricolore en Fed Cup. Il a collaboré avec de nombreux joueurs et joueuses mais aujourd'hui c'est avec Maria Sharapova qu'il fait travailler ses mains magiques. Pour We Are Tennis il nous explique tout sans esquive.

 

Avec quels joueurs as-tu travaillé ?
J'ai travaillé depuis 1990 au sein de la FFT et j'ai connu toutes les générations de joueurs de Coupe Davis jusqu'en 2004 : Yannick Noah, Guy Forget, Henri Leconte, Cédric Pioline, Fabrice Santoro, Arnaud Boetsch, Sébastien Grosjean, Nicolas Escudé, Arnaud Clément... Ensuite j'ai bifurqué avec les filles de Fed Cup : Amélie Mauresmo, Nathalie Dechy, Mary Pierce, Tatiana Golovin, Alizé Cornet, Caroline Garcia, Pauline Parmentier... De façon privé, j'ai collaboré avec Henri Leconte, Sébastien Grosjean, Julien Benneteau, Amélie Mauresmo, mais aussi avec Svetlana Kuznetsova,Vera Zvonareva et maintenant Maria Sharapova.

Quelle est la différence entre le travail avec les femmes et celui avec les hommes ?
L’approche est la même. Mais dans la manière, c'est différent. Les filles sont plus sensibles et il faut choisir ses mots. Les garçons sont plus dans le combat, la bagarre. Les filles plus dans la réflexion et les doutes. Ce qui est différent aussi sur les tournois, c'est que quand tu travailles avec les hommes tu as accès aux vestiaires alors qu'avec les filles il faut jongler en permanence.

Kiné dans le tennis c'est ton job a plein temps ?
A présent oui. Pendant longtemps j'avais un cabinet à Aix-en-Provence, mais maintenant je vis aux Etats-Unis. Mon travail représente 42 semaines intenses mais le boulot est très motivant.

As-tu d'autres responsabilités qui vont au delà de ton savoir faire de kiné ?
Je m'implique aussi dans la préparation physique en collaboration avec Yutaka Nakamura qui travaille avec Maria depuis plusieurs années. Mais je m'occupe aussi des repas pendant les tournois. Je m'attache aussi à faire régner une bonne ambiance et à gérer les moments où il faut un peu relâcher. Des restes du rugby certainement.

Faut-il savoir jouer au tennis pour être kiné dans le tennis ?
Ça aide mais ce n'est pas indispensable. Ce qui l'est en revanche, c’est de bien connaître le sport et les pathologies courantes pour gagner du temps dans les traitements. D'avoir fait du sport de haut niveau m'aide particulièrement. Cela me permet de reconnaître les moments où il faut s'effacer ou au contraire booster... En quelques mots savoir reconnaître le rythme de la compétition.

Es-tu classé ?
Plus maintenant. J'étais 15/2 au début des années 1980. 

Peux-tu nous faire un petit résumé de ton parcours ?
De 1990 à 1995, j’ai travaillé avec l’équipe de France de Coupe Davis, notamment lors de la victoire à Lyon en 1991 contre les USA. J’ai retrouvé les Bleus de 2000 à 2004. Et j’étais de la campagne victorieuse en 2001. Parallèlement, j’ai accompagné l’équipe de France de Fed Cup de 2000 à 2013, avec notamment le titre en 2003 à Moscou.

Comment as-tu fait pour intégrer le milieu du tennis pro ?
Grace au rugby qui est mon sport d'origine. A l'époque, en 1989, Patrice Dominguez cherchait à renouveler son staff en Coupe Davis. Sur les conseils d'Eric Deblicker, j'ai fait une semaine d'essai et l'aventure a commencé. Ce qui les intéressait, était que je vienne d'un sport collectif, le rugby, où la notion de groupe et la gestion humaine sont la clef du succès.

As-tu aujourd'hui le job de rêve ?
Etre dans le sport, vivre son travail avec passion. Je pense que je suis comblé avec mon métier, mais il y a des contraintes.

Tu gagnes bien ta vie ? Ton salaire est fixe ou bien ce sont des primes en fonction des résultats de ta joueuse ? Ou bien les deux ?
Maria est très généreuse avec son équipe et quand tu acquiers sa confiance, elle te suit les yeux fermés. Je vis à présent aux Etats-Unis où je paye mes impôts. J'ai un salaire fixe et des primes aux résultats.

Te vois-tu bosser dans un autre sport comme le rugby qui est "ton" sport ?
Je pense que c'est trop tard et je n'ai pas de regrets.

Pour tous les fans de Maria et de We Are Tennis, peux-tu nous lâcher une petite anecdote rigolote hors tennis de votre vie sur le circuit ?
Maria est une fille très rigolote en parfait décalage avec l'image qu'elle a sur le Tour. Elle a beaucoup d'esprit, adore la vie et ne se prive de rien. Elle adore les glaces et elle est très gourmande... C'est un plaisir de bosser avec elle.

Elle est dure comme boss ?
Elle est très exigeante mais c'est normal quand on se rapproche du top. Elle est à fond donc nous aussi on se doit d’y être.

Après avoir bosser pour Sharapova, pourrais-tu envisager de bosser avec Serena un jour ?
Non. Je respecte énormément la championne. Elle est bien entourée et n’a nullement besoin de moi.

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